Coronavirus : la BCE maintient ses taux directeurs, les Bourses s’effondrent – Le Monde

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L’annonce, jeudi 12 mars à la mi-journée, de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir ses taux directeurs, tout en annonçant des facilités de liquidités pour prêter aux petites et moyennes entreprises (PME), n’a pas convaincu les marchés : les Bourses de Francfort, Paris et Londres ont poursuivi leur chute (− 10 %) à la suite de ses annonces qui doivent enrayer les conséquences économiques de la pandémie due au coronavirus.

La BCE a annoncé un programme de prêts pour soutenir les PME les plus touchées par l’épidémie de Covid-19, et compte acheter 120 milliards d’euros de dette publique et privée supplémentaire d’ici à la fin de l’année. A la différence des autres grandes banques centrales, la BCE n’a cependant pas touché à ses taux directeurs : le principal est déjà à zéro depuis mars 2016, et le taux frappant les dépôts laissés par les banques dans ses caisses a été laissé à − 0,50 %.

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L’institution établie à Francfort a également autorisé jeudi les banques à opérer temporairement en dessous des exigences de fonds propres et de liquidités en vigueur, en réponse à la crise due au coronavirus qui menace toute l’économie et le secteur bancaire en particulier.

« Lenteur et complaisance des gouvernements »

Après cette série d’annonces, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a fustigé la « lenteur et la complaisance » des gouvernements, « en particulier dans la zone euro », face au coronavirus, une critique inhabituellement vive des Etats.

La présidente de la BCE a estimé que le « choc majeur » que représente la pandémie pour l’économie de la zone euro requiert une « réponse budgétaire ambitieuse et coordonnée ». « J’espère fortement que, lors de la réunion de l’Eurogroupe lundi », il y aura « une avancée décisive et déterminée », a-t-elle déclaré. Les Etats devront à la fois « assumer le défi sanitaire » et « limiter l’impact économique », selon Mme Lagarde. « En particulier, des garanties sur les crédits sont nécessaires en complément et pour renforcer les mesures de politique monétaire annoncées aujourd’hui », a-t-elle détaillé.

La BCE constate une « considérable aggravation des perspectives de croissance à court terme ». L’entrée potentielle de la zone euro en récession « va clairement dépendre de la vitesse, de la force et du caractère coordonné » de la réponse « de tous les acteurs », a insisté Mme Lagarde.

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Les Bourses s’effondrent

Dans les minutes qui ont suivi l’annonce des mesures de soutien monétaire, les Bourses européennes ont chuté, poursuivant un effondrement engagé depuis plusieurs semaines. Le DAX (Bourse de Francfort) a immédiatement perdu 10,4 %, et la Bourse de Paris a décroché de 10,15 %. S’y ajoutent les Bourses de Londres (− 10 % pour le FTSE 100) et suisse (− 10 % pour le SMI) dans l’après-midi. Les principaux indices européens ont tous dévissé de près de 30 % depuis le début d’année : un véritable krach.

Outre-Atlantique, Wall Street s’est également effondrée de 7,3 % (Dow Jones) à l’ouverture, ce qui a provoqué une interruption automatique des échanges, de même pour la Bourse de Sao Paulo, qui a perdu de plus de 15 %.

La BCE est la dernière grande banque centrale à réagir à la pandémie de Covid-19. La Réserve fédérale américaine a baissé ses taux de 0,5 point dès le 3 mars, sans attendre sa réunion de la mi-mars ni une quelconque action coordonnée, et elle a été imitée mercredi par la Banque d’Angleterre.

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