Coronavirus. L’Italie, pays le plus touché en Europe, prend des mesures drastiques – Ouest-France

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Bars, écoles, églises, stades… Tous ces lieux sont désormais fermés pour une semaine, dans une dizaine de villes du nord de l’Italie. Les autorités viennent d’annoncer un second décès lié à l’épidémie de coronavirus. Le pays est désormais le plus touché en Europe.

Dans les rues de Codogno, ce samedi 22 février. | FLAVIO LO SCALZO / REUTERS

  • Dans les rues de Codogno, ce samedi 22 février.
    Dans les rues de Codogno, ce samedi 22 février. | FLAVIO LO SCALZO / REUTERS
L’Italie est le premier pays européen à enregistrer des cas mortels de coronavirus parmi ses ressortissants, avec un deuxième décès annoncé samedi. Au total, l’Italie compte désormais au moins 30 cas de contamination dont au moins 16 en Lombardie autour d’un foyer identifié à Codogno, à 60 km de Milan, venus s’ajouter aux trois premiers cas soignés à Rome. C’est désormais le pays le plus touché en Europe par l’épidémie de pneumonie virale qui a démarré en Chine en décembre.

Les deux premiers cas mortels de ressortissants italiens – et européens – sont une femme de 77 ans, habitant dans la zone de Codogno, en Lombardie, et un maçon retraité de 78 ans résidant d’un petit village de Vénétie.

Attilio Fontana, le président de Lombardie, a annoncé samedi 39 cas dans sa région et précisé lors d’une conférence de presse être « en attente d’une décision du gouvernement pour l’utilisation d’au moins une des deux structures militaires à Baggio ou Piacenza » pour y placer en quarantaine des personnes à risque.

Le président de la région de Vénétie Luca Zaia, interrogé sur Rainews24, a assuré que la grande question était l’origine de la contamination car les malades n’avaient eu aucun contact avec des Chinois ou des personnes de retour de Chine.

Cette vague de contaminations a contraint les autorités italiennes à prendre des mesures drastiques. Bars, écoles, églises ou encore stades : les lieux publics ont été fermés dès vendredi pour une semaine dans une dizaine de villes du nord de l’Italie. La mesure touche aussi les bibliothèques, les mairies, les magasins ainsi que les nombreux défilés de carnavals organisés en cette période de l’année.

Des trains stoppés et des rues désertes

Les écoles étaient fermées samedi dans la grande ville de Cremona. Des trains ont été stoppés en gare de Milan et Lecce (Pouilles) vendredi soir le temps de faire descendre des passagers présentant des symptômes grippaux.

La décision a été prise par le ministère de la Santé après qu’un premier foyer autochtone italien a été identifié à Codogno, près de Lodi, en lien avec un homme de 38 ans hospitalisé depuis mercredi.

Le photographe de l’Agence France-Presse a observé des rues désertes à Codogno, une localité de 15 000 habitants. Aucun patient aux urgences de l’hôpital local et très peu de mouvement à part des infirmières masquées au changement de service.

Samedi, deux pharmacies, une boulangerie, une rôtisserie et un magasin d’électronique avaient bravé les consignes tandis que de rares passants circulaient à vélo ou à pied avec souvent un masque sur la bouche.

Dans la zone, plus de 50 000 personnes sont priées de rester chez elles et d’éviter les lieux fermés. Au total, 40 stades et salles de sport seront fermés aux compétitions amateurs ainsi que les lieux de culte.

Le Premier ministre Giuseppe Conte, interrogé à Bruxelles par la presse italienne, s’est toutefois voulu rassurant en soulignant que l’Italie applique un très haut niveau de précaution.

250 personnes placées à l’isolement

Environ 250 personnes dont 70 médecins et aides-soignants ont été placés à l’isolement, le temps de les soumettre à des tests, après avoir été en contact avec les cas de Lombardie.

Le premier cas de Codogno, un Italien chercheur chez Unilever, est hospitalisé en soins intensifs dans un état grave. Son épouse enceinte de huit mois, un ami et trois personnes âgées qui fréquentaient le bar du père de cet ami font partie des contaminés.

L’ensemble des salariés d’Unilever a fait l’objet de tests.

Les autorités sanitaires de la Lombardie n’ont pas identifié avec certitude la personne à l’origine de la contagion, mais ce pourrait être un Italien rentré de Chine en janvier qui aurait dîné à plusieurs reprises avec le chercheur.

L’Italie ne comptait jusqu’à présent que trois cas de coronavirus, tous contractés hors du pays et soignés à Rome, parmi lesquels deux touristes chinois placés à un moment en thérapie intensive mais dont l’état s’est nettement amélioré ces derniers jours.

En outre, un Italien contaminé par le nouveau coronavirus et qui se trouvait sur le bateau de croisière Diamond Princess au Japon a été rapatrié samedi matin avec une trentaine de passagers italiens qui ont été placés en quarantaine.

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