Coronavirus : le président brésilien Jair Bolsonaro menace de quitter l’Organisation mondiale de la santé – franceinfo

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Il accuse l’instance mondiale de “parti pris idéologique”, car celle-ci met en garde les pays latino-américains contre une levée trop rapide des mesures de confinement.

A l’instar de Donald Trump, le président brésilien Jair Bolsonaro menace désormais de quitter l’Organisation mondiale de la santé (OMS), samedi 6 juin, qu’il accuse de “parti pris idéologique”. Tout au long de la crise du Covid-19, le dirigeant sud-américain a minimisé la gravité de la maladie en exhortant à maintenir une activité normale et en vantant l’efficacité d’un traitement qui divise les scientifiques, l’hydroxychloroquine.

Je vous le dis ici, les Etats-Unis sont partis de l’OMS, nous y songeons, à l’avenir (…). Soit l’OMS travaille sans parti pris idéologique, soit nous la quittons aussi. Nous n’avons pas besoin de gens de l’extérieur pour donner leur sentiment sur la santé ici.Jair Bolsonaro, président du Brésilà la presse

Le président brésilien s’est dit peu étonné qu’une étude dans la revue médicale The Lancet, qui concluait à l’inutilité du traitement, ait été fortement remise en cause puis retirée. Cette rétractation a poussé l’OMS à reprendre les essais cliniques sur la molécule. “Trump leur a retiré l’argent et ils sont revenus sur tout”, a commenté Jair Bolsonaro. “La chloroquine est de retour”, a-t-il commenté.

Dans son dernier bilan publié vendredi soir, le ministère brésilien de la Santé a cessé de donner le nombre total de morts, qui atteint 35 026, pour ne révéler que celui des dernières 24 heures (1 005). La veille, le total des décès était devenu le troisième le plus élevé dans le monde, derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, mais devant l’Italie. Le Brésil a recensé plus de 645 000 cas, un nombre que bien des spécialistes considèrent comme largement sous-évalué, faute de tests en nombre suffisant.

Jair Bolsonaro continue de demander une levée rapide des mesures d’isolement ordonnées, affirmant que le coût économique de l’épidémie est supérieur aux risque sanitaire. Mais l’Organisation mondiale de la santé a averti les gouvernements latino-américains du risque que représente la levée des mesures de confinement avant d’avoir réussi à ralentir la propagation de l’épidémie de coronavirus dans la région.

Les deux pays les plus peuplés d’Amérique latine, le Brésil et le Mexique, voient leurs taux d’infections au coronavirus être bien supérieur à ceux des autres pays de la région. Dans un éditorial publié en une du journal de Sao Paulo, Folha, le quotidien soulignait que seulement 100 jours se sont écoulés depuis que Bolsonaro a décrit le virus qui “tue un brésilien par minute” comme “une légère grippe”. Le journal écrit également : “Tandis que vous lisiez cela, un brésilien est mort du coronavirus”.

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