Coronavirus : suivez au jour le jour l’évolution des indicateurs de l’épidémie en France – Les Échos

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Publié le 4 sept. 2020 à 13:01Mis à jour le 4 sept. 2020 à 13:07

La France est confrontée à une « recrudescence incontestable de l’épidémie » de Covid-19. Au cours d’une prise de parole sous forme d’avertissement, le 27 août dernier à Matignon, Jean Castex a martelé la nouvelle réalité sanitaire : « le virus progresse sur tout le territoire […] et c’est maintenant qu’il faut intervenir ».

En présence du ministre de la Santé, Olivier Véran, le Premier ministre a souligné que le pays n’était pas encore confronté à « une situation grave », mais que « la croissance de l’épidémie peut être exponentielle si on ne réagit pas rapidement ».

Qu’en est-il sur le terrain ? Nous avons compilé ici les principaux indicateurs, mis à jour quotidiennement, pour suivre au plus près la situation épidémique.

Une explosion du nombre de nouveaux cas

La progression « exponentielle » redoutée par Jean Castex est en fait déjà là selon Santé Publique France. Pour arriver à cette conclusion, l’instance s’appuie sur la nette hausse du nombre de cas positifs.

Alors que le nombre de nouveaux cas dépistés chaque jour était retombé sous la barre des 1.000 le 22 mai, il est reparti fortement à la hausse depuis la fin juillet. En un mois, du 24 juillet au 24 août, les tests positifs quotidiens ont été multipliés par plus de cinq, pour atteindre 6.880. La barre des 7.000 cas a quant à elle été franchie le 31 août, avec 7.340 tests positifs en 24 heures.

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A noter que les chiffres de Santé publique France diffèrent légèrement de ceux publiés chaque jour par la Direction générale de la Santé, en raison de divergences dans la méthode de décompte.

Ces données sont toutefois à tempérer, compte tenu de l’augmentation parallèle du nombre de tests effectués chaque jour. Pour gommer ce biais, il faut se pencher sur le taux de tests positifs. Celui-ci est également en augmentation, signe que la hausse quotidienne du nombre de nouveaux cas est supérieure à celle du nombre de tests réalisés. Tombé à 1,1 % début juillet, ce taux a nettement progressé et dépasse, depuis le 25 août, les 4 %.

Le taux d’incidence, qui rapporte le nombre de nouveaux cas à la population, a quant à lui explosé. Tombé à 4,3 cas pour 100.000 habitants le 16 juin, il est passé au-dessus du seuil de vigilance de 10 cas pour 100.000 le 27 juillet. Sa croissance s’est ensuite nettement accélérée. Un mois plus tard, le 27 août, il a dépassé le seuil d’alerte de 50 cas pour 100.000 habitants.

Certains départements sont nettement plus touchés que d’autres. Le taux d’incidence est ainsi supérieur à 100 cas pour 100.000 habitants dans plusieurs départements du sud-est et d’Île-de-France. La Gironde est elle aussi concernée.

Un impact encore limité mais réel à l’hôpital

Cette « recrudescence » de l’épidémie n’a pour l’instant pas eu de graves conséquences sur le nombre de patients dans les hôpitaux. Au 1er septembre, ceux-ci comptaient 4.586 malades du Covid pris en charge, dont 418 cas graves en soins intensifs ou en réanimation.

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Mais la tendance est tout de même inquiétante. Orienté à la baisse depuis la mi-avril, le nombre de nouvelles admissions quotidiennes a repris une lente progression depuis la fin juillet. A tel point que celles-ci sont désormais très régulièrement supérieures aux sorties, faisant petit à petit augmenter la tension sur les services hospitaliers.

Passées sous la barre des 150 par jour le 6 juin, les nouvelles admissions de patients ont repassé ce cap depuis le 10 août, celui des 200 par jour le 21, et celui des 300 le 1er septembre. Dans les services de réanimation, la progression est similaire. Au plus bas au début du mois de juillet, avec six jours consécutifs à moins de 10 patients pris en charge, les admissions quotidiennes dépassent régulièrement les 50 depuis le 1er septembre.

Il faut néanmoins remettre en perspective cette progression. Au plus fort de la première vague, il y a eu jusqu’à 4.281 patients admis à l’hôpital et 771 pris en charge en réanimation en une journée, le 1er avril.

Les niveaux actuels sont même encore en deçà de ceux constatés au début du déconfinement. Le 13 mai, deux jours après la levée de la majeure partie des restrictions de circulation, les hôpitaux français avaient fait entrer 543 malades et en avaient placé 69 en réanimation. La dynamique – décroissante en mai, croissante aujourd’hui – n’est toutefois plus la même.

C’est notamment pour cette raison que le Premier ministre a souligné que la situation n’était « pas grave », du moins, pas encore. Mais la première vague de l’épidémie a montré que la situation pouvait s’aggraver très rapidement.

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