Coronavirus: pourquoi la situation dans les hôpitaux des Bouches-du-Rhône inquiète – BFMTV

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Le département, placé en vulnérabilité élevée en raison de la forte circulation du virus, fait face à une tension hospitalière sur les capacités de réanimation.

Trois. Il ne reste plus que 3 lits de réanimation Covid-19 disponibles dans les Bouches-du-Rhône. Selon l’ARS de Provence-Alpes-Côte d’Azur, 261 patients sont actuellement hospitalisés pour cause de Covid dans les Bouches-du-Rhône. Et sur les 70 lits en réanimation dédiés aux patients atteints par le coronavirus, 67 sont actuellement occupés, principalement à Marseille.

“Sur 300 lits de réanimation dans les Bouches-du-Rhône, plus de 60 patients sont atteints du Covid-19. Leur nombre a doublé en une semaine”, observe le Pr Laurent Papazian, chef de la réanimation de l’hôpital Nord à Marseille.

Des capacités hospitalières encore suffisantes mais revues à la baisse par rapport au printemps dernier. Selon l’ARS PACA, la capacité initiale en réanimation de 249 lits était passée à 573 lits lors du pic de la crise sanitaire en avril dernier.

La difficile équation avec les patients non Covid-19

La prise en charge de nouveaux patients atteints par le coronavirus est à conjuguer avec celle des patients en réanimation pour d’autres pathologies. “C’est la difficulté dans laquelle nous nous trouvons actuellement”, confie le médecin.

Là est la différence majeure par rapport aux mois de mars et avril derniers où le confinement avait entraîné une chute considérable des hospitalisations non liées au coronavirus. L’activité non-Covid occupe aujourd’hui une place très importante pour les hôpitaux des Bouches-du-Rhône.

“Nous rattrapons actuellement tous les malades qui n’ont pas pu être traités durant le confinement”, explique le président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HM Dominique Rossi. “Les autres lits en réanimation sont pleins mais de malades non atteints par le coronavirus”, constate Dominique Rossi.

Les personnes à risque désormais touchées

Si les hôpitaux du département ne sont encore saturés, la hausse des contaminations n’est plus uniquement obsevée auprès des plus jeunes, mais également chez les populations les plus à risque.

“Sur les patients en réanimation, ils sont les mêmes qu’au printemps. La majorité d’entre eux a plus de 65 ans mais on a également des trentenaires et des quadragénaires qui ont comme seul facteur de risque le fait d’être un petit peu enrobé. Nous en avons un d’une trentaine d’année qui est juste en surpoids et qui n’a aucun autre antécédent”, constate le Pr Laurent Papazian à l’hôpital Nord à Marseille.

Dimanche, l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille a relayé le message de son directeur médical de crise, le Pr Hervé Chambost, qui tire la sonnette d’alarme.

“L’idée d’une maladie moins agressive parce qu’elle touchait des tranches d’âge plus jeunes en début d’été ne se confirme pas au vu de la réalité des courbes d’hospitalisations dans le département”, écrit le médecin sur Facebook.

“Pendant longtemps on a dit qu’il y avait une reprise de la circulation virale mais sans patients dans les hôpitaux”, analyse l’épidémiologiste Martin Blachier sur BFMTV, “au bout d’un moment lorsque la circulation virale est trop importante on atteint un seuil qui fait que des patients arrivent à l’hôpital et en réanimation”.

Pour cause: le taux d’incidence dans les Bouches-du-Rhône est de 179 cas positifs pour 100.000 habitants, c’est 3 fois plus que la moyenne nationale.

Appel à la vigilance

“Sur Marseille on ne peut que constater un relâchement des mesures barrières mais peut-être aussi que cela est lié à un manque d’information de la population”, constate le Pr Laurent Papazian.

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Le médecin appelle par conséquent à la vigilance et au respect des mesures sanitaires prises pour canaliser la circulation du virus et éviter d’avoir recours à la déprogrammation ou le transfert de patients dans d’autres régions où les hôpitaux sont moins confrontés à la recrudescence de l’épidémie.

“Il nous reste une toute petite marge de manoeuvre, on maîtrise parfaitement les choses mais cela change de jour en jour. Si on dépasse le seuil de 75-80 lits en réanimation pour les patients Covid-19, on rentrera dans une autre phase où il faudra consacrer encore plus de lits à ces malades, au détriment d’autres pathologies”, prévient le Pr Dominique Rossi. “Cela monte lentement et sûrement, et on en a pour plusieurs mois”.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV

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