Covid-19 : des milliers de manifestants contre le projet de passe vaccinal à Paris – Le Monde

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Manifestation contre le passe vaccinal à Paris, le samedi 8 janvier 2022.

Plusieurs milliers de personnes manifestent à Paris et dans toute la France, samedi 8 janvier, au terme d’une semaine marquée par les déclarations d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés et alors que le Sénat se penchera, à partir de lundi, sur le projet de loi établissant un passe vaccinal.

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Le président a affirmé vendredi qu’il assumait « totalement » ses propos de mardi sur les non-vaccinés, qu’il a dit avoir envie d’« emmerder », accusant certains d’entre eux de faire « de leur liberté, qui devient une irresponsabilité, un slogan ». Les autorités anticipent un rebond de la mobilisation.

« Un échec monumental »

A Paris, le défilé lancé à l’appel de Florian Philippot (Les Patriotes) s’est mis en marche à 15 heures depuis la place du Palais-Royal. M. Philippot déclare attendre que « le gouvernement renonce, qu’il retire cette loi folle ». Il souhaite également que « Macron présente des excuses aux Français après les propos orduriers et de division qu’il a tenus ». M. Philippot dit souhaiter que « les Français comprennent que c’est nécessaire de se lever, d’arrêter ce cycle infernal de soumission, d’obéissance qui [ne] mène à rien de toute façon ».

Manifestation contre le passe vaccinal à Paris, le samedi 8 janvier 2022.

Dans le cortège de la manifestation, Bruno Attal, secrétaire national du syndicat France Police-Policiers en colère, explique : « On est là pour emmerder les voyous et les délinquants, pas les citoyens devenus “sous citoyens”. Les ordres, on les appliquera, mais aujourd’hui on soutient. »

Manifestation contre le passe vaccinal à Paris, le samedi 8 janvier 2022.

« Nous avons un message tout particulier pour tous les soignants résistants et qu’on empêche de travailler », « Macron, ton masque, on n’en veut pas, Castex, ton passe, on n’en veut pas », peut-on entendre au micro du camion dans le défilé.

« Que les labos nous disent la vérité »

Patrice, 56 ans, est venu de banlieue parisienne pour exprimer son mécontentement. « J’en ai marre de ces restrictions qui ne sont pas justifiées car Omicron n’est pas létal, explique-t-il. Ce sont juste des mesures politiques. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. Je ne suis pas antivax, je suis contre le passe, qui n’est qu’une manière de contrôler. Je suis super pacifique et je ne suis pas derrière Philippot. » Pour lui, il faudrait « une totale transparence sur les effets secondaires, moi je ne me vaccinerai pas ». Il ajoute également avoir besoin « que les labos nous disent la vérité ».

Patrice, 56 ans, à Paris le 8 janvier 2022, explique : « La propagande journalistique me met en colère. Il n’y a pas de débat. Les médias devraient être impartiaux, à part le journal “FranceSoir” de toute façon, je ne crois plus les journaux. »

« Il y avait d’autres choix que le seul vaccin. Pourquoi on n’a rien fait pour l’hôpital pendant ces années ?, demande un cadre d’une entreprise bancaire, 60 ans, non vacciné et électeur de Jean-Luc Mélenchon en 2017. A la place, on finance des laboratoires qui produisent les vaccins, c’est aberrant. Nos hommes politiques ne sont plus crédibles. Ils naviguent à vue, c’est une catastrophe sociale, économique et pour la démocratie. »

Sophia, Gaspard et Pierre sont trois Parisiens étudiant à l’étranger. Actuellement rentrés chez leurs parents car leurs universités ont fermé, ils sont venus se joindre au cortège. « Je manifeste parce que ce qu’il se passe aujourd’hui, c’est honteux, c’est un abus d’autorité de A à Z », réagit Sophia. Ils se renseignent sur TrialSiteNews car ils estiment que « les médias mainstream ne montrent qu’une petite partie des gens ». Pour Sophia, « c’est trop facile de filmer et d’interviewer les extrémistes et les complotistes. Comprenez que les jeunes ont le droit et l’envie de se faire une idée propre et que ça ne fait pas de nous des irresponsables ou des complotistes », ajoute-t-elle. Les décisions gouvernementales « ne sont pas adaptées aux jeunes », estime Pierre. « On attend une stratégie qui ne soit pas le tout vaccinal. Il y a tant de choses à faire plutôt que d’embêter les jeunes, comme réformer le système hospitalier par exemple. »

Sophia, Gaspard, Pierre, lors de la manifestation contre le passe vaccinale, à Paris, le 8 janvier 2022.

Avec sa femme et son mégaphone, Hervé est venu aujourd’hui des Yvelines pour réclamer « la vérité sur la variabilité des doses du vaccin ». « Il y a trop de questions qui sont sans réponses, s’inquiète ce syndicaliste de 55 ans. Comment consentir librement ? Beaucoup de Français se sont fait vacciner à leur corps défendant. (…) Il y a mensonge sur mensonge. Je n’ai plus confiance en personne aujourd’hui. La vérité est intentionnellement cachée. Tout pèse sur tout. Il n’y a plus rien qui fonctionne normalement, on finit par devenir complotiste. Je ne sais pas ce qu’il se passera pour les élections. »

Interdiction de se rassembler au Mont-Saint-Michel

De son côté, la préfecture de la Manche a annoncé vendredi avoir interdit tout rassemblement samedi au Mont-Saint-Michel, où un appel à manifester avait été lancé par des personnes hostiles au passe sanitaire. Pour motiver sa décision, la préfecture explique n’avoir reçu aucune déclaration en préfecture.

En outre, alors que le département connaît une situation sanitaire « très dégradée », avec un taux d’incidence supérieur à 1 000 cas pour 100 000 habitants, « l’absence de mesures sérieuses de la part des organisateurs pour garantir le respect du port du masque et de la distanciation physique ne permettent pas d’autoriser un tel rassemblement ».

Sur Facebook, le collectif intitulé « Non au pass sanitaire Sud Manche » avait donné rendez-vous à ses sympathisants à 14 heures à la digue du Couesnon pour protester contre l’obligation vaccinale et prôner « la liberté d’accès à la culture pour tous ».

Plus de 328 200 nouveaux cas en une journée

En France, plus de 328 200 nouveaux cas ont été recensés au cours des dernières vingt-quatre heures, selon les chiffres publiés vendredi par Santé publique France. La rentrée des classes s’est déroulée depuis lundi sous tension avec le variant Omicron, encadrée par un nouveau protocole sanitaire qui nécessite la multiplication des tests.

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Dénonçant « une pagaille indescriptible » et « un sentiment fort d’abandon et de colère parmi les personnels », le SNUipp-FSU a lancé vendredi un appel à la grève nationale pour jeudi 13 janvier afin d’« obtenir les conditions d’une école sécurisée sous Omicron ». Il a été rejoint par la plupart des autres syndicats enseignants, SE-UNSA, SNES-FSU, Snalc, CGT-Educ’action, SUD-Education et Force ouvrière.

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Le Monde avec AFP

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