Covid-19: faut-il ouvrir la vaccination avec AstraZeneca à tous les volontaires? – BFMTV

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De nombreuses voix politiques et scientifiques militent pour accélérer la vaccination, et empêcher le gâchis de doses en les proposant à ceux qui le souhaitent.

30 ans? 50 ans? 60 ans? Alors que l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est prononcée ce mercredi en faveur de l’ajout des caillots sanguins aux effets secondaires du vaccin AstraZeneca, de nombreux pays européens ont décidé d’autoriser à partir d’un certain âge seulement la vaccination avec le sérum de la firme anglo-suédoise afin de limiter les rares cas de thromboses relevés ces dernières semaines.

En France, décision a été prise de réserver ce vaccin aux plus de 55 ans à la suite de recommandations de la Haute autorité de Santé (HAS) qui avait souligné un “possible surrisque de thrombose veineuse cérébrale ou de coagulation intravasculaire disséminée chez les personnes” les plus jeunes. Son administration avait d’ailleurs été suspendue quelques heures dans l’attente d’un avis des autorités sanitaires européennes.

Seul problème, ces tergiversations ont créé une forme de défiance d’une partie des Français envers le vaccin AstraZeneca, puisque seuls 20% d’entre eux font confiance à ce produit. Face à cet état de fait, de nombreuses personnalités politiques et scientifiques assurent que pour accélérer la vaccination, il faut désormais accepter les volontaires.

“Zéro gaspillage, zéro stock”

Invitée sur l’antenne de BFMTV ce mardi, la présidente du conseil régional de la région Île-de-France Valérie Pécresse estime qu’en cette période de crise sanitaire, “il faut qu’on soit très pragmatiques”. Pour elle, il est important de ne gâcher aucune dose de vaccin.

“Il y a beaucoup de Français qui sont prêts à se faire vacciner avec AstraZeneca. Il y en a plein. Si on s’aperçoit que les personnes prioritaires c’est trop restrictif et qu’on reste avec des doses, il faut se fixer un principe simple, zéro gaspillage, zéro stock”, assure-t-elle.

Valérie Pécresse estime qu’il est très important d’élargir les critères d’éligibilité pour ce vaccin.

“Ça veut dire ouvrir la vaccination au-delà des personnes autorisées s’il reste des stocks, des vaccins. Par exemple pour le AstraZeneca dire ‘toutes les personnes de plus de 55 ans, même si elles ne sont pas fragiles, si elles n’ont pas de comorbidités, pourront y avoir droit’. Petit à petit nous irons vers l’immunité collective, mais il faut qu’il y ait zéro gaspillage”, a-t-elle ajouté.

Dans sa réflexion, elle est rejointe par Jean Rottner, président du conseil régional du Grand Est, qui opte lui aussi pour de nouveaux critères de vaccination.

“Je considère qu’il faut peut-être ouvrir de nouveaux critères permettant la vaccination d’une population différente, d’une population active, qui craint pour sa santé, qui est surtout d’accord pour se faire vacciner et qui n’a pas de distance par rapport à ce geste de soin et de prévention. S’il reste des doses d’AstraZeneca et qu’on a une population volontaire, qu’on les vaccine. Il faut avoir une vision plus large et stratégique dans ce cadre-là”, martèle-t-il.

Arrêter les critères de comorbidité?

Cette volonté d’un élargissement n’est d’ailleurs pas seulement propre à la classe politique. Sur BFMTV, Robert Sebbag, infectiologue à l’hôpital de La Pitié Salpêtrière (AP-HP) à Paris, estime qu’il serait de bon ton d’ouvrir la vaccination à une population active.

“Il y a des gens qui veulent se faire vacciner, quel que soit le vaccin. Il faut arrêter ces critères de comorbidité à partir de 55 ans. Des pays c’est 50, d’autres c’est 60, l’Angleterre a dit 30. Ceux qui veulent se faire vacciner, on leur explique les risques, ils sont extrêmement faibles. La question c’est est-ce qu’on va le permettre?”, explique-t-il.

Sur le terrain, les professionnels de santé estiment qu’avant d’ouvrir la vaccination à tous les volontaires, il convient de faire le point sur le produit d’AstraZeneca et d’insister sur le fait que ce dernier n’est pas dangereux.

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“Il y a pourtant plus de chances de mourir foudroyé dans la rue que d’avoir un problème avec le vaccin AstraZeneca”, estime ainsi dans les colonnes du Point Jean-Christophe Calmes médecin généraliste à Frontignan dans l’Hérault et vice-président du syndicat MG France, qui évoque également un travail pédagogique de plus en plus lourd.

“Il serait intéressant d’avoir une communication pour remettre les choses en perspective. […] À quelques semaines d’intervalle, on a eu la préconisation de le réserver aux jeunes, puis une suspension et finalement, on l’a réservé aux personnes âgées… Ça n’est pas facile à expliquer aux gens, conclut pour sa part Philippe Besset, pharmacien et président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

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