Coronavirus : la baisse des morts quotidienne en France « est malheureusement beaucoup trop lente » – Le Monde

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Alors que la France est entrée dans sa sixième semaine de confinement, mardi 21 avril, l’épidémie causée par le nouveau coronavirus reste « très meurtrière », a prévenu la veille le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Avec plus de 20 000 morts, l’épidémie a désormais tué « davantage que toutes les épidémies de grippe saisonnière, même les plus sévères, même les plus longues », et que la canicule de 2003, qui avait fait 19 000 morts, a exposé M. Salomon, évoquant « une tendance à la baisse qui est malheureusement beaucoup trop lente ».

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  • Depuis le 1er mars, la France a enregistré 20 265 décès liés au Covid-19, avec 12 513 morts survenues dans les hôpitaux et 7 752 dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
  • 30 584 personnes sont hospitalisées pour une infection au coronavirus, soit 26 de moins que la veille.
  • 5 683 patients dans un état grave sont pris en charge en réanimation. Lors des dernières vingt-quatre heures, 208 nouveaux malades ont été admis dans l’un de ces services. En raison des sorties de patients, le solde reste néanmoins négatif : on compte 61 patients en moins en réanimation par rapport à dimanche.
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  • Blanquer évoque une réouverture des écoles étalée sur trois semaines à partir du 11 mai

LIONEL BONAVENTURE / AFP

Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a détaillé, lors d’une audition devant l’Assemblée nationale, la façon dont pourrait se faire le retour à l’école à partir du 11 mai : il sera étalé sur trois semaines par niveaux de classe.

  • La semaine du 11 mai concernerait les élèves de grande section de maternelle, de CP et de CM2. Le lundi serait réservé à une prérentrée des enseignants.
  • La semaine du 18 mai, les élèves de sixième, troisième, première et terminale, ainsi que les ateliers industriels en lycée professionnel feraient leur rentrée.
  • La semaine du 25 mai, l’ensemble des élèves reprendrait, avec des groupes ne dépassant pas quinze élèves.

Pour y arriver « l’élève sera dans quatre situations possibles », a-t-il précisé : soit en demi-groupe, soit « à distance », soit à l’étude « si la configuration de l’établissement le permet », soit dans une activité sportive si la commune est en mesure d’en mettre en place. Si une famille ne veut pas envoyer son enfant à l’école, ce sera possible, mais dans ce cas l’élève aura l’obligation de suivre l’enseignement à distance : « un élève ne sera jamais en dehors de l’obligation scolaire ».

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  • 5,7 % de la population française aura été infectée le 11 mai

Le 11 mai, lorsque le confinement commencera à être progressivement levé en France métropolitaine, 3,7 millions d’habitants, soit 5,7 % de la population aura déjà été en contact avec le SARS-CoV-2. Une prévalence de l’infection très loin des 70 % qui seraient nécessaires pour obtenir une protection collective par la seule immunité de groupe. Voilà ce que révèle la première « photographie » de l’épidémie réalisée par des chercheurs de l’Institut Pasteur, de Santé publique France et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Mis en ligne mardi 21 avril, leurs résultats et leurs prévisions montrent « l’impact massif qu’a eu le confinement en France sur la propagation du SARS-CoV-2 ». Selon leurs calculs, le nombre d’individus contaminés par chaque personne infectée est passé de 3,3 avant la mise en place du confinement, le 17 mars, à 0,5, soit une réduction de 84 %.

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  • Le Parlement va voter sur le traçage des données mobiles

Le gouvernement a fait savoir mardi que les débats prévus à l’Assemblée sur le traçage des données mobiles dans la lutte contre le coronavirus et le déconfinement progressif à partir du 11 mai seraient suivis d’un vote des députés.

Face à la demande répétée des oppositions de procéder à un vote sur la question, le premier ministre, Edouard Philippe, n’avait pas fermé la porte lundi à un tel scrutin sur ce sujet sensible qui touche les libertés publiques.

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  • Davantage de députés vont pouvoir siéger à l’Assemblée nationale

En raison des demandes pressantes des députés, l’Assemblée nationale permettra, à partir de la semaine prochaine, à soixante-quinze d’entre eux de revenir siéger au Palais-Bourbon, et engagera un plan de « reprise progressive » lors du déconfinement.

Après les contaminations à l’Assemblée qui ont touché depuis début mars une vingtaine de députés, la présence dans l’hémicycle avait été limitée à cinquante personnes, y compris fonctionnaires et membres du gouvernement.

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Après avis des autorités sanitaires, le président de l’Assemblée, Richard Ferrand, a annoncé que ce seuil serait relevé à cent personnes, ce qui fait que soixante-quinze députés pourront être présents « dans un respect complet des règles de distanciation sociale ».

La représentation par groupe sera la suivante : quarante pour La République en marche (LRM), treize pour Les Républicains (LR), cinq pour le Mouvement démocrate (MoDem), quatre pour le Parti socialiste (PS), quatre pour l’Union des démocrates et indépendants (UDI)-Agir, trois pour Libertés et territoires, trois pour la Gauche démocrate et républicaine (GDR, communistes) et trois pour La France insoumise (LFI).

  • Le Covid-19 reconnu maladie professionnelle pour les soignants, automatiquement

Le Covid-19 sera reconnu de façon « automatique » comme maladie professionnelle pour le personnel soignant, mais pas pour les autres catégories de travailleurs, qui devront se soumettre aux procédures classiques, a annoncé mardi le ministre de la santé, Olivier Véran.

Cette règle s’appliquera aux soignants « quels qu’ils soient » et « quel que soit leur lieu d’exercice, à l’hôpital, en Ehpad ou en ville », a précisé le ministre. Plusieurs syndicats ont réclamé la reconnaissance du Covid-19 comme maladie professionnelle pour tous les salariés, celle-ci permettant notamment une prise en charge à 100 % des frais médicaux et une indemnité en cas d’incapacité temporaire ou permanente.

Dans un tout autre secteur, celui des associations, le gouvernement versera toutes les subventions promises, même les financements liés à des projets annulés du fait du confinement, a annoncé mardi le secrétaire d’Etat Gabriel Attal. La mesure concernera notamment l’association « Solidarité Sida, qui ne peut organiser le festival Solidays », ou encore « des associations de protection de l’environnement qui réalisent habituellement à cette période le décompte des espèces ».

Enfin, du côté des collectivités locales, dont les finances sont parfois durement touchées par l’épidémie, la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, a affirmé mardi que l’Etat ne les « abandonnera pas », notamment en cas de problèmes de trésorerie.

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Le Monde avec AFP

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