Covid-19 : la Martinique de nouveau confinée, la Guadeloupe réinstaure un couvre-feu – Le Monde

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La situation sanitaire « s’aggrave » à la Martinique et les chiffres du Covid-19 « explosent » sur l’île, où le préfet a annoncé, mercredi 28 juillet, un nouveau confinement à partir de vendredi 19 heures pour une durée d’au moins trois semaines. A la Guadeloupe, face à la progression « fulgurante » des contaminations, l’état d’urgence sanitaire a été décrété mercredi et un couvre-feu y a été instauré de 21 heures à 5 heures du matin.

Les départements et territoires d’outre-mer ne sont pas les seuls concernés par cette flambée de l’épidémie, qui touche l’ensemble du territoire français. Mercredi, près de 1 000 patients malades d’une forme grave du Covid-19 étaient traités dans les services de soins critiques, selon les données sanitaires attestant une flambée des contaminations. Les services de soins critiques accueillent 992 malades, contre 859 il y a une semaine. Le nombre de cas positifs enregistrés, près de 28 000 mercredi, a atteint son niveau le plus haut depuis le 28 avril. Le taux de positivité (proportion de cas positifs par rapport au nombre de personnes testées) est resté stable à 4,1 %. La maladie a emporté 40 patients en vingt-quatre heures à l’hôpital, pour un total de près de 112 000 morts depuis le début de la pandémie.

  • La Martinique de nouveau confinée

Le préfet de Martinique, Stanislas Cazelles, a annoncé mercredi le durcissement des mesures sanitaires sur l’île à partir de vendredi 19 heures pour une durée d’au moins trois semaines. « Nous sommes inquiets, la situation sanitaire s’aggrave et les chiffres du Covid-19 explosent », ont assuré lors d’une conférence de presse Olivier Coudin, le directeur adjoint de l’Agence régionale de santé (ARS), et Stanislas Cazelles. « Cette hausse se répercute sur le nombre de d’accueils aux urgences, en hospitalisation et en réanimation : le CHUM [Centre hospitalier universitaire de Martinique] a atteint un niveau de saturation », précise par ailleurs un communiqué de la préfecture de Martinique.

En conséquence, le couvre-feu en vigueur à la Martinique à partir de 21 heures sera ramené à 19 heures jusqu’à 5 heures du matin avec des conditions de circulation plus strictes, selon le préfet, qui rappelle que « les premiers confinements avaient permis de faire baisser considérablement les taux de contamination : 45 % en moyenne ». Stanislas Cazelles a précisé qu’il faudrait se munir d’une attestation pour se déplacer au-delà d’un rayon de 10 kilomètres autour du domicile. Il a également précisé que tous les commerces resteraient ouverts, le port du masque étant globalement respecté, mais que les restaurants seraient en revanche fermés. Pour ces derniers, ainsi que les salles de sport et lieux sportifs couverts, le chômage partiel spécial Covid-19 et le fonds de solidarité seront maintenus, assure la préfecture.

La Martinique a enregistré 3 537 cas positifs, contre 2 241 cas la semaine précédente, selon la préfecture, qui précise que la tendance à la hausse se confirme. Le taux d’incidence du Covid-19 passe de 280 cas à 995 pour 100 000 habitants, selon la préfecture. « Freiner le virus apparaît d’autant plus urgent que la population martiniquaise est moins immunisée, globalement plus âgée, et donc plus fragile, que celles des régions où le Covid-19 a davantage circulé et où le taux de vaccination est plus important », souligne encore la préfecture.

  • Des mesures de freinage à la Guadeloupe

L’état d’urgence sanitaire a été décrété dans le département de la Guadeloupe mercredi, où des « mesures de freinage » ont été instaurées par la préfecture, au premier rang desquelles la mise en place d’un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin à compter de vendredi. Les manifestations et événements sportifs ne seront autorisés que « dans la limite de 50 sportifs maximum » à partir de cette date, précise la préfecture sur Twitter. Enfin, les déplacements des personnes non vaccinées entre la Guadeloupe et la métropole ne seront possibles que sur justification d’un motif impérieux à compter du lundi 2 août.

L’agence régionale de santé (ARS) alerte sur la progression « fulgurante » des contaminations dans le département. « C’est violent. Nous avons plus qu’un triplement du nombre de cas d’une semaine sur l’autre, ça n’est jamais arrivé lors des vagues précédentes », constate Valérie Denux, la directrice générale de l’ARS. Le nombre de cas confirmés à la Guadeloupe du 19 au 25 juillet s’élève à 1 072, contre 281 la semaine précédente. L’inquiétude est d’autant plus forte que la couverture vaccinale est faible dans l’archipel, avec seulement 21 % de la population qui a reçu une première injection.

Cette quatrième vague se confirme également au CHU de Pointe-à-Pitre, qui craint d’arriver à saturation. Le plan blanc a été déclenché dans l’établissement pour mobiliser de nouvelles ressources, mais la capacité maximale est limitée à environ 70 lits. Une situation d’autant plus inquiétante que 30 % de la population guadeloupéenne est classée à risque en raison de la prévalence forte de nombreuses affections de longue durée, d’un taux d’obésité élevé ou encore d’un vieillissement marqué de la population.

Dans le département, cette quatrième vague survient dans un contexte de contestation autour du passe sanitaire et de l’obligation vaccinale. La branche santé du syndicat Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UTS-UGTG) a notamment organisé des rassemblements les deux derniers samedis, qui ont regroupé plusieurs centaines de personnes devant le CHU, et en prépare un troisième à Basse-Terre, ce 31 juillet.

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Le Monde avec AFP

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