Covid-19 : dépistage, dose de rappel, gestes barrière… ce que recommande le Conseil scientifique pour les fêtes de fin d’année – Le Parisien

Spread the love

Noël oui, mais pas sans avoir épluché l’avis du Conseil scientifique de cette mi-décembre. À l’approche des fêtes de fin d’année et tandis que la France fait face à la cinquième vague épidémique de Covid-19, le professeur Jean-François Delfraissy et ses confrères se sont réunis pour livrer leurs recommandations. Réunions de famille, rassemblements publics… pour chaque circonstance, les Français disposent selon eux de leviers à activer dès à présent afin de démarrer 2022 de la meilleure manière possible.

Ce nouvel avis du Conseil scientifique est notamment émis sur la base des connaissances sur le variant Omicron, qui a émergé au mois de novembre et garde encore nombre de mystères. Au vu des éléments dont ils disposent, ces membres qui guident le gouvernement pendant la pandémie, prévoient qu’il pourrait « circuler en Europe plus rapidement que prévu » et remplacer progressivement le variant Delta « dans les premières semaines de 2022 ».

Si ce critère est bien sûr à prendre en compte, l’objectif, peu importe le variant, reste le même : freiner la transmission du virus. « Une réduction de 10 % des taux de transmission à compter du 1er décembre pourrait réduire le pic des hospitalisations à 1 300 », estime le Conseil scientifique. Attention toutefois, les différents scenarii restent très dépendants de l’évolution du nouveau variant. « Une explosion de cas Omicron pourrait fortement dégrader les projections », préviennent les scientifiques.

« Éviter » les clusters de Noël

La première recommandation émise dans ce nouveau document consiste naturellement à demander aux Français de célébrer ces fêtes de fin d’année avec prudence. Au vu de la progression « extrêmement rapide » d’Omicron, « il est essentiel d’éviter, dans les semaines qui viennent, l’apparition de clusters géants qui accéléreraient cette dynamique », prône le Conseil scientifique. À quelques jours de Noël, les grands évènements « pouvant conduire à des clusters géants » doivent donc « être évités », exhorte-t-il.

Au sein des rassemblements familiaux, « le geste le plus utile consiste, pour tous les participants, et en particulier les moins fragiles (…), à se dépister, soit par un autotest le jour même ou soit par un test antigénique, la veille ou le jour même de l’événement. » À ce titre, le Conseil scientifique recommande aux hôtes de proposer par exemple un autotest (5 euros l’unité) à chacun de leurs convives à leur arrivée.

Reste que le masque FFP2 est recommandé pour « les personnes les plus fragiles ou non vaccinées » et ce « dès que cela est possible, avec toute la complexité néanmoins liée à cet usage ». Dans tous les cas, l’aération des lieux prime. Le Conseil recommande de « maintenir une fenêtre ou une porte ouverte au moins 10 minutes par heure ou en permanence si possible ». Pour assurer ce renouvellement de l’air, l’utilisation d’un capteur de CO2 est « fortement encouragée ».

Réemployer « même légèrement » les gestes barrière

Ils accompagnent le quotidien de tout un chacun depuis près de deux ans, il serait dommage de s’en priver pendant les fêtes : les gestes barrière doivent avoir de nouveau droit de cité dans les rassemblements publics et privés, martèle le Conseil scientifique. Pour montrer l’exemple, même le Père Noël s’y est mis.

Se saluer de loin, éternuer dans son coude, ne pas économiser son gel hydroalcoolique, respecter la distanciation physique… Ces efforts collectifs « réduirai(en)t le risque de devoir mettre en œuvre des mesures plus contraignantes plus tard ».

Outre ce « renforcement même léger des gestes barrière », le Conseil scientifique prône un recours au télétravail et « une réduction des contacts ». Se rassembler en famille, oui, mais sans atteindre des effectifs gigantesques… Cela pourrait avoir « un impact très important sur l’impact sanitaire » de la vague actuelle.

Faire son rappel et ne pas avoir peur de changer de vaccin

Sur la dose de rappel de vaccin contre le Covid-19, le Conseil scientifique est inflexible : celle-ci est à effectuer dès que possible. Constatant un engouement plus marqué pour le vaccin Pfizer que pour l’autre vaccin à ARN messager disponible, Moderna, l’instance rappelle que les croisements entre différents types de vaccins sont possibles.

La dose de rappel de Moderna, actuellement de 50 µg, « pourrait être augmentée dans les semaines qui viennent à 100 µg pour induire une meilleure réponse immunologique vis-à-vis du variant Omicron », écrit par ailleurs le Conseil scientifique. « Le vaccin Moderna peut être administré chez les personnes de plus de 30 ans avec une efficacité équivalente à celle du vaccin Pfizer et sans risque supplémentaire », rappelle-t-il.

Dépister systématiquement les écoliers

Les Fêtes passées, le gouvernement devra s’atteler à revoir sa stratégie de dépistage du Covid-19 en milieu scolaire, selon le Conseil scientifique. Ce dernier estime que le dépistage systématique des enfants « pourrait être plus efficace, bien que difficile au plan opérationnel, et présenterait l’avantage de dépister les asymptomatiques et présymptomatiques ». Selon une nouvelle étude de l’Institut Pasteur, les adultes qui ont des enfants scolarisés à l’école ou au collège ont au moins 30 % de risque en plus d’attraper le coronavirus.

Leave a Reply