Coronavirus : nouveaux clusters et taux de reproduction en hausse, quelle est la situation en France ? – Le Figaro

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«La France est prête [à faire face] à une seconde vague», a annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du 14 juillet. La deuxième vague est-elle déjà à nos portes ? «Les François doivent rester prudents et responsables», répond le ministre de la Santé, interrogé le 16 juillet sur France Inter. Depuis plusieurs jours, des signes alertent les scientifiques. L’épidémie a pour l’instant fait plus de 30.000 victimes et contaminé au moins 170.000 personnes.

Le mercredi 15 juillet, 6915 personnes étaient encore hospitalisées pour une infection Covid-19 et 133 nouvelles admissions ont été enregistrées. Même si le nombre de malades graves en réanimation diminue, le virus circule toujours. Depuis le 9 mai, 482 clusters ont été recensés dont huit nouveaux apparus ces dernières 24h et 104 encore en activité.

Les premiers signes d’alerte

Dans son bilan journalier du 15 juillet, Santé Publique France avertit sur le taux de reproduction du virus pour la première fois supérieur à 1. Que cela signifie-t-il ? Pour la première fois depuis le déconfinement sur tout le territoire, une personne contaminée en infecte plus d’une.

Chaque région est suivie de près par les agences régionales de santé qui comptabilisent le nombre de cas déclarés, les hospitalisations et les actes médicaux réalisés. Depuis quelques jours, ces derniers connaissent une légère hausse. Le nombre de patients hospitalisés reste quant à lui en baisse avec 6915 personnes à l’hôpital le 15 juillet.

Quatre régions recueillent au 15 juillet, 71% des patients hospitalisés en réanimation : l’Île-de-France, le Grand Est, les Hauts-de-France et la Guyane. Dans cette dernière, «la circulation du virus reste préoccupante», souligne la Direction Générale de la Santé (DGS). D’autres territoires comme la Mayenne, la Gironde ou la région PACA présentent des signes inquiétants et sont observés à la loupe par les scientifiques.

En Mayenne, «une situation problématique»

«En Mayenne, la situation est problématique», s’est inquiété Olivier Véran sur France Inter ce 16 juillet. Quelques jours auparavant, les élus du département se sont mobilisés pour demander le port du masque obligatoire dans tous les lieux publics clos pour limiter la propagation du virus.

Proposition acceptée par le préfet qui a annoncé le 16 juillet le port du masque obligatoire dans six communes de la région.

Le même jour, le gouvernement s’est engagé à le rendre obligatoire dans tous les lieux publics fermés notamment dans les commerces sur tout le territoire «dès la semaine prochaine».

La Mayenne, qui compte plusieurs foyers de Covid-19, a dépassé légèrement le seuil d’alerte avec 50,1 nouveaux cas pour 100.000 habitants détectés en sept jours, selon l’agence sanitaire Santé publique France.

Une situation suivie de très près par les autorités sanitaires. «Il y a des groupes de patients identifiés, des chaînes de contamination qui sont traquées», a développé Olivier Véran. La plupart des cas se trouvent dans des «lieux clos ou confinés dans lesquels on sait identifier les personnes qui sont malades», mais «il y a aussi du virus qui circule sur le territoire». «C’est pourquoi nous augmentons massivement la capacité de tests sur place», avec à Laval quatre «drive tests» accessibles à tous «même sans ordonnance», a souligné le ministre.

Le président de l’ARS des Pays de la Loire a révélé le 16 juillet qu’une campagne massive de dépistage avait été menée. 3700 tests ont été réalisés dans les quatre centres de dépistage à Laval et L’Huisserie pour «casser les chaînes de transmission interpersonnelles». Les résultats ne sont pas encore connus mais le président a tenu à préciser que cette campagne est «considérable» et qu’elle va s’intensifier. Sur la situation dans les hôpitaux de la région, le président a été rassurant «Les hôpitaux mayennais ne sont pas saturés», même s’il faut «rester vigilants».

Nouvelle-Aquitaine et PACA : ces régions qui virent au rouge

D’autres régions restent en alerte face à des signes de reprise de l’épidémie. Peu touchée au mois de mars, la Nouvelle-Aquitaine voit ses voyants d’alerte (nombre de contaminations et patients hospitalisés, appels à SOS Médecins) s’allumer un par un. L’Agence régionale de Santé qualifie l’évolution dans la région «d’inquiétante». Elle appelle les habitants à «se ressaisir et appliquer rigoureusement les gestes barrières». En cinq jours, le nombre de clusters recensés est passé de trois à dix dont un dans un Ehpad en Dordogne. Les autres sont nés à la suite d’événements festifs ou familiaux. La Gironde est le département le plus touché, Santé publique France établit la «vulnérabilité» de «modérée». «Il s’agit là d’un signal d’alerte démontrant que la situation peut évoluer très rapidement» dans ce département, insiste l’ARS.

Marseille et sa région s’inquiètent face à «un petit frémissement de l’augmentation des cas sur l’ensemble du territoire», a révélé sur BFMTV Annie Levy-Mozziconacci, médecin à l’hôpital Nord. Face à une crainte d’un bondissement des contaminations avec la période estivale, le directeur général de l’ARS PACA appelle lui aussi les citoyens à intensifier les efforts et «respecter les gestes de protection» pour «éviter une deuxième vague».

L’inquiétude monte légèrement à Paris

Des «signaux faibles de reprise épidémique» de l’épidémie de Covid-19 sont signalés dans des hôpitaux parisiens, a averti ce 16 juillet le ministre de la Santé Olivier Véran sur France Inter, en appelant à la «vigilance» des Français. Ces indicateurs ne sont «pas inquiétants mais d’attention particulière». Pour maintenir cette progression de l’épidémie, le ministre a demandé aux Français de rester responsables et vigilants. De plus, les Franciliens pourront se faire tester plus facilement et rapidement grâce à un envoi de «1,5 million d’ordonnances de diagnostic».

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