Coronavirus : où en est la situation en France à une semaine du déconfinement ? – LaDepeche.fr

l’essentiel A sept jours du début du déconfinement, les Français sont pressés de pouvoir à nouveau retrouver un peu de libertés. Mais où en sommes-nous dans la lutte contre la propagation du Covid-19 ? D’importantes questions et inquiétudes subsistent. Un flou qui pourrait même remettre en question la date du 11 mai.

Dans une interview parue samedi 2 mai dans Le Parisien, le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, l’a évoqué brièvement : la date du 11 mai pourrait être remise en question si certaines consignes ne sont pas respectées ou tout simplement si l’épidémie repart à la hausse. À une semaine de la date fatidique, où en est-on de l’épidémie en France ?

  • Des chiffres en baisse côté sanitaire

Une première embellie semble se confirmer concernant la progression du coronavirus. En effet, si l’on prend en compte les chiffres dévoilés ce dimanche par le ministère de la Santé, le coronavirus a causé 135 décès supplémentaires en 24 heures en France, soit un total de 24 895 décès depuis le 1er mars, a indiqué ce dimanche la Direction générale de la santé. La pression sur les services de réanimation s’allège légèrement, avec 8 patients Covid-19 en moins, mais le nombre total de malades hospitalisés dans ces services reste supérieur aux capacités initiales, selon un communiqué. 

Certes les chiffres du Covid-19 semblent meilleurs mais Olivier Véran s’inquiète d’un probable retour de l’épidémie en France : “Le fameux R0 – le facteur de reproduction du virus – qui était descendu à 0,5 est aujourd’hui remonté à 0,6, s’inquiète le ministre. C’est le signe d’un certain relâchement, même si en l’état l’épidémie reste en déclin, puisque 0,6, cela signifie que 10 malades ne contaminent que 6 malades la semaine suivante. En Allemagne, il a été réévalué entre 0,9 et 1 à la suite du début du déconfinement.”

  • Des départements loins d’être tous en vert

En vue du déconfinement, le gouvernement a instauré une sorte de “météo” de la circulation du virus par département. À l’aide, d’une carte, les départements sont classés à l’aide de deux indicateurs en rouge, orange ou vert. Vert étant la couleur montrant que le virus circule peu. La première carte dévoilée a provoqué un tollé notamment dans la région Occitanie avec le placement en rouge du Lot et en orange du Gers. Dès le lendemain, les Lotois ont vu leur département repassé en vert. Selon les premières explications, une surévaluation des passages aux urgences est à l’origine de l’erreur. Le département de la Haute-Corse a également fait l’objet d’une erreur.

Cette carte sera arrêtée le 7 mai et déterminera, si le département est vert ou rouge, ce qu’il sera possible de faire après le déconfinement. Ce dimanche, toute l’Occitanie est passée en vert, y compris le Gers. La région Grand Est et l’Ile de France sont elles, continuellement en rouge depuis le 30 avril.

La carte du déconfinement au 3 mai 2020.
La carte du déconfinement au 3 mai 2020.
  • Des mesures axées sur “l’esprit de responsabilité”

Le gouvernement a tenu à rappeler qu’il ne fallait pas relâcher les efforts. Pour ce faire, un projet de loi permettant de prolonger l’état d’urgence sanitaire a ainsi été présenté ce samedi. Parmi les mesures, le gouvernement a notamment rendu obligatoire une “quatorzaine” pour les personnes arrivant sur le territoire national, dont les conditions de mise en œuvre doivent être arrêtées dans les jours à venir, et un isolement si elles sont malades.

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En revanche, pour les personnes testées positives qui se trouvent déjà sur le territoire, le gouvernement “n’a pas pris de dispositif législatif pour imposer l’isolement”, a détaillé le ministre de la Santé Olivier Véran, comptant sur “l’esprit de responsabilité des Français”.

  • Un monde scolaire en ébullition

Le gouvernement fait également face ces dernières semaines à plusieurs polémiques. La plus pressante concerne le retour à l’école des enfants à compter du 11 mai. Selon le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer la “majorité des écoles” maternelles et primaires seront au rendez-vous du 11 mai avec un maximum de 15 enfants par classe. Et pour les accueillir, les écoles devront respecter un protocole sanitaire très strict : lavage de mains répété, jeux proscrits, désinfection du matériel, sens de circulation marqué au sol…

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Des dispositions qui ont provoqué une levée de boucliers du côté des enseignants. Certains, comme dans l’Essonne, ont même déposé un préavis de grève. Des maires ont également assuré qu’ils ne rouvriraient pas les établissements scolaires le 11 mai. À Nantes, la maire Johanna Rolland a d’ores et déjà prévenu qu’il ne serait “pas possible” que tous les enfants retournent à l’école le 11 mai.

  • Des millions de masques dans les grandes surfaces

L’autre controverse qui couve concerne la vente de masques par les grandes surfaces. Alors que le personnel soignant a compté ses masques pendant des semaines, l’arrivée soudaine de millions de masques dans la grande distribution fait grincer des dents.

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Jeudi, sept ordres des professions de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens, sages-femmes, kinés, podologues et dentistes) ont jugé ces chiffres “sidérants”. “Toute guerre a ses profiteurs. C’est malheureusement une loi intangible de nos conflits”, affirmait le communiqué. Reste qu’à partir de ce lundi 4 mai, les enseignes de la grande distribution peuvent mettre en vente des millions de masques grand public contre le coronavirus.

  • 50 000 tests par jour et bientôt 10 fois plus

Le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré que l’objectif est de pouvoir “réaliser au moins 500 000 à 700 000 tests par semaine”. Aujourd’hui plus de 50.000 tests sont réalisés par jour. L’objectif des autorités est de pouvoir tester toutes les personnes présentant des symptômes ainsi que celles ayant été en contact rapproché avec des cas confirmés de coronavirus. En revanche, tester l’ensemble des Français serait “impossible” et “n’a pas de sens au niveau médical”, a-t-il répété, alors que certaines entreprises entendent dépister leurs salariés.

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