Coronavirus : “Wuhan est une ville de pestiférés”, raconte le correspondant de France 2 dans la ville chino… – franceinfo

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Arnauld Miguet, journaliste au bureau de France 2 à Pékin, a réussi à se rendre dans la mégalopole chinoise avant sa mise en quarantaine. Il raconte à franceinfo le quotidien des habitants.

Stations de métro fermées, barrages routiers, masques obligatoires… Les habitants de Wuhan vivent coupés du monde depuis que la métropole a été placée en quarantaine, jeudi 23 janvier, par le gouvernement chinois.

>> DIRECT. Après Wuhan, une deuxième mégalopole chinoise mise en quarantaine 

La cité de l’est de la Chine, huitième ville du pays avec 11 millions d’habitants, est considérée comme le berceau du coronavirus qui a déjà fait 17 morts sur au moins 570 personnes contaminées. Arnauld Miguet, le correspondant de France 2 à Pékin, se trouve sur place et raconte à franceinfo la vie en quarantaine.

franceinfo : Comment travaillent les journalistes à Wuhan ? Quelles précautions prenez-vous ? 

Arnauld Miguet : Il n’y a pas énormément de gens dans les rues et il y a peu de journalistes étrangers. Il est demandé à tout le monde de porter un masque. Si vous ne portez pas de masque dans la rue, les autorités ou les employés de la mairie viennent vous rappeler à l’ordre. Ça m’est arrivé pas plus tard que tout à l’heure.

Actuellement, il est impossible de quitter Wuhan. L’aéroport est fermé, tout comme les routes à la sortie de la ville. A la mi-journée, nous avons essayé de prendre la route de l’aéroport, mais au premier barrage, on nous a demandé de faire demi-tour. Les policiers, qui sont mobilisés pour mettre la ville en quarantaine, sont un peu nerveux. Alors que nous tentions de tourner des images de ces barrages, on nous a demandé de dégager. Nous avons eu le droit à un contrôle strict de passeport, de carte de presse, mais aussi de température. 

Comment les habitants réagissent-ils à ce placement en quarantaine ?

Pour beaucoup, la mesure est radicale. Wuhan est une ville de pestiférés, les habitants ont l’impression d’être des parias. Par conséquent, les gens sont tendus. D’autant plus que la fête du Nouvel An, qui doit commencer demain, va être complètement gâchée. Nombreux sont ceux qui ne pourront pas rejoindre leur famille.

Là, on sent que le niveau d’inquiétude des gens augmente. Ce matin, dans mon hôtel, on est venu me pointer un pistolet sur la tête sans me prévenir. C’était en fait un thermomètre. Et si j’avais eu de la fièvre, on m’aurait immédiatement mis en quarantaine dans un hôpital. Enfin, j’imagine, car pour le moment, les hôpitaux sont surchargés. 

Les habitants ne cèdent pas à la psychose ? 

Jusqu’à il y a peu, ils ne se faisaient pas vraiment de souci. Les premiers cas de maladie liés au coronavirus ont été décelés au mois de décembre et cela n’empêchait personne de dormir la nuit. Les gens ont conscience qu’il ne s’agit pas d’une maladie avec un haut taux de mortalité. La plupart des patients qui sont morts étaient âgés, affaiblis, ou déjà atteints d’une maladie. Nous avons rencontré une dame sur un marché où l’on vend toutes sortes de choses, similaire à celui d’où serait venu le virus. Elle nous a raconté qu’un jeune homme qui habite dans son immeuble avait été contaminé. Il a pourtant guéri et va mieux aujourd’hui. 

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