Covid-19 : 52 % des Américains prêts à partager leurs données de santé pour aider la recherche

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Covid-19 : 52 % des Américains prêts à partager leurs données de santé pour aider la recherche

Plus de la moitié des citoyens américains seraient prêts à partager leurs données médicales concernant la Covid-19 et autres, mais la peur d’une surveillance d’Etat demeure.

Alors que le nombre de cas de Covid-19 confirmés avoisine les 30 millions à travers le monde, les gouvernements cherchent des moyens, sinon d’éradiquer les infections, du moins d’atténuer l’impact sur les systèmes médicaux et de réduire la pression ressentie par les hôpitaux pour traiter les cas les plus graves.

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Le contact tracing sillonne l’Europe

Parmi les méthodes proposées, on entend beaucoup parler du contact tracing, un concept basé sur le partage par les individus des endroits où ils se sont rendus, notamment par le biais d’applications mobiles avertissant automatiquement les utilisateurs s’ils ont été en contact avec un cas de Covid-19 confirmé.

En France, l’application StopCovid, une initiative gouvernementale, utilise cette méthode. Dès l’annonce de son développement, l’application a fait face à un flot de critiques, concernant notamment la protection des données personnelles. C’est peut-être en partie ce qui explique un certain échec.

L’Union européenne, quant à elle, commence à tester un service passerelle d’interopérabilité pour les applications nationales de contact tracing et d’alerte, afin de lutter contre la propagation du virus sur le continent. Ces tests ont commencé en République tchèque, au Danemark, en Allemagne, en Irlande, en Italie et en Lettonie. Néanmoins, les choix faits par la France pour StopCovid l’empêchent d’intégrer cette initiative.

Ainsi, même si ces applications peuvent permettre de traquer et d’atténuer la propagation du coronavirus dans une population, la protection de la vie privée reste une préoccupation, surtout si les données mobiles et de localisation des utilisateurs finissent dans des serveurs centralisés auxquels les organismes gouvernementaux peuvent accéder à des fins autres que la lutte contre la pandémie.

Aux Etats-Unis néanmoins, beaucoup de citoyens sont prêts à sauter le pas, pour le bien commun.

Les américains prêts à partager leurs données médicales pour aider la recherche

Ce mercredi, Virtru a publié les résultats d’une étude explorant l’attitude des habitants des Etats-Unis face au contact tracing et au partage de dossiers médicaux, dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. L’étude se base sur une enquête menée par The Harris Poll pour Virtru en juillet et contient les réponses de plus de 2 000 citoyens américains, âgés de 18 ans et plus.

Au total, un peu plus de la moitié des personnes interrogées (52 %) se disent prêtes à partager leurs données de santé avec les agences gouvernementales, même au-delà de la Covid-19, si cela peut aider à lutter contre le coronavirus et améliorer la recherche médicale de manière plus générale. Si on leur donne le contrôle de l’accès à leurs propres informations et s’ils sont en mesure de bloquer l’accès ou de supprimer des données à tout moment, ce sont même 61 % des répondants qui se déclarent en faveur de ce système.

Toutefois, en ce qui concerne les informations recueillies par les applications de contact tracing, comme les données de localisation et d’utilisateur, 42 % des répondants ne sont pas confiants quant au respect de leur vie privée.

Finalement, c’est dans les applications de contact tracing fournis par des prestataires de santé ou des entreprises technologiques que la confiance est la plus grande, avec respectivement 34 % et 28 % des répondants qui déclarent avoir confiance.

La crainte d’une surveillance étatique

Cependant, 58 % des Américains interrogés ne sont pas confiants en ce qui concerne la sécurité et la confidentialité des applications venant de l’Etat ou des fournisseurs de technologies. L’idée d’une “surveillance d’Etat” est très présente, en raison des programmes américains de surveillance de masse comme la FISA, de la collecte de données en masse et des tentatives pour forcer les fournisseurs de technologie à installer délibérément des portes dérobées dans les services chiffrés.

Au total, 62 % des participants citent ces raisons comme obstacles potentiels à leur volonté de partager leurs données de santé au-delà des résultats de leur test de dépistage à la Covid-19 avec les organismes gouvernementaux. Dans l’ensemble, 31 % des personnes interrogées ajoutent que l’attitude du gouvernement en matière de surveillance a un « impact majeur » sur leur volonté de partager des informations médicales sensibles.

« Alors que nous continuons à lutter contre la pandémie, et à un moment où la confiance les uns envers les autres ainsi qu’envers les institutions est la plus cruciale, nous vivons dans un déficit massif de confiance », constate John Ackerly, PDG de Virtru. « Même si nous apprécions tous le confort que la technologie nous apporte, nos informations personnelles sont devenues un moteur économique et même une arme. Par conséquent, nous n’avons que très peu de contrôle sur elles. Ainsi, lorsqu’on nous demande de partager nos informations de santé les plus sensibles, il est compréhensible de craindre que les données soient utilisées et partagées au-delà de ce qui est demandé. »

Source : ZDNet.com

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