Coronavirus : décès de Li Wenliang, médecin chinois qui avait donné l’alerte – Le Parisien

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Li Wenliang fait désormais partie des quelque 565 victimes du coronavirus. Le médecin chinois de 34 ans, un des premiers à avoir donné l’alerte sur le 2019-nCoV, a succombé à la maladie ce jeudi soir (2h58 vendredi, heure locale). Il est mort à l’hôpital central de Wuhan, établissement dans lequel il était soigné. « Nous le déplorons profondément et le regrettons », a déclaré l’hôpital sur le réseau social chinois Weibo.

Les médias officiels chinois avaient annoncé le décès de l’ophtalmologue dès ce jeudi après-midi, avant de revenir sur cette information. « L’hôpital central de Wuhan a indiqué sur Weibo que Li Wenliang est encore en salle de soins intensifs », avait ainsi corrigé le journal Global Times sur Twitter. L’établissement médical a finalement annoncé sa mort plus tard dans la soirée.

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Ce rétropédalage a provoqué une colère sans précédent des internautes chinois, rapportent des utilisateurs de Twitter.

Un message sur WeChat le 30 décembre

Li Wenliang a été érigé en lanceur d’alerte par l’opinion publique et le gouvernement, après avoir été réduit au silence par les autorités de Wuhan. Le jeune médecin, dont l’épouse est enceinte de leur deuxième enfant, a donné l’information dès le 30 décembre 2019 qu’ un virus ressemblant au Sras se propageait à Wuhan.

« Sept personnes sont en quarantaine », a-t-il écrit sur WeChat -la messagerie instantanée la plus populaire en Chine-, à destination de ses camarades de médecine. L’épidémie de Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), apparue en 2002 en Chine, a tué 349 personnes dans le pays et 774 au niveau mondial. En quelques heures, les captures d’écran de son message sont devenues virales.

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La police de Wuhan a convoqué le médecin le 3 janvier, l’accusant d’avoir « répandu des rumeurs en ligne » et « perturbé gravement l’ordre social ». Li Wenliang a dû signer une déclaration dans laquelle il reconnaissait son « délit ». Mais devant l’ampleur de l’épidémie, les autorités chinoises ont changé radicalement de discours, saluant le geste de l’ophtalmologue. D’une menace à l’ordre public, il est devenu un héros.

Li Wenliang est tombé malade mi-janvier. Il a annoncé le 1 er février être atteint du coronavirus. Son décès est toutefois une surprise au regard des statistiques de mortalité du virus. 80 % des victimes du 2019-nCoV étaient âgées de 60 ans ou plus et 75 % souffraient déjà de problèmes de santé, a en effet affirmé le 4 février la Commission nationale de la santé (CNS), se fondant sur les bilans précédents.

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