Coronavirus en France : des impératifs avant d’envisager un déconfinement – Sud Ouest

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La fin du confinement en France ne pourra être envisagée que lorsque la “saturation” des services de réanimation aura été “jugulée” et que les “mesures de contrôle” qui prendront le relais seront “opérationnelles”, estime le Conseil scientifique, le groupe d’experts qui conseille le gouvernement, dans son dernier avis.

“Avant d’envisager une sortie du confinement, le gouvernement devra s’assurer que l’objectif” de “soulager les services de réanimation français” est “atteint”, “sur la base d’indicateurs épidémiologiques”, souligne le texte transmis la semaine dernière au gouvernement et rendu public mardi soir.

“Les équipes de soignants devront également bénéficier d’une période suffisante pour récupérer de l’effort considérable fourni (…) et les stocks de matériel, traitements spécifiques à la réanimation et équipement de protection devront être reconstitués”, ajoute l’avis, le cinquième depuis la mise en place de cette instance le 10 mars, pour guider les pouvoirs publics dans leur stratégie contre l’épidémie de Covid-19.

Deux autres critères

Une immunité aujourd’hui “vraisemblablement inférieure à 15%”

Les membres du conseil, présidé par Jean-François Delfraissy, ajoutent deux autres critères sur lesquels la sortie de confinement “peut être décidée” : “une réduction du nombre de cas Covid-19 sur le territoire national” et “s’assurer que les éléments d’une stratégie post-confinement seront opérationnels”.

“Idéalement”, la réduction du nombre de malades “devra être suffisamment importante pour que la détection des nouveaux cas de façon systématique redevienne possible” afin de “contrer précocement les reprises de l’épidémie” en appliquant “rapidement les mesures de contrôle auprès des cas et de leurs contacts”.

Les 13 experts (dont le Bordelais Denis Malvy du Chu de Bordeaux) estiment en effet que l’immunité de la population face au coronavirus est actuellement “très vraisemblablement inférieure à 15%” et ne peut donc pas encore jouer un rôle dans le contrôle de l’épidémie.

Des moyens de protection et des tests

Quant aux éléments nécessaires au post-confinement, en attendant d’éventuels “traitements efficaces contre le virus”, il s’agit de “la disponibilité des protections matérielles (gels hydro-alcooliques, masques…), des “capacités de diagnostic rapide” de l’infection avec une surveillance épidémiologique renforcée et des “nouveaux outils numériques permettant de renforcer l’efficacité du contrôle sanitaire de l’épidémie”.

Cela suppose aussi que les autorités aient défini les “mesures de distanciation sociale qui seront maintenues” après le confinement, les “modalités d’isolement des cas et de leurs contacts”, une “politique de contrôle aux frontières” et “la protection des personnes vulnérables” ou à risque “du fait de leur situation d’habitat (migrants, prisons, personnes en institution)”.

Ces mesures seront “plus facilement supportables et moins coûteuses pour la société” que le confinement mais “resteront néanmoins fortes”, avertit le Conseil scientifique, qui insiste sur le fait qu’en parallèle de ces réflexions, la “priorité” actuelle demeure “la poursuite d’un confinement renforcé dans la durée”.

En vigueur depuis le 17 mars, le confinement sera “probablement” prolongé au delà du 15 avril, a indiqué le Premier ministre Edouard Philippe. Dès le 24 mars, le conseil scientifique estimait qu’il durerait “vraisemblablement au moins six semaines”.

Sud Ouest

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