Coronavirus : en France, pas de retour à la normale « avant longtemps » – Le Monde

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Mardi 14 avril, Toulouse, 20 heures, des familles de la Rue Raymond IV applaudissent à la fenêtre pour rendre hommage aux personnels hospitaliers.

Mardi 14 avril, Toulouse, 20 heures, des familles de la Rue Raymond IV applaudissent à la fenêtre pour rendre hommage aux personnels hospitaliers. ULRICH LEBEUF / MYOP POUR « LE MONDE »

Les Français ne retrouveront « pas tout de suite et probablement pas avant longtemps » leur « vie d’avant » la crise du coronavirus, a averti, dimanche 19 avril, le premier ministre Edouard Philippe. Durant une conférence de presse, il a esquissé les principes d’un déconfinement extrêmement progressif à partir du 11 mai, reposant sur des tests massifs et l’isolement des malades. Alors que l’épidémie poursuit son ralentissement en France, avec 395 décès supplémentaires en 24 heures (19 718 au total) mais un nombre de patients hospitalisés et en réanimation en reflux, « nous marquons des points » mais « nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire », a prévenu le premier ministre.

  • 30 610 personnes sont actuellement hospitalisées, soit 29 personnes de moins que samedi. Une baisse plus faible que ces derniers jours, qu’il faut toutefois relativiser, dans la mesure où les sorties sont toujours plus faibles au cours d’un week-end.
  • 5 744 patients dans un état grave sont pris en charge en réanimation. Lors de la journée écoulée, 137 nouveaux malades ont été admis dans un de ces services. Le solde reste néanmoins négatif depuis onze jours : on compte 89 patients en moins en réanimation par rapport à samedi.
  • Depuis le début de l’épidémie, 36 578 personnes hospitalisées sont rentrées à leur domicile, 595 au cours des dernières vingt-quatre heures.
  • Depuis le 1er mars, la France a enregistré 19 718 décès liés au Covid-19, soit 395 décès de plus en une journée. On compte au total 12 069 morts survenus dans les hôpitaux et 7 649 dans les établissements sociaux médico-sociaux.
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  • « Les grandes règles » du déconfinement

Le chef du gouvernement, qui s’est exprimé pendant plus de deux heures, aux côtés du ministre de la santé, Olivier Véran, depuis Matignon, a insisté :

« Imaginer que, parce que la situation aurait cessé de s’aggraver et qu’elle commencerait à s’améliorer, l’épidémie serait derrière nous, ça, ce serait une erreur. »

M. Philippe a, en outre, assuré qu’il présenterait « dans les jours qui viennent » le plan détaillé de déconfinement qui est « en train d’être travaillé » par l’exécutif. Il a également rappelé que la crise économique serait « brutale » et « ne fait que commencer ».

Actuellement, près des trois-quarts des entreprises artisanales sont fermées, selon une étude réalisée par les chambres de métiers et de l’artisanat (CMA), qui appellent d’urgence l’Etat à un plan de relance. « Les entreprises autorisées ne sont pas épargnées : 26 % d’entre elles ont aussi fermé. Enfin, 58 % des entreprises artisanales ont mis en place l’activité partielle pour leurs salariés ou apprentis », détaille CMA.

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  • 800 000 infractions recensées

Les forces de l’ordre ont réalisé « 13,5 millions de contrôles » depuis le début du confinement et ont constaté « plus de 800 000 infractions », a dit Edouard Philippe.

Grâce aux contrôles, le « respect du confinement a été globalement très satisfaisant », a estimé le premier ministre en conférence de presse, en constatant « une immense diminution du nombre de déplacements » partout en France, aussi bien « vers les commerces, vers les épiceries, vers les stations de transport » que « vers les bureaux ».

  • Un report des élections municipales envisagé

« Nous pensons qu’il sera difficile de tenir les élections au mois de juin », a affirmé dimanche la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, dans l’émission « Dimanche en politique » sur France 3. Le « réalisme conduit » à ce que le second tour des élections municipales ait lieu « sûrement après l’été », et non le 21 juin, comme envisagé dernièrement, ajoute Mme Gourault.

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Début avril, le premier ministre, Edouard Philippe, avait évoqué un décalage « peut-être en octobre », même si l’hypothèse d’un vote le 21 juin n’était pas totalement écartée.

  • Visites possibles dans les Ehpad du Bas-Rhin

Les visites aux pensionnaires des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont à nouveau possibles dans le Bas-Rhin, au cas par cas et en respectant des consignes strictes, a annoncé samedi le président (Les Républicains) du conseil départemental, Frédéric Bierry.

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Selon lui, 94 Ehpad sur les 138 du département sont touchés par des cas de Covid-19. La pandémie y a causé 318 décès, soit 3 % des pensionnaires des établissements du Bas-Rhin.

  • Un objectif de 17 millions de masques produits par semaine

La France va bientôt produire « 17 millions » de masques « grand public » par semaine, avec pour objectif de pouvoir « équiper les Français qui le souhaiteront », a indiqué le ministre de la santé. « Ce sont huit millions de masques qui ont été produits la semaine écoulée dans notre pays. » La veille, Anne Hidalgo a promis 500 000 masques gratuits fin avril pour les Parisiens.

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Dans une lettre dont l’Agence France-Presse a obtenu une copie, les principaux opérateurs de transports en commun (SNCF, RATP, Transdev, UTP, Keolis…) ont de leur côté demandé au premier ministre de rendre le port du masque obligatoire non seulement dans les transports mais dans tous les lieux publics où la distanciation sociale est impossible.

  • Des traces « infimes » de coronavirus dans l’eau non potable à Paris

La mairie de Paris a fait savoir, dimanche, que des « traces infimes » du coronavirus SARS-CoV-2 ont été découvertes dans le réseau d’eau non potable de la ville, qui est notamment utilisé pour nettoyer les rues. Le laboratoire de la régie municipale Eau de Paris les a relevées « ces dernières vingt-quatre heures » sur quatre des 27 points de prélèvements testés. La mairie a suspendu immédiatement l’usage de son réseau d’eau non potable, dans le cadre du « principe de précaution ».

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  • Bayonne privée de ses traditionnelles fêtes cet été

« Il tombait sous le coup du bon sens que les fêtes [prévues du 28 juillet au 2 août] ne pouvaient pas se tenir cet été, la situation sanitaire en France ne le permettra pas », a expliqué le maire de Bayonne, Jean-René Etchegaray (UDI), qui se refuse à parler d’annulation.

Une réunion de la commission extra-municipales des fêtes, qui rassemble associations culturelles, cafetiers, peñas (clubs associatifs) et représentants des groupes politiques du conseil municipal, est prévue « fin juin » pour évoquer l’éventualité de décaler à l’automne, sous un format à déterminer, les festivités.

  • L’Etat au secours des grandes entreprises

Le distributeur Fnac Darty a annoncé dimanche avoir obtenu un prêt de 500 millions d’euros, dont 70 % garantis par l’Etat, afin de pouvoir redémarrer avec un socle de liquidités. C’est le premier prêt que l’Etat octroie à une grande entreprise française, a souligné le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Les besoins sont encore nombreux. Le fonds de solidarité de 7 milliards d’euros pour soutenir les entreprises pendant la crise a reçu à ce stade plus d’un million de demandes, a déclaré dimanche Edouard Philippe lors d’une conférence de presse. Le dispositif permet aux entreprises ayant subi une chute de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires de recevoir 1 500 euros, un montant qui monte à 5 000 euros pour celles menacées de faillite.

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