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Coronavirus : trois des auteurs de l’étude sur l’hydroxychloroquine du Lancet se rétractent – Le Parisien

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Nouveau coup de théâtre pour l’étude controversée sur l’hydroxychloroquinee publié par The Lancet. À leur demande, trois des quatre auteurs de l’article ont demandé sa rétractation, a annoncé ce jeudi soir la revue.

« Nous ne pouvons plus nous porter garant de la véracité des sources des données primaires », écrivent Mandeep Mehra, Frank Ruschitzka et Amit Patelles. En cause, le refus de Surgisphere de donner accès à la base de données collectées. Cette société a été fondée et est présidée par Sapan Desai, le quatrième auteur de l’article.

Contacté par Le Parisien ce jeudi soir, Mandeep R. Mehra, l’auteur principal, présente ses excuses. « Je n’ai pas fait assez pour m’assurer que la source de données était appropriée. J’ai toujours effectué mes recherches conformément aux plus hautes directives éthiques et professionnelles. Cependant, nous ne pouvons jamais oublier la responsabilité qui nous incombe en tant que chercheurs de veiller scrupuleusement à ce que nous nous appuyions sur des sources de données qui respectent nos normes élevées. Pour cela, et pour toutes les perturbations – directes et indirectes – je suis vraiment désolé ».

« Comme nous n’avons pas la possibilité de vérifier les données primaires ou la source des données primaires, je n’ai plus confiance dans l’origine et la véracité des données, ni dans les conclusions auxquelles elles ont donné lieu », nous explique-t-il.

Publiée le 22 mai, l’étude concluait que l’hydroxychloroquine n’est pas bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et peut même être néfaste. Sa parution avait eu un retentissement mondial et des répercussions spectaculaires, poussant notamment l’OMS (Organisation mondiale de la santé) à suspendre les essais cliniques sur l’hydroxychloroquine contre le Covid-19.

Mais finalement, après de nombreuses critiques mettant en cause la méthodologie de l’étude, y compris de la part de scientifiques sceptiques sur l’intérêt de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19, l’OMS a annoncé mercredi la reprise des essais cliniques avec cette molécule.

Surgisphere invoque des accords de confidentialité

Les critiques mettaient en particulier en cause les données sur lesquelles se fondait l’étude (96 000 patients hospitalisés entre décembre et avril dans 671 hôpitaux, récoltées) récoltées par Surgisphere. Mardi déjà, The Lancet avait émis des réserves sur l’étude sous la forme d’une « expression of concern » (« expression de préoccupation »), déclaration formelle employée par les revues scientifiques pour signifier qu’une étude pose potentiellement problème.

« Nous avons lancé une analyse indépendante de Surgisphere avec l’accord de Sapan Desai pour évaluer l’origine des éléments de la base de données, confirmer qu’elle était complète et répliquer les analyses présentées dans l’article », écrivent les trois autres auteurs dans le texte publié par le Lancet.

Mais Surgisphere ayant refusé de transférer la base de données en raison des accords de confidentialité avec ses clients (les hôpitaux à l’origine des données), les experts missionnés « n’ont pas pu conduire une revue indépendante et nous ont informés de leur retrait du processus d’évaluation par les pairs », ajoutent-ils.

Egalement contacté par Le Parisien, le Docteur Desai, patron de Surgisphere, ne « souhaite plus faire le moindre commentaire pour le moment », nous indiquent ses communicants.

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