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Coronavirus : la confession d’Agnès Buzyn suscite une double polémique – Le Monde

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Agnès Buzyn dans un bureau de vote du 5e arrondissement lors du premier tour des élections municipales à Paris, le 15 mars.

Agnès Buzyn dans un bureau de vote du 5e arrondissement lors du premier tour des élections municipales à Paris, le 15 mars. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

« Je savais que la vague du tsunami était devant nous. » « Le 30 janvier, j’ai averti [le premier ministre] Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. » « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. »

En quelques phrases confiées au Monde, Agnès Buzyn a allumé, mardi 17 mars, un double incendie. Les remords de l’ancienne ministre de la santé ont à la fois lancé une polémique sur la gestion de la crise du coronavirus par le gouvernement, et semé le trouble sur la suite des municipales : après Benjamin Griveaux, le parti présidentiel va-t-il devoir trouver un nouveau candidat de La République en marche (LRM) à Paris, alors que le premier tour a déjà eu lieu ?

Non seulement l’hématologue a confié avoir alerté dès janvier le président de la République et son premier ministre de la gravité de la situation, mais elle critique le maintien du premier tour des élections municipales, le 15 mars, alors que l’épidémie se propageait en France.

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Des propos qui ont obligé le chef du gouvernement, dès mardi soir, à se défendre d’avoir sous-estimé le danger. « Si nous n’avions pas pris au sérieux cet événement sanitaire, je n’aurais pas organisé une réunion dès le mois de janvier » ni « pris des décisions lourdes », a fait valoir M. Philippe sur France 2. Quant à l’alerte d’Agnès Buzyn sur la tenue des élections, il convient qu’elle a eu lieu le 30 janvier. Mais précise habilement qu’« à l’époque, beaucoup de médecins n’étaient pas d’accord avec elle ».

« Une vraie gifle »

Sans contester non plus les propos rapportés par Le Monde, Agnès Buzyn a elle aussi tenté, quelques heures plus tôt d’éteindre le feu. « C’est vrai, j’ai exprimé mon inquiétude depuis le premier jour parce que c’était mon rôle, écrit-elle dans un communiqué, mais « avec le soutien immédiat » d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe. Ainsi, très tôt, nous avons considéré le virus comme une menace sérieuse. Sans délai, nous avons organisé des réunions de travail. » Et des mesures ont été prises rapidement, comme le rapatriement des Français de Wuhan – épicentre de l’épidémie en Chine – le 28 janvier. Et s’affirme « totalement solidaire » des décisions du gouvernement.

Ces mots de Mme Buzyn, arrivée en troisième position derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati, suffiront-ils à calmer la grogne qui s’est emparée de la Macronie ?

Le récit de son trouble et de ses remords ont claqué comme « une vraie gifle », reconnaît à chaud un membre de son équipe. « Ces mots n’aident personne », peste un autre. Un cadre local envoie un SOS aux dirigeants : « Peut-on avoir d’urgence des éléments de langage sur cet article ? Vu la violence des réactions sur nos boucles et les réseaux sociaux, c’est une bombe si on n’arrête pas ça tout de suite. »

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