Covid-19 en France : l’exécutif peaufine la levée progressive des restrictions, Jean Castex s’exprime ce jeudi soir – Le Monde

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Protocole sanitaire dans les écoles, fin des limites de déplacement, réouverture de commerces et lieux de culture : l’exécutif peaufine les premières étapes de la levée des restrictions en mai, malgré la fragilité de la décrue de l’épidémie de Covid-19.

  • Conférence de presse de Jean Castex à 18 heures

A 18 heures, jeudi 22 avril, le premier ministre, Jean Castex, doit préciser en conférence de presse les modalités de la rentrée scolaire de lundi, ainsi que faire le point sur la vaccination et les frontières. Il sera accompagné des ministres de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, de la santé, Olivier Véran, et de l’intérieur, Gérald Darmanin, avant des annonces sur le déconfinement qui seront faites par Emmanuel Macron dans les jours à venir.

L’exécutif s’appuie sur le fait que les restrictions prises depuis début avril semblent commencer à porter leurs fruits, avec un début de baisse, très progressive, des contaminations. « Nous pourrions être au pic ou proches de l’être », a affirmé le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mercredi.

Dans l’immédiat, le gouvernement va s’atteler à la réouverture des crèches et des écoles le 26 avril. Collégiens et lycéens reprennent aussi les cours, mais à distance pour une semaine. Le protocole sanitaire devrait y rester identique à ce qu’il était avant les vacances de printemps, avec la fermeture d’une classe dès le premier cas de Covid-19 constaté. Il sera doublé d’une vaste campagne de tests salivaires, a affirmé une source au sein de l’exécutif à l’Agence France-Presse (AFP).

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Puis ce sera, sauf surprise, la fin de la limite des 10 kilomètres, le 2 mai dans la soirée, la réouverture, le 3 mai, des collèges et lycées – où le conseil scientifique recommande le déploiement des autotests – et une réouverture des terrasses et des lieux de culture mi-mai, pour lesquels des jauges pourraient être instaurées, selon une source proche de l’exécutif, en fonction de la situation sanitaire très disparate des territoires.

  • Alertes des scientifiques

Nombre de scientifiques alertent toutefois sur la fragilité de la décrue. « On est sur un plateau très élevé avec une charge pesant sur l’hôpital qui est importante », a notamment rappelé, mercredi, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF) et maire (Agir) de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Le nombre de patients en réanimation, en très légère baisse mercredi, à 5 959 contre 5 984 la veille, reste élevé, tout comme ceux des patients hospitalisés (près de 31 000 contre plus de 31 000 mardi) et des contaminations (près de 35 000 nouveaux cas mercredi contre plus de 43 000 la veille).

L’exécutif mise en parallèle sur l’accélération de la campagne de vaccination. Plus de treize millions de Français avaient reçu au moins une dose mercredi soir, selon Santé publique France. Les craintes engendrées par de très rares cas de thrombose après l’administration du vaccin d’AstraZeneca pèsent toutefois sur la dynamique. Emmanuel Macron lui-même a reconnu mardi soir, lors d’une réunion « vaccins » à l’Elysée, qu’il faut « savoir comment on maintient ce rythme », notamment en raison de « difficultés pour convaincre sur l’AstraZeneca ».

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Côté déplacements internationaux, après le Brésil, le Chili, l’Argentine et l’Afrique du Sud, la France a ajouté, mercredi, l’Inde, qui vient d’enregistrer un record mondial de 315 000 nouveaux cas en une journée, à la liste des pays soumis à une quarantaine obligatoire de dix jours.

  • Les commerces plaident pour une « réouverture impérative au plus tard le 10 mai »

Les principales fédérations du commerce et quelque 150 patrons, franchisés et affiliés de réseaux d’enseigne ont publié, jeudi 22 avril, un « plaidoyer pour une réouverture impérative de tous les commerces au plus tard le 10 mai », un mois « capital en termes d’activité » pour les 150 000 magasins fermés en France depuis le 3 avril.

Signée par douze fédérations – dont celles de la franchise, la bijouterie, l’ameublement, le prêt-à-porter féminin, la chaussure, le commerce de centre-ville… – et des dirigeants d’enseigne (Beauty Success, Brand Sisters, Burton, But, Casa, Celio…), cette tribune, publiée par Le Parisien, demande au gouvernement d’acter, dès à présent, « cette date pour tous les points de vente, quelles que soient leur taille et leur localisation ».

« Nous prenons (…) notre part à l’effort collectif de lutte contre la Covid-19, mais cette situation de fermeture ne peut plus durer. Elle met gravement en péril nos entreprises et inquiète nos 800 000 collaborateurs », affirment les signataires, pointant aussi les conséquences pour tout l’écosystème (fournisseurs, franchisés, marques, bailleurs…) et les villes qui subissent une vacance commerciale.

« Après avoir perdu plus de 20 % de chiffre d’affaires en moyenne en 2020, nous avons encore perdu plus de 30 % d’activité depuis le début de l’année et chaque semaine de fermeture appauvrit et fragilise nos réseaux. »

Cela se traduit par « des problèmes importants de trésorerie, à un niveau de stock invendu croissant, l’annulation de nos investissements, la hausse de l’endettement de nos entreprises du fait des PGE [prêts garantis par l’Etat]… autant d’impacts qui aggravent le risque de suppression de magasins et d’emplois. »

Selon Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, fédération représentante du commerce spécialisé, « les aides ont été mieux dimensionnées pour les petits commerçants, et c’est une bonne chose, mais on surestime la solidité des réseaux qui ont 200 ou 300 magasins : c’est en fait un ensemble de petites exploitations, et comme les aides ne peuvent pas compenser des périodes aussi longues de fermeture, il faut absolument rouvrir », a-t-il déclaré à l’AFP.

Pour lui, « mai est plus important que mars ou avril : il ne faut pas rouvrir trop tard, pour les acteurs du textile ou ceux qui dépendent des ventes générées par la Fête des mères ». Il a, par ailleurs, appelé le gouvernement, qui a « pris des engagements fermes sur l’indemnisation des charges fixes, des loyers et des stocks invendus », à « verser rapidement des compensations à la hauteur des enjeux ».

Le Monde avec AFP

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