Covid-19 : indolores, mais moins fiables… Ce qu’il faut savoir sur les tests salivaires et leur arrivée pro… – franceinfo

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Vendredi, la Haute Autorité de santé a rendu un avis favorable à l’utilisation des tests salivaires dans certaines situations bien spécifiques. Ils sont moins précis mais moins pénibles à passer que les tests nasopharyngés déjà utilisés.

Les tests de dépistage du coronavirus sont au cœur des préoccupations en cette rentrée. Alors que les files d’attente devant les laboratoires et les délais de réception des résultats s’allongent de façon parfois préoccupante, plusieurs nouvelles méthodes pourraient élargir les options disponibles, et aider à résoudre cette équation compliquée.

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Vendredi 18 septembre, la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu un avis favorable à l’utilisation des tests salivaires, tout en les réservant aux personnes symptomatiques – pour les autres, il n’est pas jugé assez efficace. Franceinfo vous résume ce qu’on sait de cette nouvelle technique que vous découvrirez peut-être dans quelques semaines.

Comment sont réalisés ces tests salivaires ?

Comme leur nom l’indique, ces tests utilisent la salive plutôt qu’un prélèvement effectué dans le nez. Deux méthodes sont possibles : le prélèvement de salive avec une pipette ou le crachat dans un tube. “Ce n’est pas compliqué. Il faut essayer de tousser un peu et de recueillir un maximum de salive”, a précisé vendredi la présidente de la HAS, Dominique Le Guludec. En revanche, la technique d’analyse des échantillons reste la même que pour les tests RT-PCR.

Quels sont leurs avantages par rapport aux tests nasopharyngés ?

Ceux qui ont déjà passé un test nasopharyngé seront heureux d’apprendre que l’on peut être testé sans en passer par le peu agréable écouvillon au fond de la narine. Une méthode dont le “caractère invasif limite son acceptabilité par les patients, surtout en cas de test répété”, explique la HAS dans son avis. Les tests salivaires, eux, ont l’avantage d’être “totalement indolores” à passer. Dominique Le Guludec recommande d’ailleurs de les destiner “en priorité à ceux pour qui le test dans le nez est difficile”, notamment les enfants, les personnes très âgées ou celles qui ont des troubles psychiques.

Plus généralement, les tests salivaires sont plus simples à réaliser et ne demandent pas une formation spécifique, contrairement au maniement de l’écouvillon. Ils seront ainsi disponibles dans les pharmacies et le prélèvement pourra être effectué par le patient lui-même. Il faudra ensuite déposer son tube dans un laboratoire. Mais cela permettra d’esquiver les files d’attente devant les lieux de dépistage, donc de mettre en place “une stratégie plus simple”, a estimé le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, devant le Sénat, mardi.

Et leurs inconvénients ?

L’analyse de l’échantillon recueilli se fait de la même manière que celle des tests de dépistage par le nez, dans les mêmes laboratoires, sur les mêmes machines, avec les mêmes réactifs. Cette nouveauté ne changera donc rien au délai nécessaire pour recevoir le résultat, ni à l’engorgement dont se plaignent de nombreux laboratoires.

Des questions se posent également sur la fiabilité de ces tests salivaires. Dans son avis, la HAS note, sans donner de chiffre exact, que leur sensibilité “est inférieure” à celle des tests nasopharyngés. Une observation qui s’appuie sur plusieurs études, dont une réalisée en Guyane, explique le document. S’agissant des personnes asymptomatiques, trois cas sur quatre passent entre les mailles du filet, explique l’instance. Raison pour laquelle les tests nasopharyngés restent “les tests de référence” à ses yeux.

A qui sont-ils destinés ?

La HAS ne formule que des recommandations, dont on ignore pour l’instant si elles seront suivies. Elle considère en tout cas que l’utilisation des tests salivaires “pourrait être indiquée” pour les patients “symptomatiques”, mais “non hospitalisés”. Et en particulier ceux pour qui un prélèvement nasopharyngé “est difficilement ou pas réalisable”.

En revanche, ils ne sont pas conseillés par la HAS pour dépister les personnes asymptomatiques, étant donné le nombre important de faux négatifs quand ils sont utilisés sur ces patients.

La HAS explique par ailleurs que la stratégie d’utilisation des tests salivaires devra prendre en compte la fiabilité d’une troisième méthode, les tests antigéniques, dont elle étudie actuellement les performances. Plus rapides, ces derniers sont, au contraire, autorisés pour l’instant uniquement pour les personnes qui n’ont pas de symptômes et ne sont pas cas contacts.

Quand seront-ils disponibles ?

L’avis rendu par la Haute Autorité de santé est une étape importante, mais l’Assurance-maladie doit encore se prononcer sur les conditions auxquelles ces tests doivent être remboursés ou non. Le gouvernement ne les a par ailleurs pas encore autorisés, et n’a pas indiqué si toutes les recommandations de la HAS seraient suivies. Leur disponibilité ne sera donc pas immédiate. Mardi, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a indiqué au Sénat qu’ils seraient “mis en place très probablement tout à fait fin septembre ou début octobre”.

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