Coronavirus : le président chinois veut des mesures « plus fortes » alors que le bilan dépasse les 1 000 morts – Le Monde

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Le président chinois Xi Jinping en visite dans un centre médical de Pékin, lundi 10 février.

Le président chinois Xi Jinping en visite dans un centre médical de Pékin, lundi 10 février. PANG XINGLEI / AP

Le chiffre et l’image sont hautement symboliques. Le nombre de morts en Chine dus au coronavirus 2019-nCoV a dépassé la barre des mille après l’annonce par les autorités, mardi 11 février au matin, de 103 nouveaux décès dans la province du Hubei, portant à 1 011 le bilan des victimes. Et parallèlement à cette progression, le président Xi Jinping est apparu à la télévision nationale le visage recouvert d’un masque de protection.

Alors que l’épidémie apparue en décembre dans un marché de Wuhan (au centre du pays) a contaminé plus de 42 200 personnes selon le dernier bilan quotidien, le numéro un chinois s’est rendu lundi dans un quartier résidentiel de Pékin pour assister aux efforts de lutte contre la contagion et visiter un hôpital.

Dans un long reportage diffusé au journal télévisé du soir, M. Xi est apparu pour la première fois avec le visage recouvert d’un masque de protection, comme le fait désormais l’immense majorité de ses compatriotes. Il s’est laissé prendre la température de l’avant-bras à l’aide d’un thermomètre électronique, un rituel désormais courant dans le pays à l’entrée des lieux publics. On l’a vu ensuite discuter à distance respectable avec des habitants du quartier, masqués eux aussi.

Le président chinois a évoqué la situation à Wuhan, placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier, ainsi qu’une grande partie de sa province, le Hubei, où se comptent le plus grand nombre de victimes. « L’épidémie au Hubei et à Wuhan reste très grave », a-t-il reconnu, appelant à prendre « des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument l’élan de la contagion ».

Le président chinois Xi Jinping a appelé à prendre « des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument la contagion », lors d’une visite d’un quartier de Pékin, lundi 10 février

Le président chinois Xi Jinping a appelé à prendre « des mesures plus fortes et décisives pour enrayer résolument la contagion », lors d’une visite d’un quartier de Pékin, lundi 10 février Pang Xinglei / AP

Son gouvernement a déjà pris des mesures radicales en interdisant à quelque 56 millions d’habitants du Hubei de quitter la province. En outre, deux hauts responsables de la province ont été limogés, a annoncé mardi la télévision d’Etat, après des critiques de l’opinion sur leur gestion de la crise.

Zhang Jin, le principal responsable communiste à la Commission provinciale de la santé, et Liu Yingzi, la directrice, ont été démis de leurs fonctions sur décision du comité permanent du Parti communiste chinois (PCC) pour le Hubei. Cette décision semble vouloir apaiser l’opinion publique, qui réclamait des têtes après la mort de Li Wenliang. Cet ophtalmologue fait désormais figure de héros national face à des responsables locaux accusés d’avoir cherché à étouffer ses révélations.

Un ancien vice-ministre de la Commission nationale (ministère) de la santé, Wang Hesheng, remplace les deux responsables limogés.

Le Hubei est au cœur de l’épidémie, loin devant les autres régions de Chine et l’étranger : il concentre 96 % des plus de 1 000 morts enregistrés jusqu’à présent, et 74 % des cas de contamination.

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  • Les transmissions hors de Chine inquiètent l’OMS

Le bilan des morts dépasse désormais celui du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait traumatisé le pays en 2002-2003 et coûté la vie à 774 personnes dans le monde. En dehors de la Chine continentale, le virus a tué deux personnes, une aux Philippines et une autre à Hong Kong. Plus de 320 cas de contamination ont été confirmés dans une trentaine de pays et territoires. Les ministres européens de la santé se réuniront en urgence jeudi à Bruxelles pour discuter de mesures coordonnées contre l’épidémie.

L’expansion du virus hors de Chine pourrait s’accroître avec la transmission de la maladie par des personnes n’ayant jamais voyagé dans ce pays, a prévenu dimanche le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous ne voyons peut-être que la partie émergée de l’iceberg », a averti Tedros Adhanom Ghebreyesus, alors qu’une « mission internationale d’experts » de l’OMS est arrivée lundi en Chine.

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  • Pas de nouveaux cas en France, les tests de Haute-Savoie négatifs

« En ce qui concerne la situation en France, il n’y a pas de nouveaux cas ce jour. Nous avons toujours onze cas confirmés dont un cas sévère », a indiqué lundi le directeur général de la santé, le professeur Jérôme Salomon, faisant le point de l’évolution de l’épidémie en France lors d’un point presse.

Entrée d’un centre où sont pratiqués des tests à Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie, lundi 10 février.

Entrée d’un centre où sont pratiqués des tests à Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie, lundi 10 février. ALEX MARTIN / AFP

A propos des six malades hospitalisés à Bordeaux et dans les établissements parisiens Bichat et La Pitié, leur état « est tout à fait satisfaisant », hormis celui d’un patient chinois âgé « toujours en réanimation dans un état critique à Bichat ». Les cinq personnes porteuses du virus aux Contamines-Montjoie (Haute-Savoie) « sont hospitalisées et dans une situation clinique tout à fait rassurante, il n’y a pas d’inquiétude aujourd’hui sur leur état de santé », a-t-il poursuivi.

En Haute-Savoie, ce sont jusqu’ici « 61 personnes qui ont été testées, et 61 personnes ont eu un test négatif », a-t-il ajouté, soulignant qu’à cette date, « il n’y a pas de chaîne de transmission », ce qui est « rassurant pour la population concernée » dans ce département.

La ministre de la santé Agnès Buzyn et la ministre de la recherche, Frédérique Vidal, ont annoncé lors de ce point presse avoir décidé de débloquer 2,5 millions d’euros pour des travaux de recherche autour du coronavirus, menés en France par des consortiums multidisciplinaires.

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  • La Chine au ralenti

En Chine même, la sortie du président Xi coïncide avec une timide reprise du travail lundi en dehors des régions sous quarantaine, même si les étudiants restent en vacances et que les entreprises sont incitées à laisser leurs employés travailler à domicile.

A Pékin comme à Shanghai, la circulation automobile connaissait un léger regain d’activité, même si les deux mégapoles restaient très loin de leurs embouteillages habituels. Le métro de Pékin n’enregistrait que 50 % de sa fréquentation normale pour un jour de semaine, selon les médias publics.

Dans les bureaux, la mairie de Shanghai conseille d’éviter les regroupements de personnel en adoptant des horaires décalés, en évitant les repas entre collègues qui doivent conserver entre eux une distance d’au moins un mètre. Les systèmes d’aération par soufflerie doivent rester éteints.

Signe des difficultés économiques provoquées par le virus, Pékin a annoncé lundi un bond de plus de 20 % des prix de l’alimentation en janvier. Une flambée liée aux différents blocages routiers imposés dans l’ensemble du pays dans l’espoir d’endiguer l’épidémie. A la télévision, Xi Jinping s’est voulu rassurant, affirmant que l’impact du virus serait « de courte durée ». Il a appelé à « faire très attention à la question du chômage » et à « éviter des licenciements à grande échelle ».

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  • Les Etats-Unis envoient du matériel médical au Laos

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir envoyé du matériel médical au Laos, pays frontalier de la Chine, dans le cadre d’un programme de 100 millions de dollars (environ 90 millions d’euros) destiné à enrayer la propagation du nouveau coronavirus.

L’Agence internationale pour le développement (USAID) a indiqué avoir notamment envoyé 440 lunettes de protection et 1 500 blouses chirurgicales au Laos.

De son côté, le président américain Donald Trump s’est voulu rassurant : « D’ici avril, ou au cours du mois d’avril, la chaleur en général tue ce genre de virus, a-t-il déclaré depuis la Maison Blanche. Ce serait une bonne chose. » Une affirmation jugée discutable par les experts, alors que beaucoup d’aspects du virus restent à découvrir.

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