Coronavirus : Marisol Touraine et Roselyne Bachelot entendues à leur tour pour leur gestion des masques – 20 Minutes

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Des masques seront distribués gratuitement dans les transports lillois (illustration). — M.Libert / 20 Minutes

Mardi, durant quatre longues heures, Agnès Buzyn, a répondu à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise du nouveau coronavirus.

L’ancienne ministre de la Santé a défendu son bilan, indiquant qu’elle avait intuité l’arrivée de la pandémie et préparé le système de santé à son arrivée. Hormis sur la question des masques, dont les stocks étaient insuffisants et périmés à son arrivée au ministère a-t-elle relevé.

Une question qui ne manquera pas d’être à nouveau abordée ce mercredi après-midi lors de l’audition de deux anciennes ministres de la Santé, Marisol Touraine et Roselyne Bachelot.

Les députés vont mettre sur le gril les deux anciennes membres du gouvernement, de 2012 à 2017 pour Marisol Touraine et 2007 à 2010 pour Roselyne Bachelot, afin de savoir comment la France a pu laisser fondre son stock stratégique de masques.

En 2011, un milliard de masques en stock

A la sortie de la pandémie de grippe H1N1, en 2011, ils étaient garnis, la France comptait près de un milliard de masques chirurgicaux et plus de 700 millions de modèles FFP2, plus protecteurs.

Les entreposer à un coût, ce qui avait valu de nombreuses critiques à Roselyne Bachelot à qui l’on venait déjà de reprocher une commande trop importante de vaccins, six des 94 millions de doses ayant été utilisées.

Mais le trop est loin d’être l’ennemi du bien si l’on en croit ce que l’on vient de vivre, le principe de précaution étant désormais de mise.

« J’ai du mal à considérer cela comme une revanche. Une revanche, c’est quelque chose de joyeux et je ne suis pas joyeuse. Je savais qu’on me rendrait justice et je pensais qu’on me rendrait justice après ma mort. Coup de bol : je n’ai attendu que dix ans », avait déclaré en avril l’ancienne ministre de la Santé des gouvernements Fillon.

En 2013, alors que Marisol Touraine est en poste, un changement de doctrine est acté. Les stocks de masques sont gérés avec une logique de flux et l’idée de s’appuyer sur les importations chinoises et les capacités de production françaises pour reconstituer ces stocks en cas de crise.

Deux ans plus tard, un rapport du sénateur Francis Delattre met en garde sur la baisse des stocks. Cinq ans plus tard, ils ont fondu. Lorsque le nouveau coronavirus commence à se propager, l’Etat ne dispose d’aucune réserve en FFP2 et de seulement 117 millions de masques chirurgicaux adultes et de 40 millions pour enfants.

Jeudi, c’est un autre ministre de la Santé qui sera auditionné. Xavier Bertrand, qui a occupé le poste de 2005 à 2007 sous le gouvernement de Villepin puis de 2010 à 2012, devra s’expliquer sur sa propre gestion des stocks.

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