Covid-19 : deux syndicats d’enseignants appellent à la grève jeudi, face au «protocole sanitaire ingérable» – Le Parisien

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Il dénonce « une pagaille indescriptible et un sentiment fort d’abandon et de colère » chez les enseignants, en pleine cinquième vague de Covid-19. Dans un communiqué intitulé « Mon école va craquer », le syndicat SNUipp-FSU, majoritaire chez les enseignants du premier degré, a lancé ce vendredi un appel à la grève nationale pour le 13 janvier dans les écoles primaires. Il réclame « une école sécurisée sous Omicron » et propose aux autres organisations syndicales de rejoindre le mouvement. Il a très vite été rejoint par le SE-Unsa pour les écoles mais aussi les collèges et les lycées.

Cinq jours après une rentrée des classes sous le signe d’un nouveau protocole sanitaire – finalement légèrement allégé depuis ce jeudi soir, le ministre de l’Éducation nationale se disant conscient des « contraintes » – « avec 47 453 cas confirmés d’élèves le 6 janvier », le SNUipp-FSA déplore « des mesures inconséquentes ». Il regrette notamment le fait que « lors de la réunion sanitaire d’hier (jeudi), le ministre est resté sourd une nouvelle fois aux exigences portées par les organisations syndicales pour sécuriser l’école ».

« Des paris risqués pour la santé »

« Le ministre de l’éducation, lui, continue de faire le choix de maintenir les écoles ouvertes quoi qu’il en coûte. Il allège les mesures protectrices, notamment sur les fermetures de classe et l’isolement des élèves, désorganisant totalement l’école, mettant les personnels, les élèves et leur famille en danger et les enseignant·es en souffrance professionnelle », s’insurge le texte, pointant aussi « des paris risqués pour la santé » et un « protocole sanitaire ingérable ». Les enseignants ont jusqu’à lundi soir pour se déclarer grévistes.

Le SE-Unsa appelle également les enseignants et autres intervenants « à se mettre en grève dans les écoles, collèges et lycées, le 13 janvier, pour faire entendre au ministre que l’école et ses personnels ne peuvent plus tenir avec des protocoles irréalisables et changeant de jour en jour », écrit le syndicat dans un communiqué.

Comme l’a confirmé ce vendredi vendredi matin Jean-Michel Blanquer, il ne sera désormais plus obligatoire pour les élèves de réaliser le parcours des trois tests lorsqu’un nouveau cas positif apparaît dans leur classe dans un délai inférieur à sept jours. Le Snuipp-FSU demande « de revoir le protocole avec notamment le retour à la règle protectrice + un cas positif = fermeture de la classe +, l’isolement des cas contacts intrafamiliaux et une politique de tests préventifs hebdomadaires salivaires systématiques ». Les personnels « doivent être équipés dès maintenant de masques chirurgicaux, et FFP2 pour ceux qui le souhaitent, des autotests doivent leur être fournis et les salles de classe et de restauration équipées en capteurs de CO2 », argue-t-il aussi.

Le syndicat déplore par ailleurs que ces autotests, qui doivent être effectués par les élèves à J + 2 et J + 4 après qu’une contamination a été identifiée dans la classe et qui sont normalement proposés gratuitement, ne soient dans les faits pas toujours disponibles car l’approvisionnement « n’a pas été anticipé ». Même chose, selon le SNUipp-FSA, pour les masques FFP2, alors que « les enseignant·es de maternelle et les AESH (sont) très proches des élèves ».

« Par ses propos et ses actes, Jean-Michel Blanquer a perdu toute légitimité comme ministre de l’Education nationale », dénonce aussi le communiqué, qui lance ainsi un appel aux « personnels à participer massivement à la grève du 13 janvier prochain pour faire cesser le mépris et les mensonges ». Enfin, concernant les remplaçants, « le ministère doit enfin élargir le vivier de personnels remplaçants pour pallier les absences en abondant et recrutant les listes complémentaires ainsi qu’en recrutant des titulaires via un collectif budgétaire ». Une réunion en intersyndicale des syndicats de l’enseignement est prévue ce vendredi à 17 heures.

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