Coronavirus: l’hypothèse d’un couvre-feu pour lutter contre la deuxième vague – BFMTV

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Afin de contrôler la crise sanitaire actuelle, l’exécutif pourrait annoncer la mise en place de la mesure, de manière nationale ou locale.

“Aujourd’hui il faut prendre des mesures extrêmement draconiennes sur le plan de la contrainte de la société.” A l’image du professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat (AP-HP) de Paris interrogé par BFMTV, les professionnels de la santé sont de plus en plus nombreux à alarmer sur la situation sanitaire en France, en particulier de la saturation de certains services de réanimation.

Dernier en date: le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, qui alerte ce mardi matin dans Le Parisien sur une possible occupation de 90% des lits de réanimation d’Île-de-France par des patients Covid d’ici la fin octobre.

Une mesure “intermédiaire”

Ainsi, à la veille de la prise de parole très attendue d’Emmanuel Macron, mercredi soir, de nombreuses questions se posent quant à la teneur de l’intervention du président de la République. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a souligné lundi que des mesures de restrictions supplémentaires étaient à prévoir.

Parmi les outils mis à disposition de l’exécutif figure, entre autres, le couvre-feu, et ce alors que le gouvernement est particulièrement préoccupé par ce qui se passe le soir dans la sphère privée, qu’il s’agisse des réunions entre amis ou des réunions dans la sphère familiale.

“C’est le niveau un peu intermédiaire entre la mesure terrible du reconfinement, que le gouvernement veut à tout prix éviter, et puis le niveau des mesures qui sont en vigueur dans certaines grandes villes depuis quelques jours. Toutes ces mesures n’ont pas permis d’enrayer cette deuxième lame de Covid”, souligne Bruno Jeudy, éditorialiste politique pour BFMTV.

De son côté, Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, rappelle que les autorités sanitaires ont émis cette hypothèse du couvre-feu depuis plusieurs semaines.

“On sait que le conseil scientifique a préconisé ce couvre-feu dès le 22 septembre. Quel est l’objectif? Réduire la circulation des individus, en particulier les fêtes nocturnes, des moins de 40 ans. Ça a aussi un effet psychologique, le couvre-feu ça évoque un peu la guerre. Ça correspond déjà à ce qui se passe en Guyane, et ça semble donner des résultats favorables”, développe-t-il.

Les jeunes en ligne de mire

Ainsi, si cette mesure est bel et bien appliquée, elle viserait en particulier les classes les plus jeunes, de plus en plus touchées par la maladie. Invité sur BFMTV lundi, Aurélien Rousseau, directeur général de l’ARS Île-de-France, a souligné que le taux d’incidence à Paris pour les 20-29 ans dépasse les 800 cas pour 100.000 individus. Le seuil d’alerte est quant à lui fixé à 50 cas pour 100.000.

Mais malgré l’urgence, l’instauration d’un couvre-feu reste délicate.

“C’est une mesure très forte, chargée symboliquement, qui n’est pas facile à mettre en place du point de vue du droit. Et puis bien sûr un couvre-feu à 17h, 21h ou 23h n’aurait pas le même impact sur la population et le tissu économique des villes concernés”, souligne Elisa Bertholomey, journaliste politique de BFMTV.

Le couvre-feu déjà utilisé localement

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, plusieurs municipalités ont déjà mis en place un couvre-feu sur leur territoire. Ce fut le cas dès le mois de mars à Colombes dans les Hauts-de-Seine, où les habitants ne pouvaient plus sortir entre 22h et 6h du matin, mais aussi à Mulhouse, ville durement touchée par la maladie. La plupart de ces arrêtés sont des arrêtés municipaux, mais pour certains cas, les préfets peuvent également mettre en place la mesure.

A l’international également, plusieurs couvre-feu ont été instaurés. En août, la ville de Melbourne en Australie avait décidé de confiner ses citoyens entre 20h et 5h du matin. Des mesures du même type viennent d’être mises en place à Anvers et Berlin.

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