Coronavirus en France : les commerçants « fermement décidés à ouvrir » après le 11 mai – Le Monde

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Les applaudissements quotidiens au personnel soignant dans un immeuble de Nice, le vendredi 24 avril 2020 à 20 heures, au 39e jour du confinement.

Les applaudissements quotidiens au personnel soignant dans un immeuble de Nice, le vendredi 24 avril 2020 à 20 heures, au 39e jour du confinement. VALERY HACHE / AFP

Alors que le gouvernement doit finir de préparer, ce week-end, le déconfinement progressif du pays à compter du 11 mai, le dernier bilan des victimes de la pandémie de Covid-19 en France fait état de 22 245 morts depuis le 1er mars, dont 389 entre jeudi et vendredi.

La pression continue de diminuer dans les hôpitaux, avec un nombre de cas graves en réanimation en baisse continu depuis seize jours (4 870 cas annoncés vendredi, soit 183 patients de moins que la veille), mais « la circulation du virus reste à un niveau élevé » et la France fait toujours face à « une épidémie massive et sévère », a insisté vendredi le directeur général de la santé, Jérome Salomon.

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  • Le gouvernement attendu la semaine prochaine sur le déconfinement

Le premier ministre, Edouard Philippe, doit tenir « plusieurs réunions de travail durant le week-end sur les sujets prioritaires », parmi lesquels les masques, les tests ou les transports, avant la présentation de son plan de déconfinement la semaine prochaine.

Le masque sera-t-il obligatoire dans les transports ? Le retour à l’école sera-t-il échelonné, se fera-t-il sur la base du volontariat ? Les commerces rouvriront-ils partout ou seulement dans certaines régions ? Les premières pistes évoquées ont eu tendance à semer la confusion. Une certitude : les élus locaux seront en première ligne. Consultés jeudi et vendredi par le premier ministre, ils seront à nouveau reçus lundi par la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault.

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  • Un objectif de 500 000 tests par semaine d’ici le 11 mai

Le ministre de la santé, Olivier Véran, visite samedi matin à Saint-Denis (Saine-Saint-Denis) un laboratoire qui réalise des tests PCR, c’est-à-dire des tests virologiques permettant de dire qu’un malade est infecté ou non. L’entreprise a dû réorganiser son plateau technique pour répondre aux besoins de l’épidémie. Il s’agit du premier déplacement de M. Véran depuis un mois.

L’objectif du gouvernement est de pouvoir réaliser 500 000 tests par semaine d’ici le déconfinement le 11 mai. Selon M. Véran, la France en réalise « 40 000 à 50 000 par jour » en ce moment. L’enjeu réside aussi dans la généralisation prochaine de tests sérologiques, en attente d’homologation. Ces tests sanguins permettent de savoir si une personne a été infectée par le virus et le niveau d’anticorps développé offrant une potentielle immunité.

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Olivier Véran devait aussi se rendre samedi matin à la Maison de la solidarité de Saint-Denis, cruciale pour la distribution d’aide alimentaire qui, dans le département, doit bénéficier à 25 000 foyers. Au niveau national, une enveloppe de 39 millions d’euros a été débloquée jeudi pour l’aide alimentaire des foyers les plus modestes.

A l’approche du déconfinement, le gouvernement veut, par ailleurs, rendre plus accessible les masques grand public. Plusieurs circuits de distribution sont à l’étude, entre les pharmacies, la grande distribution, les mairies, les buralistes ou l’e-commerce. De premières expérimentations seront faites à partir du 4 mai, selon Agnès Pannier Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, dans une interview au quotidien Les Echos vendredi. Parallèlement, les vendeurs de tissu ont été autorisés à rouvrir dès vendredi pour donner aux Français la matière première nécessaire à la fabrication de masques « maison ».

  • Le secteur de l’hôtellerie et la restauration fixés fin mai

Le président Emmanuel Macron s’est également efforcé de rassurer un autre secteur paralysé depuis plus de deux mois en raison du confinement, celui des restaurants, bars ou hôtels, lors d’une visioconférence vendredi avec leurs représentants. L’accès au Fonds de solidarité sera élargi au 1er juin aux entreprises employant jusqu’à 20 salariés et réalisant jusqu’à deux millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 10 salariés et un million de chiffre d’affaires. Le montant de l’aide sera doublé à 10 000 euros au maximum.

En revanche, la filière devra attendre la fin du mois de mai pour connaître la « décision finale » du gouvernement sur la réouverture des portes. Bruno Le Maire a mis en garde contre toute « précipitation » faisant courir le risque d’une deuxième vague épidémique. « S’il y a une relative sérénité » dans l’évolution de l’épidémie, une réouverture pourrait avoir lieu « entre le 2 juin et le 20 juin », a estimé le chef multi-étoilé Alain Ducasse.

De leur côté, les commerçants sont « mobilisés » et « fermement décidés à ouvrir » après le 11 mai, a assuré samedi sur Europe 1 le président de la Confédération des commerçants de France, Francis Palombi, qui demande toutefois aux pouvoirs publics « que les règles du jeu soient bien avancées ».

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  • Un plan « historique » de soutien pour Air France-KLM

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a promis vendredi une aide massive pour la compagnie Air France à hauteur de 7 milliards d’euros en prêts bancaires garantis par l’Etat ou en prêts directs. Cette annonce a précédé celle, par le gouvernement néerlandais, d’une aide importante pour KLM également.

Au total, ce sont quelque dix milliards d’euros dont bénéficiera le groupe aérien franco-néerlandais Air France-KLM, à condition toutefois de devenir « la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète ». Bruno Le Maire a également évoqué une aide de cinq milliards d’euros pour le groupe automobile Renault.

  • Un taux de mortalité en hausse de 25 % par rapport à 2019 en raison du Covid-19

Le nombre de morts en France entre le 1er mars et le 13 avril 2020 est en hausse de 25 % par rapport à l’an passé pour la même période, a annoncé l’Insee vendredi : 93 839 en 2020 contre 75 100 en 2019 et 83 108 en 2018.

Les régions les plus touchées par l’épidémie sont

  • l’Ile-de-France (+ 91 %) ;
  • le Grand-Est (+ 61 %) ;
  • la Bourgogne-Franche-Comté ;
  • les Hauts-de-France (+ 24 % chacune).

Trois départements comptent au moins deux fois plus de décès que l’an passé :

  • le Haut-Rhin (+ 144 %) ;
  • la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine (+ 128 %).
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Le Monde avec AFP

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