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Coronavirus : les difficultés liées au confinement provoquent des tensions dans les quartiers populaires – Le Monde

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Policiers positionnés devant le HLM « la Banane », une des deux grandes barres de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 21 avril.

Policiers positionnés devant le HLM « la Banane », une des deux grandes barres de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), le 21 avril. LAURENT VAN DER STOCKT POUR LE MONDE

Le ciel s’est illuminé en quelques secondes, pour quelques minutes seulement, et tout s’est éteint de nouveau. Il était 22 h 40, mardi 21 avril, à Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, lorsque plusieurs dizaines de policiers ont pénétré en colonnes dans les halls de la « banane » – c’est ainsi que les habitants appellent l’immense barre d’immeuble incurvée située au sud de la ville. Quelques tirs de mortiers d’artifice ont alors jailli du toit du bâtiment voisin, des fenêtres se sont ouvertes, refermées, et puis la cité s’est rendormie, sagement confinée. Les policiers ont regagné leurs fourgons. « Ce soir, ça va être calme », commente un jeune homme sorti fumer une cigarette.

Depuis quelques nuits, des échauffourées ont éclaté dans plusieurs quartiers des Hauts-de-Seine, mais aussi en Seine-Saint-Denis, ou encore à Toulouse, Strasbourg et en banlieue lyonnaise. Jets de projectiles sur les forces de l’ordre, tirs de mortier d’artifice, incendies de véhicules et de poubelles… Faut-il y voir des signes avant-coureurs ou une simple flambée de violences sans lendemain ?

« Frustration et ras-le-bol »

De ces nuits qui rougeoient, on connaît le scénario dont la récurrence dit beaucoup du rapport entretenu entre la police et une partie de la jeunesse vivant dans les quartiers populaires. Incident avec les forces de l’ordre, emballement sur les réseaux sociaux, embrasement des cités… Et derrière cet inéluctable triptyque, des mots qui racontent l’incompréhension mutuelle. Educateurs et médiateurs parlent de cette « frustration », de ce « ras-le-bol » et de cette « colère » des jeunes habités par un « sentiment d’injustice » qui ne date pas d’hier. Les policiers dénoncent l’« impunité généralisée », les « provocations de délinquants », et la « haine anti-flics ».

Dans la nuit de lundi à mardi, neuf personnes ont été appréhendées en petite couronne parisienne, sept à Clichy et deux à Rueil-Malmaison. A Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), les policiers ont reçu des jets de pierre. A Strasbourg, quatre personnes qui jetaient des projectiles sur des pompiers en intervention sur un incendie ont été arrêtées.

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A Rillieux-la-Pape (Rhône), une trentaine d’individus ont enflammé une barricade dans la rue et ont affronté les forces de l’ordre. « C’était là que c’était le plus chaud, ça ajouépendant deux heures, et ça s’est calmé », commente un policier. Aucune interpellation n’a été effectuée. Aucun blessé n’est à déplorer.

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