Covid-19 : la ruée sur la vaccination se poursuit après l’annonce de l’extension du passe sanitaire – Le Monde

Spread the love
Un patient se fait injecter une dose de vaccin Pfizer-BioNTech au centre de vaccination de Versailles, le 13 juillet 2021.

Les Français se bousculent toujours sur les sites de rendez-vous médicaux, à la suite de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, lundi 12 juillet. Le gouvernement a rendu obligatoire la vaccination des soignants et assimilés, et a annoncé l’élargissement du passe sanitaire à la plupart des lieux publics.

Les autorités s’inquiètent de la progression du variant Delta, deux fois plus contagieux que le précédent variant majoritaire, alors que le nombre de cas positifs a bondi à près de 7 000 mardi soir, un niveau plus vu depuis début juin. Ce chiffre pourrait flamber à 35 000 nouvelles contaminations début août en l’absence d’efforts pour limiter la circulation du virus, selon une récente modélisation de l’Institut Pasteur.

L’effet des annonces du président a été immédiat. Plus de 2 millions de rendez-vous ont été réservés sur la plate-forme Doctolib depuis sa prise de parole. Mardi 13 juillet, le patron de la société, Stanislas Niox-Chateau, avait estimé sur BFM-TV que la campagne de vaccination allait « monter vite à 4, 5 millions d’injections par semaine », du fait des mesures prises par le gouvernement.

Des dérogations jusqu’à la fin du mois d’août

A partir du 21 juillet, le passe sanitaire sera nécessaire pour les lieux de loisirs et de culture, y compris les parcs d’attraction. Cinémas et théâtres, dont le Festival d’Avignon, ont protesté contre une mesure imposée avec dix jours d’avance sur d’autres secteurs. Les cafés, restaurants, centres commerciaux et tout leur personnel auront ainsi jusqu’au début août pour s’organiser. Même chose pour les transporteurs (avions, trains ou autocars de longs trajets), ainsi que pour les établissements médicaux. Les lieux de culte en seront exemptés.

Lire aussi : Dans le monde de la culture, le passe sanitaire obligatoire a du mal à passer

Le gouvernement va toutefois mettre en place des dérogations pour les jeunes de 12 à 17 ans, a annoncé le ministre de la santé, Olivier Véran, mardi soir sur France 2. Ils n’auront pas à présenter le passe sanitaire avant le 30 août. Une mesure qui vise à « ne pas gâcher les vacances des familles ». Les salariés des établissements qui reçoivent du public bénéficieront eux aussi d’une tolérance jusqu’à cette même date.

Autre changement annoncé : la vaccination sera reconnue comme complète en France, dans le cadre du passe sanitaire, une semaine après l’injection de la deuxième dose, et non plus deux. Comme l’ont réclamé de nombreux experts et responsables politiques, la vaccination deviendra obligatoire pour les personnels soignants et non soignants des hôpitaux et maisons de retraite, pour les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile, ainsi que pour les pompiers ou les ambulanciers. Les policiers et les gendarmes ne sont pas concernés par cette obligation.

Quelque 4 millions de personnes sont concernées, dont 1,5 million qui ne sont pas vaccinées, selon Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement. Elles auront jusqu’au 15 septembre pour le faire, sous peine de « sanctions » pouvant aller de la suspension du contrat de travail à la mise à pied, voire à un licenciement.

Lire aussi Passe sanitaire : où sera-t-il exigé ? Quels tests seront acceptés ? Les questions que pose son extension

Les autorités vont également renforcer le dispositif « Aller vers », pour vacciner les personnes âgées, les plus de 60 ans et les personnes jeunes à risque, dont celles souffrant d’obésité. Pour une mise en œuvre la plus rapide possible, le Parlement siégera en session extraordinaire à partir du 21 juillet.

Le Rassemblement national et La France insoumise contre l’obligation vaccinale

L’écrasante majorité des forces politiques ont approuvé la vaccination obligatoire pour les soignants, à l’exception de La France insoumise et du Rassemblement national. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un « abus de pouvoir », et Marine Le Pen a qualifié la mesure de « brutalité indécente ».

Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a dit avoir « du mal à entendre, dans un pays où vous avez déjà onze vaccins obligatoires », que l’incitation à se vacciner pour éviter à nouveau des « restrictions sur les libertés des Français soit vue comme une dictature ». « Il n’y a pas d’obligation vaccinale [pour tous], il y a une incitation maximale », a-t-il souligné, « satisfait de voir que le message du président de la République a été entendu ».

Lire aussi : Plongée dans la France récalcitrante au vaccin contre le Covid-19

Le Monde avec AFP

Leave a Reply