Covid-19 : Des chercheurs suisses démontrent l’efficacité de la technologie de contact tracing

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Covid-19 : Des chercheurs suisses démontrent l'efficacité de la technologie de contact tracing

L’équipe à l’origine de la toute première application de recherche de contacts lancée à l’aide de l’API de Google et Apple, la suisse “SwissCovid”, commence à prouver que la technologie peut être tout aussi efficace que la recherche manuelle de contacts. Sous réserve, bien sûr, de quelques “si” et “mais”.

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SwissCovid est utilisé par 18,5 % de la population

SwissCovid a été publiée fin mai, avant de devenir disponible au niveau national un mois plus tard. Près de 1,6 million de résidents utilisent désormais activement l’application, ce qui représente 18,5 % de la population du pays.

Cette technologie est conçue pour suivre et avertir rapidement les utilisateurs qui ont été en contact prolongé avec une personne testée positive à la Covid-19. Lorsqu’un individu fait un test qui se révèle positif, il reçoit un “Covidcode”, qu’il peut choisir de soumettre dans SwissCovid s’il le souhaite. Des avertissements en cascade sont alors envoyés, de manière anonyme, aux utilisateurs qui ont été enregistrés comme proches de la personne infectée et contagieuse.

Les chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui ont développé la technologie, ont publié des résultats préliminaires sur son efficacité. Ils ont constaté qu’entre la fin juillet et la fin août, 1 054 Covidcodes ont été soumis dans l’application. Il est toutefois beaucoup plus difficile de comprendre l’impact exact de la soumission de ces codes.

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Les chercheurs de l’Université EPFL à Lausanne, qui ont développé la technologie, ont publié les premiers résultats sur l’efficacité de SwissCovid. Image : Marcel Salathé.

L’application redirige vers une plateforme téléphonique

SwissCovid est basé sur un protocole appelé DP3T (Decentralized Privacy-Preserving Proximity Tracing), qui constitue également la base de l’API de contact tracing reposant sur le bluetooth développée par Apple et Google.

Ce protocole signifie que les alertes ne peuvent être émises que localement, sur les téléphones des utilisateurs, au lieu de passer par un serveur central. Il est donc impossible de savoir combien d’alertes ont été émises par l’application et à qui.

Toutefois, lorsqu’ils reçoivent un avertissement, les utilisateurs sont dirigés vers une ligne d’assistance téléphonique mise en place spécifiquement pour conseiller les personnes détectées à risque par l’application. La hotline SwissCovid a reçu 874 appels pendant la durée de l’étude. Ce qui, selon les chercheurs, reflète le nombre d’alertes qui ont pu être déclenchées.

« La plupart des gens ne recevront jamais de notification »

Pour Marcel Salathé, épidémiologiste numérique à l’EPFL, qui a développé SwissCovid, les chiffres devraient apaiser les inquiétudes de ceux qui pensaient initialement que l’application pourrait capter des contacts non pertinents sur le plan épidémiologique et générer d’énormes quantités de faux positifs.

« Nous pouvons regarder les numéros d’appel pour avoir une bonne idée du nombre de personnes alertées », explique-t-il à ZDNet. « D’après ce que nous pouvons voir, ils sont tout à fait dans la fourchette attendue. Au début, les gens avaient peur de recevoir plusieurs notifications par jour. »

« En réalité, surtout lorsque la situation est à peu près sous contrôle – comme c’est le cas en Suisse – la plupart des gens ne recevront jamais de notification, jamais. »

Des résultats encourageants

Les chercheurs ont également décidé de déterminer l’efficacité de SwissCovid par rapport à la recherche manuelle de contacts, en estimant le nombre de patients dont le test Covid-19 s’est révélé positif après un avertissement reçu dans l’application.

Les services de santé publique en Suisse demandent systématiquement aux citoyens de fournir la raison du test lorsqu’ils le passent, et ont ajouté l’application SwissCovid comme option pendant la durée de l’étude. En additionnant les données de 8 522 cas confirmés, les chercheurs ont calculé qu’au total 37 personnes auraient pu être incitées à se faire tester grâce à l’application.

Ce chiffre ne semble pas élevé, mais il doit être mis à l’échelle des 18,5 % de la population du pays qui sont couverts par l’outil. Selon les chercheurs, le nombre de tests positifs générés par l’application, compte tenu de sa base d’utilisateurs actuelle, est en fait encourageant.

Une efficacité similaire à la recherche manuelle de contacts

Sur la base des données recueillies jusqu’à présent, la technologie montre effectivement une efficacité similaire à celle de la recherche manuelle de contacts.

Ce qui signifie que, si l’application était étendue, les deux méthodes pourraient donner des résultats similaires – à condition, bien sûr, que les patients dont le test Covid-19 est positif et ceux avec lesquels ils ont été en contact étroit utilisent activement la technologie.

« Nous pouvons voir qu’elle a une portée similaire à la recherche classique de contacts », note Marcel Salathé. « C’est très prometteur car cela signifie qu’en développant le système, on pourrait obtenir une seconde arme dans ce combat. Et ces premières données suggèrent que c’est une arme puissante à avoir dans notre arsenal. »

Augmenter le taux d’adoption

Il ne s’agit donc que d’augmenter le taux d’adoption pour améliorer les performances de l’application. Même si 18,5 % de la population est un bon début, Marcel Salathé aimerait voir ce chiffre passer à 50 % ou plus.

Le chercheur insiste sur le fait que SwissCovid devra toujours s’intégrer dans un système de test fonctionnel, et qu’il ne doit pas être considéré comme un moyen de remplacer la recherche manuelle de contacts. Mais cette technologie apporte une valeur ajoutée par rapport aux systèmes classiques de réponse aux pandémies.

Lorsqu’un Covidcode est ajouté dans l’application, les utilisateurs peuvent effectivement être contactés en quelques heures, alors que la recherche manuelle de contacts prend généralement beaucoup plus de temps.

L’exception suisse

« L’application a l’avantage supplémentaire d’être beaucoup plus rapide », fait valoir le chercheur. « On parle beaucoup en termes quantitatifs, du nombre de tests que nous effectuons ou du nombre de traceurs de contact dont nous disposons. »

« Mais la rapidité est un paramètre crucial. Si vous êtes lent dans votre recherche de contacts, alors au moment où vous atteignez une personne, il est déjà trop tard. »

Tous les pays ne peuvent pas prétendre à des résultats similaires avec leur technologie de contact tracing. L’application StopCovid lancée en France, par exemple, a été adoptée par moins de 5 % de la population. Le Premier ministre Jean Castex a récemment reconnu que StopCovid n’avait pas eu les résultats escomptés, et que la technologie n’était pas un outil majeur dans la lutte contre la Covid-19.

Source : ZDNet.com

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