Covid-19 : campagnes de dépistage massif au Havre et à Charleville-Mézières, à la veille du déconfinement – Le Monde

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Nouvelle tentative pour juguler l’épidémie avant les fêtes de fin d’année et le déconfinement, qui entrera en vigueur mardi matin, les agglomérations du Havre et de Charleville-Mézières lancent, lundi 14 décembre, des campagnes de dépistage massif du Covid-19.

Alors que les Français vont pouvoir de nouveau circuler sans attestation sur l’ensemble du territoire à partir de mercredi, le nombre de cas de contamination reste loin des objectifs de l’exécutif. Le président de la République, Emmanuel Macron, souhaitait descendre « à terme » à 5 000 contaminations par jour. Or, la moyenne quotidienne pour la semaine écoulée est à 12 000 cas quotidiens. Depuis le début de l’épidémie, 57 911 malades du Covid sont morts en France, dont 39 975 à l’hôpital.

Pour tenter de casser la propagation, l’exécutif mise sur une nouvelle stratégie, plus ciblée, avec les dépistages massifs. « Ces opérations sont autant un moyen de limiter la propagation du virus dans les collectivités concernées qu’un levier d’expérimentation de notre stratégie “tester, alerter, protéger,” dont vous voyez qu’elle évolue », affirmait jeudi le ministre de la santé, Olivier Véran, qui se rendra lundi matin au Havre pour lancer l’opération.

« Résultat dans la demi-heure »

Dans le port normand, pendant cinq jours, les 270 000 habitants de la communauté urbaine sont invités à se faire tester. Ce sera « sans rendez-vous et gratuitement, avec un résultat dans la demi-heure », a précisé le maire, Edouard Philippe, au Journal du dimanche. « A Liverpool, ils ont réussi à tester environ un tiers des 500 000 habitants en quatre jours. Si on testait 50 % de la population, je serais le plus heureux des hommes ! Nous serons sans doute en dessous », a prédit l’ancien premier ministre.

Les autorités britanniques avaient tiré un bilan positif de cette campagne menée au début de novembre. « La combinaison entre le dépistage en masse et les mesures prises à Liverpool a fait baisser les cas de manière véritablement remarquable, bien plus vite que je n’aurais estimé possible », avait déclaré à la BBC le ministre de la santé, Matt Hancock, deux semaines plus tard.

Dans les Ardennes, la cible est la communauté d’agglomération qui regroupe les deux principales villes du département, Charleville-Mézières et Sedan, soit 123 000 habitants. « L’unique respect des protocoles sanitaires ne suffira pas à casser la propagation de l’épidémie. Il n’est pas question que les fêtes de fin d’année génèrent une troisième vague, qui serait redoutable pour notre territoire », prévient Ardenne Métropole. L’opération est également prévue jusqu’à vendredi, ainsi que du 21 au 23 et du 28 au 30 décembre. Sont promis des « tests gratuits et rapides, sans rendez-vous ».

Deux autres territoires doivent tenter la même opération en janvier, parmi ceux où le virus circule le plus vite en France : Roubaix (Nord) et Saint-Etienne.

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Pas de contrainte

Pour les épidémiologistes, dépister à si grande échelle n’est utile que si les résultats sont exploités rapidement, en isolant les personnes testées positives et en limitant les contacts sociaux dans les zones les plus atteintes. Il n’y aura cependant pas de contrainte, à l’image de la manière forte qu’ont pu imposer les pays les plus sévères. L’agence régionale de santé Normandie parle « d’un accompagnement individuel, notamment pour s’isoler le plus rapidement et le plus efficacement possible ».

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La journée de mardi marque officiellement la fin du deuxième confinement, qui laissera la place à un couvre-feu de 20 heures à 6 heures, sauf pour le réveillon de Noël. La crainte est celle d’un laisser-aller des Français. Elle a été illustrée, entre autres, par une « fête privée illégale » géante qui, dans la nuit de samedi à dimanche à Marseille, a réuni quelque 500 personnes.

Contraint de rester « confiné » au moins jusqu’au début de janvier, le monde de la culture entend donner de la voix cette semaine, avec des manifestations prévues mardi pour demander une réouverture des salles de spectacle, des musées et des cinémas. Plusieurs syndicats et organismes professionnels doivent déposer ensemble dans la semaine un « référé liberté » pour la réclamer devant le Conseil d’Etat.

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Le Monde avec AFP

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