Coronavirus. Sous pression, le gouvernement s’apprête à prolonger l’état d’urgence sanitaire – Ouest-France

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Le gouvernement s’apprête à entériner, samedi 2 mai, la prolongation pour deux mois de l’état d’urgence sanitaire contre le nouveau coronavirus. Mais il reste sous pression pour clarifier les modalités concrètes du déconfinement, notamment le casse-tête de réouverture d’écoles et la polémique sur la vente des masques.

Le Premier ministre Édouard Philippe entouré par les ministres Christophe Castaner (à gauche) et Olivier Véran (à droite), au ministère de l’Intérieur, le 29 avril 2020.
Le Premier ministre Édouard Philippe entouré par les ministres Christophe Castaner (à gauche) et Olivier Véran (à droite), au ministère de l’Intérieur, le 29 avril 2020. | LUDOVIC MARIN / AFP

  • Le Premier ministre Édouard Philippe entouré par les ministres Christophe Castaner (à gauche) et Olivier Véran (à droite), au ministère de l’Intérieur, le 29 avril 2020.
    Le Premier ministre Édouard Philippe entouré par les ministres Christophe Castaner (à gauche) et Olivier Véran (à droite), au ministère de l’Intérieur, le 29 avril 2020. | LUDOVIC MARIN / AFP
Après un 1er-Mai confiné pour cause du coronavirus, le Conseil des ministres se penche, ce samedi, sur le projet de loi prorogeant l’urgence sanitaire à compter du 24 mai. Son examen au Sénat est prévu dès lundi, avant qu’il ne soit transmis l’Assemblée nationale en vue d’une adoption définitive dans la semaine.

Le texte précise que la mise en quarantaine et le placement à l’isolement, afin de lutter contre la propagation du virus, pourront intervenir « lors de l’arrivée sur le territoire national ». Mais il y a encore beaucoup de flou autour des conditions du déconfinement prévu à partir du 11 mai : la carte provisoire classant les départements en vert, rouge ou orange selon l’état de l’épidémie et des services de réanimation a été corrigée une première fois à cause d’erreurs de comptage qui ont suscité la grogne des élus locaux.

La réouverture des écoles loin de faire l’unanimité

Autre sujet de préoccupation : la réouverture des écoles. La « majorité des écoles » maternelles et primaires seront au rendez-vous du 11 mai, a affirmé Jean-Michel Blanquer au journal Le Figaro, avec un maximum de 15 enfants par classe. Mais certains édiles ne veulent pas en entendre parler.

La maire de Nantes Johanna Rolland (PS) a prévenu qu’il ne serait « pas possible » que tous les enfants retournent à l’école le 11 mai et que la rentrée ne pourra être que « progressive ». Plusieurs maires de Seine-Saint-Denis ont aussi exprimé leur intention de ne pas rouvrir leurs établissements scolaires, inquiets de leur éventuelle responsabilité pénale en cas de contamination d’enfants, d’enseignants ou de personnels.

À Paris, la réouverture des écoles sera réservée, au moins dans un premier temps, « à un public prioritaire », c’est-à-dire aux enfants de certaines professions et aux élèves décrocheurs, a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’adjoint de la mairie en charge de l’éducation.

Pour accueillir des élèves, les écoles devront respecter un protocole sanitaire très strict, dont les grandes lignes ont été dévoilées jeudi : lavage de mains répétés, jeux proscrits, désinfection du matériel, sens de circulation marqué au sol… Un casse-tête pour les petites communes.

La chaotique distribution des masques

La vente des masques dont le port sera obligatoire dans les transports publics est également une source de tension en prévision du 11 mai. À dix jours du déconfinement, le gouvernement a décidé de plafonner le prix de vente des masques chirurgicaux à 95 centimes l’unité, mais pas celui des masques en tissu, en raison de la diversité des modèles et de leur provenance.

L’objectif est « qu’une offre abondante de masques lavables et réutilisables à filtration garantie soit mise à disposition du public à un coût de l’ordre de 20 à 30 centimes d’euros à l’usage », a précisé le ministère de l’Économie dans un communiqué.

Dans la grande distribution, les masques à usage unique seront vendus à partir du 4 mai « à prix coûtant » et les masques en tissu « entre deux et trois euros », a assuré sur Franceinfo Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), se défendant d’avoir des constitué des « stocks cachés ».

Car face au grand nombre de masques annoncés à la vente par les enseignes, les ordres des professions de santé, qui ont toujours du mal à s’en procurer ont exprimé leur « consternation », des critiques relayées par une partie de la classe politique, notamment le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, et celui du PS Olivier Faure. La sénatrice de Gironde Nathalie Delattre (Mouvement radical) a quant à elle demandé la constitution d’une commission d’enquête sur le sujet.

La menace d’une « deuxième vague »

Sur le plan économique, la crise sanitaire continue ses ravages : la SNCF a subi un manque à gagner de deux milliards d’euros du fait du virus, a annoncé son PDG Jean-Pierre Farandou, envisageant un plan d’aide de l’État et des suppressions de postes.

Des difficultés économiques qui pèsent en faveur du déconfinement même si les soignants s’inquiètent de la possibilité d’une deuxième vague : « Tout le monde est un peu préoccupé, l’hôpital a tenu la première fois mais si on devait avoir une deuxième vague on est morts », a prévenu sur Europe 1 Philippe-Gabriel Steg, cardiologue de l’hôpital Bichat.

Et pour la première fois en France, un chat a été testé positif au coronavirus, amenant l’École vétérinaire d’Alfort (ENVA) à recommander aux personnes malades une distanciation avec leurs animaux de compagnie. « À ce stade des connaissances scientifiques, il semble que les chats ne sont pas aisément infectés par le virus SRAS-CoV-2 même en contact avec des propriétaires infectés », indique toutefois l’ENVA, « avec seulement quatre chats naturellement infectés signalés dans le monde » jusqu’alors.

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