Covid-19 : à Bordeaux, la vaccination bientôt ouverte à tous les adultes du quartier de Bacalan après la découverte d’un variant « très rare » – Le Monde

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Dans une rue commerçante de Bordeaux lors de la nouvelle étape du déconfinement, mercredi 19 mai 2021.

Tous les adultes du quartier de Bacalan, à Bordeaux, vont pouvoir être rapidement vaccinés, sans conditions, après la découverte d’un cluster de quelques dizaines de personnes positives à un variant « très rare », a expliqué vendredi 21 mai l’agence régionale de santé (ARS).

Dans ce quartier, la vaccination sera ouverte à tous les adultes de plus de 18 ans dès la semaine prochaine – dans le reste de la France, cette possibilité n’est prévue qu’à partir du 31 mai. « A partir de la semaine prochaine (…), on va augmenter le nombre de doses de vaccin dans les centres de vaccination aux alentours, on va envoyer et livrer les pharmacies avec du vaccin Moderna, (…) on va ouvrir un centre de vaccination éphémère », a détaillé sur BFM-TV le directeur de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, Benoît Elleboode. L’institution a aussi « mis en place en vingt-quatre heures un centre de dépistage dans le quartier ».

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Un cluster d’au moins 46 personnes

« Il s’agit d’un variant déjà identifié au niveau national, mais très rare jusqu’à présent », a précisé Patrick Dehail, le conseiller médical et scientifique de l’ARS Nouvelle-Aquitaine :

« C’est un “variant of concern” (VoC), c’est-à-dire préoccupant, comme les variants anglais et indien. Sa souche est anglaise mais avec une mutation. Il est connu, il a aussi été vu en Ile-de-France. Mais il s’était très peu exprimé jusqu’à présent, tant au niveau national qu’au niveau international. A priori, il n’y avait encore jamais eu de cluster comme ça dans la population générale. »

Au moins 46 personnes font partie de ce cluster, sans compter le retour des résultats de la première journée du dépistage à grande échelle, lancé vendredi. Les cas sont « issus de deux cas originels », a précisé M. Elleboode. Aucune des personnes positives n’avait été vaccinée et « aucune n’a été hospitalisée, [elles] ont les symptômes habituels ou pas de symptômes », d’après le directeur médical de l’ARS. « Nous n’avons pas de raison de penser que ces cas seront plus graves et que ce variant est résistant aux vaccins à ARN messager » de Pfizer et de Moderna, a-t-il commenté.

« Nous ne sommes pas inquiets et la population n’a pas de raison de l’être, mais c’est l’occasion de rappeler que le virus circule toujours et qu’il ne faut pas considérer la levée des restrictions comme un retour à la vie d’avant sans limites », a-t-il mis en garde. D’autant que, selon M. Dehail, « la population bordelaise est relativement naïve par rapport au virus », dans une région « relativement épargnée » et où « l’immunité collective est pour l’instant très faible ».

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Un dérivé du variant anglais

Le Centre national de référence de Lyon est désormais chargé d’une analyse plus détaillée du génome entier du variant. Ce dernier « demeure très rare au niveau international et en France, malgré plusieurs chaînes de transmission détectées récemment à Bordeaux », a de son côté assuré l’agence Santé publique France.

Appelé VoC 20I/484Q, c’est un dérivé du variant dit anglais, mais il a acquis une mutation supplémentaire (E484Q) soupçonnée d’amoindrir l’efficacité des vaccins. Jusqu’à présent, il « n’avait été détecté que chez de rares cas sporadiques en Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est et Ile-de-France. Toutefois, des clusters ont été récemment identifiés en Ile-de-France et Nouvelle-Aquitaine », selon Santé publique France.

« En Ile-de-France, un cluster est survenu dans un établissement de soins en avril. En Nouvelle-Aquitaine, une transmission communautaire a été identifiée, avec deux chaînes de transmission qui touchent un quartier de Bordeaux et d’autres quartiers-communes à proximité », poursuit l’agence sanitaire.

A ce stade, cinq variants sont classés comme « préoccupants » en France, selon l’agence sanitaire : les variants anglais, sud-africain, brésilien, indien et celui détecté à Bordeaux (comptabilisé avec un autre, quasi similaire, appelé VoC 20I/484K). La liste des variants préoccupants peut différer selon les pays en fonction de la situation locale. Jeudi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé que les vaccins actuellement disponibles fonctionnaient jusqu’à présent contre tous les variants préoccupants.

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Le Monde avec AFP

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