Covid-19 : Jean Castex n’exclut pas des reconfinements locaux en France – Le Monde

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« Rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux. » Afin de tenter d’endiguer la deuxième vague épidémique due au nouveau coronavirus, le premier ministre, Jean Castex, n’a pas exclu, lundi 12 octobre sur Franceinfo, d’ordonner des reconfinements localisés en France, tout en insistant sur le fait qu’un « reconfinement général doit être par tous moyens évité ».

L’exécutif examinera lors du conseil de défense hebdomadaire de mercredi « les données épidémiologiques, pour voir s’il y a lieu d’aller plus loin » après les tours de vis donnés dans plusieurs métropoles, a-t-il ajouté. Une interview d’Emmanuel Macron à TF1 et France 2 est programmée après cette réunion, à partir de 19 h 55.

« Une riposte graduée et territorialisée »

« Nous sommes dans une deuxième vague forte », a constaté M. Castex, qui « appelle de façon extrêmement claire à ce que nous nous mobilisions toutes et tous pour faire face à cette deuxième vague (…) Il ne peut plus y avoir de relâchement ». Il a considéré que les Français avaient, en particulier pendant les vacances estivales, « considéré un peu trop vite que ce virus avait disparu », tandis que lui-même ne « cess[ait] tout l’été d’appeler à la vigilance ».

Il a ainsi jugé que « quelque chose ne va pas » quand ce week-end encore à Paris et en petite couronne, 95 des 500 contrôles effectués par les forces de l’ordre ont donné lieu à des « constatations d’infractions dans les bars et les restaurants ». La stratégie du gouvernement est « claire »« une riposte graduée et territorialisée » –, tout comme le sont « les consignes depuis plusieurs mois », a-t-il insisté, en appelant à « les respecter ».

Interrogé pour savoir si le gouvernement pourrait, comme le gouvernement britannique, interdire les rassemblements de plus de six personnes, y compris dans des lieux privés, le premier ministre a rappelé qu’en France cela n’est « juridiquement pas possible », et a appelé les Français à « respecter les gestes barrières », y compris en famille.

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Nouvelle version de StopCovid à venir

Le premier ministre a également annoncé qu’une nouvelle version de StopCovid, l’application française de traçage des malades du Covid-19, serait lancée le 22 octobre, après l’échec relatif de sa première mouture.

Sous sa forme actuelle, StopCovid a été installée plus de 2,6 millions de fois depuis le début de juin, soit bien moins que les applications britanniques et allemandes, téléchargées respectivement seize et dix-huit millions de fois. Selon des chiffres gouvernementaux la semaine passée, seulement 7 969 personnes s’y sont déclarées comme étant positives, et 472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts.

Et le premier ministre lui-même avait admis sur un plateau de télévision à la fin de septembre ne pas avoir téléchargé l’application, plaidant a posteriori « l’honnêteté ». « J’ai pris un portable sécurisé, donc je n’ai pas téléchargé téléCovid (sic) », a-t-il déclaré lundi, reconnaissant que l’application n’avait « pas eu les effets escomptés ». « Le gouvernement, le président de la République ont demandé à travailler sur une nouvelle version, qui sera officiellement lancée le 22 octobre et donc à ce moment-là je la téléchargerai », a-t-il ajouté.

Le secrétaire d’Etat chargé du numérique, Cédric O, avait admis la semaine passée devant le Sénat que l’application marchait « mal ». « Si nous voulons relancer l’application, nous avons besoin de trouver des relais et des alliés. (…) Si les professions médicales estiment que c’est utile, alors elles doivent le dire », avait-il insisté, notant « le manque de confiance » dont souffre la parole politique.

Une nouvelle société doit remplacer à la fin d’octobre le français CapGemini, qui travaillait jusqu’alors gratuitement comme chef de projet. Elle sera désignée par une procédure d’appel d’offres, et le plafond mensuel de dépenses liées à l’application augmentera, de 100 000 euros aujourd’hui à « probablement autour de 200 000 euros », a avancé Cédric O.

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Le Monde avec AFP et Reuters

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