Covid-19 : Decathlon partenaire des hôpitaux ?

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Covid-19 : Decathlon partenaire des hôpitaux ?

Système D, système 3D ? Pour pallier la pénurie de matériel médical en Europe, certains hôpitaux et spécialistes de l’impression additive ont bricolé les masques Easybreath de Decathlon pour les besoins du personnel soignant, en contact avec les patients et les personnes fragiles.

En Espagne, un médecin de l’hôpital universitaire de Valladolid, Alfredo Redondo, a réalisé son propre équipement de protection à l’aide du masque de Decathlon et de filtres à particules standard, a-t-il détaillé sur son compte Twitter. Frère de Gonzalo Redondo, propriétaire de l’entreprise D3 Applied Technologies, le médecin espagnol s’est formé à la technologie d’impression 3D appliquée à la médecine. « J’ai appris à gérer des programmes de conception et à concevoir des pièces en 3D à un niveau basique », a-t-il confié à la presse espagnole. Aidé par D3 Applied Technologies pour le travail de modélisation, le professionnel de la santé est parvenu à fabriquer jeudi dernier une pièce en 3D afin de connecter le masque à des filtres standard de particules et de gaz de type FFFP 2 et 3.

Il a ensuite conçu une solution permettant de matérialiser l’adaptateur pour que les centres médicaux dans le besoin puissent monter eux-mêmes leurs masques de protection. Mais Alfredo Redondo assure rester très prudent. « Nous avons créé un groupe de travail et lancé des programmes de tests dans différents hôpitaux ». La nouvelle a commencé à se répandre sur les réseaux sociaux, parvenant jusqu’aux oreilles de l’enseigne sportive.

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Une entreprise italienne a breveté une valve de liaison 3D d’urgence

Dans le même temps, l’entreprise italienne Isinnova a informé Decathlon qu’elle avait elle aussi travaillé sur le masque de plongée de l’enseigne sportive française pour répondre dans l’urgence à la pénurie de masques hospitaliers C-PAP. « Nous avons contacté en peu de temps Decathlon, producteur et fournisseur du masque Easybreath. L’entreprise a immédiatement accepté de coopérer en fournissant le dessin CAO du masque que nous avions identifié. Le produit a été démonté, étudié, et les modifications à apporter ont été évaluées. Un nouveau composant a ensuite été conçu pour garantir la connexion au ventilateur. Nous avons appelé la valve de liaison Charlotte, et nous l’avons rapidement imprimée en 3D », explique la société sur son site.

 

Le prototype, testé en situation réelle à l’hôpital Chiari, en Italie du Nord, très touchée par l’épidémie, s’est avéré « fonctionner correctement » a déclaré Isinnova, précisant toutefois que cet usage serait strictement limité à une situation d’urgence où « il n’est pas possible de trouver des équipements médicaux officiels ».

« Ni le masque, ni le lien ne sont certifiés et leur utilisation est soumise à une situation de nécessité obligatoire. L’utilisation par le patient est soumise à l’acceptation de l’utilisation d’un dispositif biomédical non certifié, en fournissant une déclaration signée », note l’entreprise.

Face à cette situation inédite, Isinnova a décidé de breveter d’urgence la valve de liaison, afin « d’éviter toute spéculation sur le prix du composant », a-t-elle annoncé, précisant qu’en ce brevet restera « libre d’utilisation » pour tous les hôpitaux dans le besoin. « Les établissements de santé en difficulté pourront acheter le masque Decathlon, et entrer en contact avec les imprimeurs 3D qui pourraient réaliser la pièce et la fournir ». L’entreprise italienne met librement à disposition le dossier pour la réalisation de la pièce en impression 3D. Isinnova assure que, « contrairement à la valve du respirateur, le lien est facile à réaliser, de sorte qu’il est possible pour tous les fabricants d’essayer de l’imprimer correctement ».

La protection civile de la province de Brescia, dans le nord du pays, en a déjà commandé 500 exemplaires, rapporte le Corriere della Sera.

Des tests sont réalisés par les équipes de Decathlon

Selon une information rapportée dans La Voix du Nord, un hôpital parisien serait également en train de tester le masque Easybreath ainsi transformé.

Les équipes de Decathlon ont par ailleurs annoncé ce mardi qu’elles accompagneraient « techniquement certains centres de recherche, en France comme à l’étranger, dans le but de réaliser des tests et ainsi voir si le produit peut – ou non – être adapté, notamment en partageant le plan 3D du masque Easybreath ».

La chaîne de magasins sportifs rappelle en revanche que « le masque Easybreath, rendu visible par nombre d’internautes ces derniers jours et présenté comme un éventuel masque de protection au coronavirus, n’a pas été conçu pour cet usage. Son utilisation initiale demeurant la pratique du snorkeling, nous recommandons donc de ne pas modifier le masque par soi-même ; cela pourrait impacter son fonctionnement, notamment concernant les flux d’air ».

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