Coronavirus: pourquoi un durcissement des mesures de confinement semble inévitable – BFMTV.COM

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L’Hexagone est entré dans son septième jour de confinement. Et tout porte à croire que les mesures drastiques annoncées lundi dernier par Emmanuel Macron devraient être renforcées. Le conseil scientifique dédié à la lutte contre le nouveau coronavirus devrait rendre un avis sous peu sur la question, sans que l’on ne sache précisément quand. 

“Contrairement à l’information qui circule depuis hier (dimanche, NDLR), le conseil scientifique ne se réunit pas aujourd’hui à l’Elysée”, a démenti le palais présidentiel à BFMTV, sans donner de date précise quant à la tenue prochaine de ladite réunion.

L’appel des médecins hospitaliers

D’ores et déjà, et alors qu’un médecin hospitalier de 67 ans atteint du Covid-19 est mort dimanche à Compiègne (Oise), première victime parmi les soignants, le monde médical réclame l’application de mesures plus strictes de confinement pour endiguer l’épidémie. “Nous aider, c’est respecter strictement le confinement”, exhortent des médecins hospitaliers dans un manifeste adressé à Emmanuel Macron et relayé par Le Parisien. Un souhait que l’on retrouve au sein de la classe politique. 

“Nous demandons, comme de nombreux maires, une meilleure application des mesures de confinement”, plaidait ce lundi matin Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo, sur BFMTV.

Initialement, Emmanuel Macron avait évoqué des mesures de confinement prises pour quinze jours, soit jusqu’à la fin du mois de mars. Un allongement paraît “probable”, a admis dimanche sur LCI Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement.

Dimanche toujours, le Conseil d’Etat a rejeté l’hypothèse d’un “confinement total” mais a enjoint le gouvernement de préciser “le degré d’urgence” des motifs de santé justifiant une sortie du domicile. La juridiction administrative suprême a également estimé que l’autorisation de pratiques sportives individuelles, comme le jogging, était “trop large”.

Des couvre-feux instaurés localement

“On ne prend pas des décisions sanitaires en fonction de l’économie. Nous souhaitons d’abord protéger la population et le gouvernement suivra l’avis du comité scientifique”, a assuré ce lundi le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin sur Radio Classique.

Localement, des initiatives instaurant des couvre-feux ont été prises, comme à Mulhouse (Haut-Rhin), Colombes (Hauts-de-Seine), Nice (Alpes-Maritimes) Charleville-Mézières (Ardennes) ou encore Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Au gouvernement, personne ne contredit la plus que probable prolongation du confinement. “Il me semble qu’on y va tout droit”, a confié un ministre au Parisien. “C’est absolument certain”, renchérit un autre membre de l’exécutif auprès du quotidien. Le gouvernement n’est d’ailleurs pas épargné par la contagion du virus: Emmanuelle Wargon, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé dimanche avoir été “diagnostiquée” positive au coronavirus. Elle est la troisième membre du gouvernement à l’être, après Franck Riester et Brune Poirson.

“Faire face et résister à cette crise”

Emmanuel Macron s’entretenait ce lundi matin à 10 heures par audioconférence avec “les autorités morales et religieuses” du pays. Signe avant-coureur d’un prolongement du confinement? Le dialogue par appareils interposés devait porter sur “la cohésion morale du pays face à la crise”, intégrant les représentants des cultes, des francs-maçons et d’associations laïques, a indiqué l’Elysée à l’Agence France-Presse (AFP). “Cet échange portera sur la manière dont les Français peuvent faire face et résister à cette crise qui ne fait que commencer”, a ajouté le palais présidentiel. 

“Deux semaines (de confinement, NDLR), c’est une durée minimale, jamais nous n’avons donné de durée maximale”, a prévenu dimanche Olivier Véran, invité du Grand Jury sur RTL. Et bien que le conseil scientifique n’a “pas vocation à servir d’autorité”, “jusqu’à présent il n’y a jamais eu de divergence”, a glissé le ministre de la Santé sans faire de mystère.

L’état d’urgence sanitaire inscrit dans la loi

Le projet de loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid-19, incluant la mise en place d’un “état d’urgence sanitaire”, a été voté dans la nuit de samedi à dimanche. Un texte qui autorise le gouvernement à “aller loin pendant deux mois”, notait ce lundi matin notre éditorialiste politique Christophe Barbier. “La loi décrète l’état d’urgence sanitaire pour deux mois. Ensuite un décret pour aller de mois en mois, avec renouvellement par la loi”. Ce qui permet d’être “confiné de manière drastique”, comme “une forme d’assignation à résidence”, a-t-il poursuivi.

Renforcement de la coercition

Depuis mardi 17 mars à midi et le début du confinement, les forces de l’ordre ont relevé 91.824 infractions aux restrictions à la liberté d’aller et venir, a indiqué le directeur général de la sécurité civile et de la gestion de crise Alain Thirion, dimanche soir. En cas de récidive, le non-respect des mesures de confinement devient un délit, a par ailleurs annoncé l’ancien préfet.

A ce jour, au moins 674 sont mortes du Covid-19 en France et quelque 16.018 cas de contamination étaient relevés dimanche soir. “La situation va continuer de s’aggraver ces prochains jours avant que les effets d’un confinement strict ne fasse ralentir l’épidémie”, s’est alarmé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon, dimanche, comme un écho aux mots d’Emmanuel Macron dans le Journal du dimanche: “La vague est là.” Et seul l’allongement du confinement semble être à même de parvenir à la contenir.

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