Coronavirus : les voyageurs en provenance de seize pays « où la circulation virale est particulièrement forte » seront testés à leur arrivée en France – Le Monde

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Les autorités françaises s’inquiètent d’une reprise lente de l’épidémie de Covid-19. Selon l’agence sanitaire Santé publique France, le nombre de cas détectés a augmenté de 66 % au cours des trois semaines et 209 foyers épidémiques sont recensés sur le territoire.

  • Contrôles renforcés aux frontières en France

Le premier ministre Jean Castex à l’aéroport de Roissy, en région parisienne, le 24 juillet.

Vendredi 24 juillet, un conseil de défense axé sur la propagation de l’épidémie, qui suscite des appels à un renforcement des contrôles aux frontières, s’est tenu dans la matinée à l’Elysée avec le président, Emmanuel Macron, le premier ministre, Jean Castex, quelques ministres (Olivier Véran pour la santé, Jean-Michel Blanquer pour l’éducation…) et des responsables d’administration.

Peu après, Jean Castex s’est rendu à l’aéroport de Roissy pour faire le point sur les dispositifs de tests déployés pour les passagers au départ et à l’arrivée en France. Le premier ministre a annoncé que les voyageurs en provenance de 16 pays « où la circulation virale est particulièrement forte » devront soit présenter un test de dépistage négatif de moins de 72 heures effectué dans le pays de départ, soit se soumettre à un test à leur arrivée. En cas de résultat positif, qui leur sera transmis par email ou par téléphone dans les 24 heures, ils devront se mettre en quatorzaine. Le dispositif, qui concerne tous les aéroports et les ports du territoire français, sera pleinement opérationnel « au plus tard 1er août », a précisé Jean Castex.

Les pays concernés sont, selon Matignon : les Etats-Unis, les Emirats arabes unis, Bahreïn, Panama, Afrique du Sud, Kowëit, Qatar, Israël, Brésil, Pérou, Serbie, Algérie, Turquie, Madagascar, Inde et Oman. Le Maroc, initialement cité dans la liste de source gouvernementale, n’y figure pas « pour l’instant » selon Matignon, qui précise que « c’est en discussion ». Les flux entre la France et ces pays sont réduits puisqu’ils concernent uniquement les citoyens français qui y résident ou les citoyens de ces pays disposant d’une résidence stable en France. Pour l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, cela représentera environ 3 000 personnes testées par jour, selon les calculs du gouvernement.

  • Les Français invité à ne pas se rendre en Catalogne

Le premier ministre a par ailleurs recommandé aux Français de ne pas se rendre en Catalogne, où la recrudescence de l’épidémie inquiète. Paris discute avec Madrid afin de réduire le plus possible les flux entre l’Espagne et la France, a-t-il ajouté.

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  • Hausse du nombre de cas

Les autorités s’inquiètent d’un « relâchement » de l’application des gestes barrières et des règles de distanciation physique. Des nouveaux comportements qui engendrent plus de contacts et favorisent la circulation du virus. Des campagnes d’information gouvernementales vont être mises en place cet été à ce sujet.

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Dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire publié jeudi, Santé publique France notait que la transmission du virus était en augmentation « pour la troisième semaine consécutive ». Le nombre de cas détectés a ainsi augmenté de 66 % sur trois semaines. Deux cent neuf foyers épidémiques sont recensés sur le territoire.

Cette lente reprise de l’épidémie n’est pas due à une hausse du nombre des dépistages, assure Santé publique France, qui relève que « l’augmentation des nouveaux cas positifs est, depuis deux semaines, supérieure à l’augmentation du nombre de patients testés ».

Ces hausses de cas concernent particulièrement les plus âgés et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ce qui est vu par l’agence sanitaire comme « un signal préoccupant, qui doit être suivi avec la plus grande attention. C’est effectivement dans cette population que survient le plus grand nombre de décès dus au SARS-CoV-2 », rappelle-t-elle.

Le nombre de patients hospitalisés en raison d’une infection au Covid-19 se stabilise, alors que les admissions en réanimation ont « arrêté de diminuer pour la seconde semaine consécutive », sauf pour la Guyane, toujours selon Santé publique France. Le nombre de décès attribués à la maladie est également globalement stable depuis quelques semaines. Jeudi, dix nouveaux décès ont été recensés à l’hôpital.

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  • Sept départements au-dessus du seuil de vigilance

Sept départements métropolitains ont enregistré la semaine dernière un taux d’incidence au-dessus du seuil de vigilance, fixé à dix cas positifs pour 100 000 habitants. Il s’agit de la Mayenne, des Vosges, du Finistère, du Val-d’Oise, du Haut-Rhin, de Paris et de la Seine-Saint-Denis.

En Mayenne, toujours placée en « vulnérabilité élevée », l’agence régionale de santé (ARS) dit mener « une politique de dépistage intensive » avec, depuis le 12 juillet, « plus de 11 800 tests sur le département », qui compte un peu plus de 300 000 habitants, selon le directeur général de l’ARS Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, lors d’une visioconférence de presse vendredi.

Les autorités sanitaires ont toutefois reconnu qu’il n’y avait « pas de tension majeure au niveau de l’offre de soins » en Mayenne. Selon les derniers chiffres arrêtés jeudi soir, il y avait huit personnes hospitalisées et deux en réanimation dans ce département de l’Ouest, « sans signe de gravité », a précisé M. Coiplet.

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Le Monde avec AFP

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