Coronavirus : États-Unis et Brésil passent un cap macabre, le choc économique s’étend – Le Figaro

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Les États-Unis, le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie de coronavirus, ont franchi mercredi 29 juillet le cap des 150.000 morts tandis que le bilan s’est accéléré au Brésil avec 90.000 décès et que la récession économique s’installe dans plusieurs pays du monde.

Au total, dans le monde, le Covid-19 a fait 660.787 morts, selon le dernier bilan établi mercredi par l’AFP.

Les États-Unis sont le pays comptant le plus de morts (150.447 décès) devant le Brésil (90.134), le Royaume-Uni (45.878), le Mexique (44.876) et l’Italie (35.123).

  • 150.000 morts aux États-Unis

La première puissance mondiale, qui avait annoncé fin février son premier décès lié au coronavirus, déplore le chiffre macabre de 150.000 morts cinq mois plus tard, alors que la crise sanitaire a poussé des millions de gens au chômage.

Le pays a enregistré mercredi 29 juillet près de 1270 morts supplémentaires en une journée, et plus de 68.000 nouveaux cas, remontant ainsi aux niveaux enregistrés ces deux dernières semaines. Plusieurs États comme la Californie, le Texas et surtout la Floride, qui a atteint un nouveau record de décès mercredi (216), ont dû faire marche arrière sur la réouverture de leur activité.

À Washington, un élu républicain réticent à porter un masque au Congrès américain a été testé positif au Covid-19 mercredi alors qu’il s’apprêtait à partir au Texas avec le président Donald Trump.

  • L’Amérique du Sud toujours durement touchée

Au Brésil, deuxième pays où le Covid-19 tue le plus au monde après les États-Unis, le bilan a grimpé mercredi 29 juillet à 90.134 morts et un nombre très élevé de nouvelles contaminations en une journée a été enregistré, à 69.074, selon le ministère de la Santé. Des données officielles d’autant plus inquiétantes qu’elles paraissent sous-évaluées aux yeux des scientifiques alors que le pays pratique très peu de tests.

Le Pérou a franchi mercredi la barre des 400.000 cas (400.683 après les 5678 nouvelles infections recensées en un jour) et a recensé 204 morts supplémentaires en 24 heures, a annoncé le ministère de la Santé.

Au Paraguay, le gouvernement a rétabli une quarantaine presque totale à Ciudad del Este, la deuxième plus grande ville du pays, à la triple frontière avec le Brésil et l’Argentine, en raison de la propagation des infections à coronavirus, provoquant la colère de la population locale.

En Bolivie, un huitième ministre a été testé positif au coronavirus mercredi.

  • 15 décès en 24h en France, mise en garde aux jeunes

Le bilan total du nombre de décès depuis le début de l’épidémie s’élève à 30.238, dont 19.723 dans les hôpitaux et 10.515 dans les établissements sociaux et médico-sociaux (Ehpad), précise la DGS dans un communiqué.

Le nombre de patients atteints d’une forme sévère du Covid-19 hospitalisés en réanimation poursuit sa décrue, avec 380 malades concernés, soit cinq de moins que mardi.

«La proportion de tests positifs augmente à 1,4% et on constate une hausse sensiblement plus marquée chez les jeunes adultes. S’ils ont peu de risque de développer une forme grave de la maladie, les jeunes peuvent contribuer à diffuser le virus s’ils ne respectent pas les mesures barrière et contaminer leurs proches, parents, grands-parents et les personnes fragiles», avertit la Direction générale de la Santé (DGS).

  • États-Unis : le PIB devrait chuter de 35% le 2ème trimestre

La première estimation de l’administration Trump sera publiée jeudi 30 juillet, et le chiffre s’annonce vertigineux : entre -35%, selon un consensus d’analystes, et -37%, selon le Fonds monétaire international (FMI).

Quelle qu’elle soit, il s’agira «de loin (de) la plus forte des baisses trimestrielles, qui remontent à 1947», selon Ben Herzon, économiste pour le cabinet IHS Markit, qui table sur une baisse de 35,3%.

À titre de comparaison, «le pire trimestre de la Grande Récession a été le quatrième trimestre de 2008, lorsque le PIB réel s’est contracté de 8,4% en rythme annuel», a-t-il ajouté.

«Cette pandémie est le plus grand choc pour l’économie américaine de mémoire humaine», a souligné mercredi 29 juillet le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell. «Du plus bas niveau de chômage en 50 ans au plus haut niveau depuis 90 ans, et cela en deux mois», a-t-il encore relevé.

  • Allemagne : recul du PIB estimé à 10% au deuxième trimestre

Du jamais vu : le recul du PIB allemand au deuxième trimestre dévoilé jeudi devrait approcher les 10%, la pandémie ayant entraîné le pays dans sa pire récession depuis l’après-guerre, même si la reprise se profile déjà.

Dans leurs prévisions, les principaux instituts économiques allemands évaluent à 9,8% la contraction du PIB de la première économie européenne d’avril à juin, un niveau inédit depuis le début des recensements trimestriels, en 1970.

Cette chute, presque deux fois plus importante qu’au plus fort de la crise financière de 2008/2009, plonge le pays dans la «pire récession de l’histoire de la République allemande», selon le ministre de l’Économie Peter Altmaier.

  • Italie : un «flux exceptionnel de migrants économiques» avec la pandémie

La crise sanitaire et économique liée au nouveau coronavirus «engendre un flux exceptionnel de migrants économiques», a estimé mercredi 29 juillet le ministère italien de l’Intérieur dans un communiqué. Nombre d’entre eux débarquent sur l’île touristique de Lampedusa, sous les yeux des baigneurs en vacances. «Les débarquements autonomes sur les côtes italiennes se sont plus que multipliés en très peu de temps», note le ministère, en faisant référence aux petits bateaux qui traversent la Méditerranée depuis les côtes d’Afrique du Nord sans être interceptés.

  • Espoir sur les vaccins

Le vaccin mis au point par la biotech américaine Moderna en partenariat avec les Instituts nationaux de santé (NIH) a déclenché une réponse immunitaire «robuste» et empêché la réplication du virus dans les poumons et le nez des singes, selon des résultats rendus publics mardi. Le gouvernement de Donald Trump a investi près d’un milliard de dollars pour soutenir la création de ce vaccin qui est l’un des deux testés actuellement à grande échelle.

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé mercredi avoir conclu un accord avec le gouvernement britannique pour fournir 60 millions de doses de leur vaccin contre le Covid-19, «sous réserve de la signature d’un contrat définitif». Il pourrait être autorisé dès le premier semestre de 2021, assurent-ils, et des discussions sont en cours avec la Commission européenne pour garantir l’accès mondial à leur produit.

» À voir aussi – Coronavirus: la Croix-Rouge met en garde contre le «nationalisme du vaccin»

La Russie espère entamer la production industrielle de deux vaccins respectivement en septembre et en octobre, a annoncé mercredi la vice-Première ministre russe, Tatiana Golikova.

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