Coronavirus : Quels sont les « lieux publics clos » où les masques risquent de devenir obligatoires ? – 20 Minutes

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Illustration de l’obligation de porter le masque dans un centre commercial francilien. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
  • Dans son interview du 14 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron, a relancé le débat sur le port du masque obligatoire ou non.
  • Plusieurs indicateurs montrent que la circulation du virus tend à progresser en France.
  • La notion exacte de « lieux publics clos » doit être définie prochainement par le gouvernement.

« Je souhaite que, dans les prochaines semaines, on rende obligatoire le port du masque dans tous les lieux publics clos ». Dans son interview du 14 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron, a relancé le débat sur le port du masque dans un contexte où le coronavirus semble reprendre du poil de la bête. 20 Minutes décrypte les dessous de cette annonce.

Pourquoi vouloir renforcer le port du masque ?

Des médecins avaient fait cette même demande, dès samedi. En effet, plusieurs indicateurs montrent que la circulation du virus tend à progresser en France. Le nombre de cas de Covid-19 et de foyers d’épidémie (94 recensés en France) a augmenté ces derniers jours. Le taux de reproduction du Covid-19 (R0) est également repassé au-dessus de 1, au niveau national, avec des régions particulièrement marquées : les Pays-de-la-Loire, la Nouvelle-Aquitaine ou la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Par ailleurs, pour la première fois depuis la fin du confinement, le nombre de patients en réanimation ne baisse pratiquement plus. Lundi, la direction générale de la santé constatait seulement « 4 malades de Covid-19 en moins par rapport au vendredi ». Près de 500 cas graves restent encore en réanimation dans les hôpitaux.

Qu’est ce qu’un « lieu public clos » ?

« Il va y avoir un travail assez rapide de définition » pour savoir « de quels lieux publics on parle et de comment l’obligation s’applique », a assuré, mardi soir, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur BFMTV. En effet, la liste des établissements recevant du public est assez large : administrations, banques, centres commerciaux, cinémas, lieux de culte, établissements sportifs….

A moins que le gouvernement ne s’appuie tout simplement sur un arrêté signé par le préfet de Seine-Saint-Denis. Cet arrêté, pris la veille de l’intervention d’Emmanuel Macron, rend obligatoire le port du masque à Saint-Ouen, dans « tout établissement clos recevant du public, que son activité soit d’ordre administratif ou commercial ». Sont notamment concernés les « commerces », « mairie », « services publics », « parties communes des hôtels ».

Et dans les entreprises ?

La définition d’un établissement recevant du public exclut, de fait, les professionnels qui ne reçoivent pas de clients. En clair, les personnes qui travaillent en usine ou dans les bureaux seront donc sûrement exemptées de l’obligation de porter un masque puisqu’il ne s’agit pas de « lieux publics ». Mais pour les médecins signataires d’une seconde tribune, mise en ligne, dimanche, par Libération, il est « indispensable » que la mesure s’applique aussi « sur les lieux de travail », car « le virus ne connaît pas la subtilité des définitions administratives des lieux clos », estiment-ils, dans une réaction transmise à l’AFP, soulignant que selon Santé publique France, « les locaux professionnels représentent 25 % des foyers d’épidémie en cours d’investigation ».

Le masque reste fortement recommandé par les autorités sanitaires dans toutes les entreprises et, quoi qu’il en soit, le ministère du Travail précise que, pour l’instant, « le port d’un masque complète les gestes barrières, mais ne les remplace pas ».

Quelles seront les éventuelles sanctions ?

Qui dit obligation, dit sanction. En règle générale, le non-respect d’une réglementation peut faire l’objet d’une contravention. Mais laquelle ? Dans les transports en commun, ceux qui refusent de porter un masque risquent une amende de 135 euros. Elle pourrait être identique dans les « lieux publics clos ». En Belgique, cette contravention atteint 250 euros, selon la RTBF. En Angleterre, faire ses courses à visage découvert sera sanctionné d’une amende pouvant aller jusqu’à 100 livres sterling (soit environ 110 euros), selon France Télévisions.

Comment font les autres pays ?

En Europe, chaque pays fait un peu à sa sauce, selon le contexte sanitaire. Parmi les nations qui imposent déjà le port du masque dans les « espaces publics clos », on trouve, par exemple, certaines régions d’Espagne, la Belgique, l’Allemagne (tous les Länder l’ont adopté depuis fin avril), l’Italie, le Portugal, la Roumanie ou encore la Slovaquie, selon le site de l’Union européenne. En Angleterre, le port du masque a été rendu obligatoire dans les magasins à partir du 24 juillet. A contrario, le Danemark est le seul pays européen où le port du masque n’est pas préconisé. Les autorités envisagent simplement « la possibilité de recommander l’utilisation de masques faciaux dans certaines situations si d’autres précautions ne peuvent être prises ».

Le port du masque est-il toujours aussi controversé ?

Il est vrai qu’en France, les règles concernant le port du masque sont à géométrie variable depuis le début de la crise sanitaire. D’abord déconseillé, il a fini par être obligatoire dans les transports en commun et certains commerces comme les restaurants ou les cinémas lorsqu’on circule. Il a fallu, début juin, une étude d’une chercheuse américaine de l’institut de technologie du Massachusetts (MIT) pour découvrir que la distanciation sociale d’un mètre était insuffisante pour se protéger du virus. En toussant ou en éternuant, les gouttelettes de salive peuvent ainsi atteindre 6 à 8 mètres. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande donc désormais le port du masque, après être longtemps restée partagée sur le sujet.

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