Covid-19 : cinq questions sur les retards de livraison du vaccin Pfizer-BioNTech en Europe – franceinfo

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Décidément, le plan de vaccination a des allures de chemin de croix. Le laboratoire américain Pfizer qui produit son vaccin contre le Covid-19 en partenariat avec le groupe allemand BioNTech, a en effet annoncé vendredi 15 janvier que ses livraisons de vaccins en dehors des Etats-Unis allaient ralentir fin janvier-début février. En cause : des travaux dans une de ses usines de production, en Belgique. Ce retard, qui serait finalement d’une semaine, selon le dernier communiqué de la firme pharmaceutique, a suscité de vives inquiétudes dans les pays de l’Union européenne, alors que l’apparition de variants du coronavirus fait craindre une résurgence de la pandémie. Retour en cinq questions sur ce ralentissement des livraisons.

1A quoi est dû ce retard ?

Pour justifier ces livraisons en retard, le laboratoire Pfizer a expliqué qu’il avait des modifications à effectuer dans la chaîne de production de l’usine belge de Puurs, qui doit être rénovée. Ces modifications “nécessitent des approbations réglementaires supplémentaires”, a également précisé le groupe américain.

2Quelle sera la durée de ce retard ?

“La Commission européenne et, par son intermédiaire, les Etats membres de l’UE ont été informés que Pfizer ne serait pas en mesure de respecter pleinement les quantités promises pour les trois à quatre prochaines semaines”, avait fait savoir le ministère de la Santé allemand dans un premier temps.

Mais à en croire le laboratoire américain, le retard ne durera finalement qu’une semaine. Dans un communiqué, samedi 16 janvier, Pfizer prévoit ainsi un retour à la normale en Europe “à partir de la semaine du 25 janvier” et promet même “une augmentation des livraisons à compter de la semaine du 15 février”.

Le groupe pharmaceutique dit aussi avoir développé un plan qui permettra d’augmenter les capacités de fabrication en Europe et de fournir beaucoup plus de doses au deuxième trimestre”.

3Combien de doses devaient être fournies ?

Le laboratoire Pfizer a signé avec l’Union européenne des contrats prévoyant la livraison d’un maximum de 600 millions de doses de son vaccin en 2020, dont 75 millions au deuxième trimestre. Mais les volumes prévus pour les trois premiers mois de l’année n’ont pas été précisés publiquement et plusieurs pays s’attendaient, après l’annonce de vendredi, à un rationnement significatif de leurs livraisons jusqu’au début du mois de février.

La Suède tablait par exemple sur “une baisse de 25% environ” des livraisons, selon l’autorité de santé publique. La France, qui bénéficiera de ses doses au prorata de sa population, évoquait vendredi une “forte baisse” à venir. La Norvège anticipait quant à elle 18% de doses en moins par rapport à ses prévisions. Le Danemark, qui est le pays de l’UE à avoir vacciné le plus de ses ressortissants pour l’instant, “s’attend à vacciner moins qu’initialement prévu”. Mais si Pfizer rattrape finalement son retard, les conséquences devraient être moindres.

4Quelles sont les conséquences en France ?

Elles n’ont pas encore été détaillées.Si le déploiement global de notre campagne vaccinale n’est pas remis en cause par cette inflexion dans les livraisons, du fait du système privilégié par la France, qui prévoyait une gestion des livraisons anticipant d’éventuels retards de production, cette forte baisse obligera le gouvernement à ajuster le rythme des vaccinations dans les semaines à venir”, note toutefois le ministère de la Santé, contacté par franceinfo, samedi 16 janvier.

“Les conditions de cet aménagement seront précisées dès que la France connaîtra exactement le niveau des futures livraisons”, ajoute la Direction générale de la santé. Dès vendredi, l’Elysée précisait que “ce type d’aléas dans la production et la livraison de vaccins était anticipé et il faudra savoir nous adapter en permanence au fur et à mesure de l’arrivée potentielle de nouveaux vaccins et du rythme réel des livraisons. Nous travaillons également à renforcer nos capacités de production en Europe et plus particulièrement en France.”

Côté chiffres, la France, qui a déjà reçu 1,5 million de doses de vaccin Pfizer-BioNTech, en attendait 520 000 autres la semaine prochaine, selon le ministère. A la date du jeudi 14 janvier, 318 000 personnes avaient reçu une première injection, avec un objectif d’un million de vaccinés d’ici à fin janvier. A ce jour, la France a aussi reçu 52 000 doses du vaccin Moderna.

Par ailleurs, plus de “500 000 personnes” de plus de 75 ans ou encore “vulnérables à très hauts risques” avaient déjà pris rendez-vous vendredi “dans toute la France auprès des centres de vaccinations, pour une première injection entre le 18 janvier et le 14 février 2021”, a fait savoir le ministère de la Santé.

5Ce retard peut-il être compensé ?

Au total, la Commission européenne (qui achète pour tous les pays de l’Union européenne) a passé des accords de pré-commandes avec six laboratoires. Mais seuls deux vaccins, tous deux à ARN messager, ont été autorisés pour l’instant par l’Agence européenne du médicament : celui de Pfizer-BioNTech, donc, et celui de Moderna. Ce dernier s’est engagé, de son côté, à livrer 10 millions de doses d’ici la fin mars, puis 35 millions au deuxième trimestre, et autant au troisième. Quatre-vingts millions de doses supplémentaires doivent ainsi être livrées avant la fin de l’année. Le vaccin Moderna ne pourra donc pas compenser dans l’immédiat les retards de livraisons de Pfizer.

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