Covid-19 : à quels effets indésirables s’attendre en fonction du vaccin injecté – Le Monde

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A ce jour, les données disponibles sur les effets secondaires des vaccins anti-Covid sont rassurantes.

La campagne de vaccination contre le Covid-19 se poursuit et s’accélère. Au total, jeudi 20 mai, 22 millions de personnes avaient reçu au moins une dose – soit près de 33 % de la population française – et 9,8 millions de personnes avaient reçu deux injections depuis le début de la campagne en France, le 27 décembre 2020.

Comme pour n’importe quel vaccin, il peut y avoir des effets indésirables, c’est-à-dire des réactions nocives et non voulues, après la vaccination. La plupart sont d’intensité légère ou modérée et disparaissent en quelques jours : douleur à l’endroit de l’injection, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, un peu de fièvre. Certains peuvent être plus intenses et durer plus longtemps (des réactions allergiques par exemple).

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Un dispositif de surveillance renforcée a été mis en place par les autorités de santé. Il est possible d’y contribuer en signalant tout effet indésirable ressenti.

Depuis le début de la vaccination, l’ANSM a recensé 34 287 cas d’effets indésirables

A ce jour, les données disponibles sur les effets secondaires des vaccins anti-Covid sont rassurantes. Depuis le début de la vaccination, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a recensé 34 287 cas d’effets indésirables, selon son dernier point de situation publié le 17 mai. Il s’agit dans 74 % des cas d’effets secondaires « non graves » et dans 26 % des cas d’effets secondaires « graves ».

En France, quatre vaccins sont administrés : ceux de Pfizer-BioNTech (Etats-Unis – Allemagne), de Moderna (Etats-Unis), d’AstraZeneca (Royaume-Uni – Suède) et, plus récemment, de Johnson & Johnson (Etats-Unis), autorisé le 12 mars par la Haute Autorité de santé (HAS). Voici, dans le détail, les effets indésirables rapportés, vaccin par vaccin.

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  • Pfizer-BioNtech

L’ANSM a enregistré 18 120 cas d’effets indésirables à la suite de l’injection du produit de Pfizer-BioNTech depuis le début de la vaccination (le 27 décembre 2020). Il s’agit dans 74 % des cas d’effets secondaires « non graves » et dans 26 % des cas d’effets secondaires « graves » – les mêmes chiffres que pour l’analyse de l’ensemble des vaccins.

« La fréquence des réactions systémiques est plus importante lors de l’administration de la 2e dose »

Les données publiées montrent une forte réaction de l’organisme dans les jours qui suivent la piqûre, mais des effets indésirables inoffensifs et habituels. Parmi les effets secondaires « très fréquents » (plus d’un cas sur dix), on peut citer notamment : fatigue, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires, frissons et fièvre. « A noter que la fréquence des réactions systémiques, et particulièrement de la fièvre, de la fatigue et des maux de tête, est plus importante lors de l’administration de la 2e dose par rapport à la 1re dose », révèle l’ANSM.

Des nausées ont aussi été signalées (plus d’un cas sur 100), ainsi que des cas d’inflammation des ganglions lymphatiques (plus d’un cas sur 1 000). Ces réactions bénignes sont temporaires, le temps de la mise en action du système immunitaire, et peuvent être associées au stress engendré par une vaccination.

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L’ANSM a également fait état d’un total de « 15 cas graves de pancréatites aiguës » (dont un décès). « Dans près d’un tiers des cas », elles surviennent « chez des patients ayant des antécédents de pathologies pancréatiques ou biliaires », note l’agence. Par ailleurs, sept cas de syndrome de Guillain-Barré ont été observés. Il s’agit d’une maladie auto-immune provoquant une atteinte des nerfs périphériques et une paralysie. La majorité des personnes atteintes guérissent complètement en quelques mois. « Ces événements ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque du vaccin », insiste l’ANSM. Ce rapport désigne le calcul des régulateurs déterminant l’ensemble des risques et des avantages à donner leur autorisation à un traitement.

Des cas d’hypertension artérielle « continuent de faire l’objet d’une surveillance spécifique ». Ces accès hypertensifs sont-ils en lien avec le vaccin ? Peuvent-ils entraîner des complications graves, comme des accidents vasculaires cérébraux ou cardiaques ? « Jusqu’ici tous les cas se sont résolus en maximum quelques jours, éventuellement avec des antihypertenseurs pris ponctuellement », précisait à la mi-février la pharmacologue Joëlle Micallef, chargée de la surveillance de ce vaccin.

Depuis le début de la vaccination (le 22 janvier 2021), l’ANSM a enregistré 1 855 cas d’effets indésirables à la suite de l’injection du vaccin de Moderna – qui s’appuie, comme celui de Pfizer, sur la technologie dite de l’ARN messager. Il s’agit dans 76 % des cas d’effets secondaires « non graves » et dans 24 % des cas d’effets secondaires « graves ».

La majorité des effets indésirables rapportés, attendus et non graves, sont les mêmes que ceux signalés pour le vaccin de Pfizer-BioNTech (fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, etc.). « A l’exception des lymphadénopathies [inflammations des ganglions lymphatiques], la fréquence des réactions systémiques très fréquemment rapportées est plus importante lors de l’administration de la 2e dose par rapport à la 1re dose », explique l’agence.

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Un grand nombre de cas d’effets secondaires non graves concerne des réactions à l’endroit de l’injection : douleur, gonflement (plus d’un cas sur dix) ; rougeur, urticaire, éruption cutanée (plus d’un cas sur 100) ; sensation de démangeaison (plus d’un cas sur 1 000). « Depuis le début du suivi, il a été relevé quelques cas de douleur prolongée au bras vacciné amenant à une impotence fonctionnelle pouvant durer quelques semaines », ajoute l’ANSM.

« A ce stade, les cas rapportés d’événements thromboemboliques avec Moderna ne montrent pas de spécificité particulière en faveur d’un rôle du vaccin », tranche l’agence. Des « troubles vasculaires de type d’hypertension artérielle » ont également été répertoriés et « continuent de faire l’objet d’une surveillance spécifique ».

  • AstraZeneca

Fiole de vaccin labellisé d’AstraZeneca sur un drapeau de l’UE, le 24 mars 2021.

L’ANSM a enregistré 14 312 cas d’effets indésirables à la suite de l’injection du produit d’AstraZeneca depuis le début de la vaccination (le 6 février 2021). Il s’agit dans 75 % des cas d’effets secondaires « non graves » et dans 25 % des cas d’effets secondaires « graves ».

« La grande majorité de ces cas concerne des syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, céphalées) », rapporte l’agence. En outre, le vaccin d’AstraZeneca peut entraîner des diarrhées, des vomissements et des saignements de nez (plus d’un cas sur 100). Des étourdissements, une sudation excessive et une diminution de l’appétit ont également pu être observés (plus d’un cas sur 1 000).

A la mi-mars, le vaccin suédo-britannique a vu son utilisation temporairement suspendue dans une quinzaine de pays, dont la France, en raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins. Mais l’Agence européenne des médicaments (AEM) a affirmé, le 18 mars, qu’« il s’agit d’un vaccin sûr et efficace ». Le gouvernement français a, dès lors, immédiatement repris son utilisation auprès des personnes de 55 ans et plus.

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L’AEM a ensuite reconnu, le 7 avril, qu’il existait un lien entre le vaccin d’AstraZeneca et des cas « très rares » de thromboses. Mais l’agence a maintenu ses recommandations, estimant que les bénéfices dudit vaccin « restent largement supérieurs aux risques qu’il fait encourir ». Comprendre : il est plus probable de mourir du Covid-19 si vous l’attrapez que d’un caillot sanguin provoqué par l’injection d’une dose d’AstraZeneca.

  • Johnson & Johnson

La campagne avec le vaccin de Johnson & Johnson – un vaccin à adénovirus, comme celui d’AstraZeneca – a débuté en France le 24 avril. A la différence des produits de Pfizer-BioNTech, de Moderna et d’AstraZeneca, une seule dose suffit. Comme le produit d’AstraZeneca, il est injecté uniquement aux personnes de 55 ans et plus en raison de craintes liées à la formation de caillots sanguins. L’AEM a réaffirmé, le 20 avril, que ce vaccin était sûr et efficace.

Au total, plus de 39 000 injections ont été réalisées en France avec le vaccin de Johnson & Johnson. « Un cas de malaise d’évolution favorable » a été comptabilisé par l’ANSM.

Dans le cadre d’essais cliniques, plusieurs effets indésirables ont été recensés : la majorité d’entre eux étaient d’intensité légère ou modérée et se sont généralement résolus en quelques jours. Il s’agit principalement de maux de tête, de nausées, de fatigue, de douleurs musculaires et de douleur à l’endroit de l’injection (plus d’un cas sur 100). Une toux et de la fièvre ont aussi été observées (plus d’un cas sur 100). Plus rarement, ce vaccin peut entraîner des tremblements, des douleurs oropharyngées, une transpiration excessive, un mal de dos, un état de faiblesse générale ou encore un malaise (plus d’un cas sur 1 000).

« La réactogénicité était généralement d’intensité plus faible et rapportée moins fréquemment chez les adultes plus âgés (≥ 65 ans) au cours des essais cliniques », souligne l’ANSM.

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