Coronavirus : pourquoi le taux de mortalité est si élevé en Belgique – Le Parisien

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Voilà une position de leader mondial dont la Belgique se serait bien passée. Avec 313 nouveaux décès enregistrés en 24 heures, le pays recense désormais 5163 décès liés au coronavirus.

Si l’on prend en compte le nombre de morts par million d’habitants, la Belgique (445) arrive ainsi en tête d’un triste classement où seuls les micro-Etats de San Marin et Andorre – mais avec moins de 40 morts chacun – la devancent.

Avec ses 11,5 millions d’habitants, elle dépasse largement ses voisins britannique (215) et français (274) mais aussi désormais l’Espagne (413) et les Etats-Unis (105).

Un recensement exhaustif

L’exposition du pays est désormais telle que la Première ministre, Sophie Wilmès, a dû s’en expliquer mercredi soir, à l’issue d’une nouvelle réunion de crise consacrée à la pandémie. La Belgique, a-t-elle dit, « a fait le choix de la plus grande transparence dans la communication des décès liés au Covid-19, quitte à intégrer des chiffres parfois surévalués ».

Concrètement, les autorités sanitaires ajoutent aux décès à l’hôpital ceux survenus dans les maisons de retraite où le virus fait des ravages. Sur les 5163 morts, un peu plus de la moitié (2586) y ont ainsi été recensés.

Coronavirus : pourquoi le taux de mortalité est si élevé en Belgique

En outre, dans ces établissements (environ 1500 dans le pays), le recensement est exhaustif puisque sont comptabilisés les décès soupçonnés d’être liés au coronavirus sans que cela ait été nécessairement prouvé par un test, ce qui n’est pas le choix d’autres pays européens.

« Tout le monde triche, sauf la Belgique »

« En Europe, aucun pays ne compte comme les autres, a affirmé jeudi la ministre de la Santé, Maggie De Block. Chez nous, on a la manière la plus détaillée. »

« Tout le monde triche, sauf la Belgique, a déploré sur RTL Henri Lewalle, artisan de nombreuses coopérations sanitaires transfrontalières. En Belgique, tout ce qui est suspect est considéré comme lié au coronavirus. Les Hollandais, par exemple, sont de gros menteurs. Si on analyse leurs chiffres, qui ne tiennent pas compte des morts en maisons de retraite, ils ne sont pas meilleurs que les nôtres. »

Cette large comptabilisation belge « est nécessaire », a plaidé le Dr Emmanuel André, un des porte-parole des autorités sanitaires. Selon ce virologue, « c’est la bonne pratique de prendre en compte les cas suspects » pour surveiller une épidémie. Les décès liés au Covid-19 confirmés par un test positif étaient pourtant jusqu’à présent très minoritaires dans les maisons de retraite (autour de 5 %). D’après le Dr André, la multiplication des dépistages va faire bondir la proportion dans les jours à venir. Cela permettra de mieux mesurer la présence du virus.

« Le véritable enjeu, ce sont nos services de santé »

Le pays, où le confinement a été prolongé jusqu’au 3 mai, compte, au 17 avril, 36 138 cas confirmés par un test jusqu’à présent : 21 085 (58 %) en Flandre, 10 909 (30 %) en Wallonie, et 3611 (10 %) à Bruxelles. 5161 malades du virus sont toujours hospitalisés dont 1140 en soins intensifs, des chiffres en baisse cependant.

« Ce qui compte, au final, c’est de savoir si on est capable de gérer une épidémie, conclut Henri Lewalle. Chaque pays joue à être le plus beau en présentant les chiffres à sa façon. Mais le véritable enjeu, ce sont nos services de santé, et on voit bien que la mondialisation les a privés de nombreux équipements indispensables dans une situation d’épidémie. »

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