Covid-19 : l’application de contact-tracing britannique fait un carton outre-Manche

Spread the love
Covid-19 : l'application de contact-tracing britannique fait un carton outre-Manche

Il n’aura fallu que quatre jours à l’application de recherche de contacts Covid-19 du service public de santé britannique NHS pour atteindre la barre des dix millions de téléchargements outre-Manche, malgré un lancement ébranlé par des pépins et des revers techniques. Un nombre de téléchargements record qui représente environ un sixième de la population totale de l’Angleterre et du Pays de Galles.

Le succès de l’application, qui rencontre donc un destin totalement contraire à notre application locale, a été salué par le gouvernement britannique, qui y voit une réponse “absolument fantastique” à l’épidémie après avoir été très vivement critiqué pour son action au cours des derniers mois.

Comme beaucoup d’applications similaires lancées plus tôt cette année, la technologie britannique exploite les signaux Bluetooth pour enregistrer les rencontres entre deux utilisateurs. Si, par la suite, l’un des utilisateurs est testé positif au Covid-19, l’application avertit automatiquement les personnes avec lesquelles il est entré en contact étroit et qui peuvent être à risque. Une alerte déclenche un compte à rebours de 14 jours qui indique aux utilisateurs combien de temps ils doivent rester chez eux et les aide à réserver un test auprès du NHS.

publicité

Des débuts très encourageants, veut croire Londres

Outre la recherche des contacts, l’application propose également une fonction d'”enregistrement” qui permet au secteur de l’hôtellerie et de la restauration d’enregistrer plus facilement les coordonnées des clients et du personnel. L’enregistrement des coordonnées des visiteurs est désormais une obligation légale pour des lieux tels que les pubs, les restaurants, les coiffeurs et les cinémas.

Ces entreprises peuvent télécharger un code QR officiel à présenter aux visiteurs, qui enregistrera les coordonnées du lieu sur le téléphone de l’utilisateur. Si, pendant cette période, une épidémie de coronavirus se produit dans les locaux de l’entreprise, le code d’identification du lieu sera envoyé à tous les appareils. Si une correspondance est trouvée avec un appareil, un avertissement sera envoyé à l’utilisateur avec des conseils sur la marche à suivre.

Le gouvernement a fortement encouragé les entreprises qui utilisent leurs propres codes QR à passer au système de l’application du NHS. Jusqu’à 460 000 affiches de codes QR ont maintenant été téléchargées et imprimées par les lieux de réunion, et il a été rapporté qu’il y avait eu 1,5 million d’enregistrements de lieux de réunion samedi dernier. La partie “recherche des contacts” de l’application est distincte de la fonction d’enregistrement des lieux, et la proportion d’utilisateurs qui gardent leur Bluetooth allumé en permanence pour permettre la recherche des contacts n’est toutefois pas claire à ce stade, malgré les demandes effectuées en ce sens par la rédaction de ZDNet auprès des autorités britanniques.

Une technologie pas accessible à tous les appareils

Malgré les débuts encourageants de l’application, de nombreux propriétaires de smartphones se sont plaints de ne pas pouvoir accéder à la technologie, car les anciens appareils se sont révélés incompatibles avec l’application. L’outil requiert des téléphones fonctionnant sous iOS 13.5 ou Android 6.0 – deux versions qui ne sont pas disponibles pour les téléphones commercialisés avant 2015. “Seule une très faible proportion de personnes ont des téléphones qui n’ont pas le dernier logiciel iOS”, s’est pourtant défendu le ministre britannique de la Santé Matt Hancock.

Il est également apparu que certains utilisateurs ne pouvaient pas enregistrer un résultat de test positif dans l’application, ce qui signifie qu’ils ne pouvaient pas déclencher des avertissements aux contacts proches captés par leurs appareils. 

Les résultats des tests, qu’ils soient positifs ou négatifs, peuvent être téléchargés automatiquement dans l’application lorsque le test a été réservé directement par la plateforme de l’application. Peu après le lancement de la technologie, les utilisateurs se sont toutefois tournés vers les médias sociaux pour signaler que si un test était réservé séparément, les résultats ne pouvaient pas être partagés dans l’application.

Des failles encore présentes

Les services de santé effectuent actuellement des tests par différentes voies, les tests par écouvillonnage dans les laboratoires de PHE et les hôpitaux du NHS constituant le premier pilier des tests. Toutefois, l’application ne permet aux utilisateurs de réserver un test gratuit que dans le cadre du deuxième pilier du dépistage, à savoir les tests par écouvillonnage pour l’ensemble de la population via des laboratoires privés.

Vendredi dernier, 215 636 tests ont été effectués en Angleterre, dont environ 61 500 avec le soutien des laboratoires PHE et des hôpitaux du NHS. Cela signifie que si tous les patients testés avaient téléchargé l’application, environ un tiers d’entre eux n’auraient pas pu télécharger leurs résultats sur la plateforme.

Cette faille a été rapidement corrigée et le NHS a confirmé que les patients qui ne pouvaient auparavant pas enregistrer leurs résultats de tests pourront désormais demander un code à saisir sur l’application. Toutefois, ils ne pourront le faire que pour les résultats positifs, ce qui signifie que les utilisateurs qui ont signalé des symptômes mais ont reçu un résultat négatif ne pourront pas arrêter le compte à rebours d’auto-isolement lancé par l’application.

Et les experts ont souligné un certain nombre d’autres lacunes. Par exemple, la fonction “check in” n’est pas accompagnée d’une fonction “check out” ; l’application gardera les utilisateurs enregistrés au même endroit jusqu’à ce qu’ils s’enregistrent ailleurs ou que minuit arrive, selon la première éventualité. Les utilisateurs sont donc susceptibles d’être enregistrés dans les lieux de réunion pendant une période beaucoup plus longue que celle qu’ils ont passée dans les locaux de l’établissement, et de recevoir des alertes même s’ils ne sont pas en danger. Une accumulation de faux positifs dans un système de dépistage déjà en difficulté qui ne présage certainement rien de bon pour les prochaines semaines.

Source : ZDNet.com

Leave a Reply