Covid-19. Lambda et epsilon, deux nouveaux variants qui inquiètent – Est Républicain

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Le variant delta est aujourd’hui dans tous les esprits. Plus transmissible que son prédécesseur alpha, il est à l’origine du rebond épidémique qui touche actuellement le Royaume-Uni et est placé sous étroite surveillance en France, où il représenterait plus de 30% des nouveaux cas de Covid-19. “Delta plus”, mutation de delta, est également scrutée de près. Mais deux autres souches du virus inquiètent aujourd’hui : les variants epsilon et lambda. Explications.

Un variant lambda plus transmissible ?

Le variant lambda, essentiellement présent en Amérique latine et détecté pour la première fois au Pérou en décembre 2020, est soupçonné par les scientifiques d’être plus transmissible que ses cousins alpha (britannique) et gamma (brésilien), comme l’explique une étude de l’université de Santiago du Chili. Et ce raison de la présence d’une mutation L452Q, proche de la mutation L452R du variant delta, suspectée d’être à l’origine de sa forte contagiosité.

Nos données montrent (…) que les mutations présentes dans la protéine “spike” du variant lambda lui confèrent une plus grande contagiosité et lui permettent de neutraliser les anticorps activés par le vaccin CoronaVac.

Chercheurs à l’origine de l’étude de l’université de Santiago du Chili

Aucune donnée ne prouve pour l’instant que la souche lambda pourrait résister aux vaccins à ARN messager, à savoir Pfizer et Moderna. Par ailleurs, concernant sa dangerosité, “il n’y a pas de preuve qui suggère qu’il est plus agressif que les autres variants”, a assuré au Financial Times Jairo Méndez Rico, conseiller sur les infections virales émergentes à l’Organisation panaméricaine de la santé.

Ce variant est aujourd’hui présent dans une trentaine de pays d’après la base de données GISAID et inquiète particulièrement le Pérou et le Chili, où il représente respectivement plus de 80% et 30% des nouvelles contaminations. Mais lambda est également arrivé en Europe, notamment au Royaume-Uni.

Epsilon, plus résistant aux vaccins à ARN messager

Le variant epsilon a pour sa part été détecté pour la première fois il y a plus d’un an, en mars 2020, en Californie. D’après une étude publiée le 1er juillet dans la revue scientifique de référence Science et menée par l’université de Washington, cette souche résisterait mieux que les autres aux anticorps produits à la suite de deux injections de vaccin à ARN messager. Très précisément, les chercheurs ont noté une réduction de 2 à 3,5 fois de l’efficacité des vaccins en question face à epsilon par rapport à la souche d’origine du Covid-19.

En revanche, bonne nouvelle : aucune étude n’indique pour l’instant qu’epsilon serait plus ou moins transmissible que le variant delta.

Aujourd’hui, epsilon est principalement présent aux États-Unis. Mais, tout comme lambda, il a lui aussi rejoint l’Europe. D’après la base de données GISAID, des cas ont été détectés au Danemark, au Royaume-Uni, ou encore en Allemagne. En France, une dizaines de contaminations sont à attribuer à cette souche.

Des variants pour l’instant pas “préoccupants” aux yeux de l’OMS

Lambda et epsilon sont aujourd’hui classés dans la catégorie “variants d’intérêt” par l’Organisation mondiale de la Santé, en dessous des variants les plus inquiétants, dits “préoccupants”. Parmi ces derniers, on retrouve les souches alpha, beta, gamma et, bien-sûr, delta.

Selon des informations obtenues par BFMTV, les soupçons de forte contagiosité et d’échappement immunitaire qui pèsent sur lambda et epsilon inquiètent tout de même fortement l’Élysée. La question devrait ainsi être abordée en Conseil de défense sanitaire ce mercredi.

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