Coronavirus : l’opposition accepte l’union nationale mais critique Emmanuel Macron – Le Monde

Spread the love

L’union sacrée, mais. Après l’allocution du président de la République, jeudi 12 mars, l’opposition navigue entre discours d’unité et apostilles critiques. Les élus sont nombreux à défiler au sein de chaque parti pour saluer les mesures annoncées au sommet de l’Etat, en pleine crise du coronavirus. Avant d’y lire chacun, de droite à gauche, la validation de leur propre programme politique.

« J’ai trouvé le président de la République à la hauteur de sa fonction », a ainsi validé Damien Abad, le président du groupe Les Républicains de l’Assemblée nationale. Pour autant, chez LR, on prévient : « L’unité n’abolit pas l’exigence que nous portons pour les Français. » Et le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti de préciser qu’il « regrette néanmoins l’absence de mesures imminentes à la frontière italienne ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Municipales : après avoir envisagé leur report, Emmanuel Macron maintient finalement les élections

L’extrême droite acquiesce, applaudissant ce qu’elle nomme les « revirements spectaculaires » du chef de l’Etat sur la fermeture des frontières, tout en estimant qu’il ne va pas assez loin. « Emmanuel Macron a le plus grand mal à se départir de son idéologie antinationale », a tancé Marine Le Pen sur BFM-TV, jugeant « insensé » qu’il appelle à « éviter le repli nationaliste » : « Un des premiers moyens de freiner l’épidémie était évidemment d’effectuer un contrôle aux frontières, qu’Emmanuel Macron se refuse à faire pour des raisons quasiment religieuses, tout en disant lui-même qu’il va peut-être être obligé de le faire. On est face à une énième incohérence du gouvernement dans cette crise. » Son ancien allié d’entre-deux-tours lors de la présidentielle de 2017 partage son analyse. « L’union nationale, oui, mais avec des actes concrets et efficaces », résume Nicolas Dupont-Aignan dans un communiqué appelant notamment à « généraliser les tests de dépistage » et… à « contrôler nos frontières ».

PCF et EELV attendent des preuves du virage social

A l’opposé du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon a réagi avec solennité à l’intervention d’Emmanuel Macron, affirmant que le moment « n’est pas à la polémique » mais « à l’entraide » : « Le devoir personnel conduit à cette cohésion et le devoir politique de même. » Mais le chef de file de La France insoumise n’a pas manqué d’y voir une défaite, celle du « libéralisme » et de la politique menée par le gouvernement macroniste. « Il aura fallu une crise mondiale pour que le président de la République se rende compte qu’un monde et un modèle de monde est mort, pour qu’il comprenne que le soin dû à tous est une priorité, pour qu’il donne des consignes à la Banque centrale européenne et qu’il renonce aux règles budgétaires dont il nous avait accablés », a-t-il asséné.

Leave a Reply