Coronavirus : comment vont se passer l’annonce et le vote du plan de déconfinement – Le Figaro

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Comment déconfiner 67 millions d’habitants à partir du 11 mai ? Le plan du gouvernement sera présenté par le premier ministre mardi, à 15 heures, à l’Assemblée nationale. Très attendue en pleine épidémie de Covid-19, la déclaration d’Édouard Philippe sera suivie d’un débat et d’un unique vote des députés. À l’approche d’une journée historique, Le Figaro présente les détails d’une méthode déjà critiquée par les oppositions.

● Une déclaration historique devant un hémicycle quasi-vide

Chaque mot devrait être pesé au trébuchet. Mardi, à 15 heures, à la tribune de l’Assemblée nationale, Édouard Philippe déclinera les grandes lignes du plan gouvernemental de déconfinement, promis par Emmanuel Macron dans son allocution télévisée, le 13 avril dernier. Cette présentation, devant les députés plutôt qu’ailleurs, a été retenue par le premier ministre afin de «respecter» le rôle du Parlement, insiste-t-il. Elle sera diffusée à la télévision et remplace les «Questions au gouvernement», reportées à mercredi, 11 heures.

Pour autant, la traditionnelle affluence des grands débats parlementaires ne sera pas au rendez-vous. La déclaration a beau s’annoncer historique, seuls 75 députés au maximum (sur 577) pourront être présents, à proportion de la taille des groupes politiques – 100 personnes tout au plus, avec les ministres et les fonctionnaires. Drastiquement réduit dans un premier temps, le format a été élargi la semaine dernière, dans la limite fixée pour les rassemblements en lieu clos, face à l’épidémie de Covid-19.

● Plus de 3 heures de débat

Une fois son discours achevé, Édouard Philippe rejoindra le banc des ministres. S’engagera alors un débat, que le gouvernement a décidé de faire suivre d’un vote. Une procédure rendue possible en 2008 par la réforme de la Constitution, via son article 50-1, pour renforcer le Parlement dans son rôle de contrôle de l’exécutif.

Au total, le débat devrait durer plus de 3 heures, découpées en trois actes. D’abord, les représentants de chacun des huit groupes politiques répliqueront au premier ministre ; ensuite, Edouard Philippe leur répondra ; enfin, un député de chaque groupe justifiera son vote. La méthode est identique à celle employée en septembre dernier, lors du débat sur la politique migratoire – lequel n’avait toutefois pas été suivi d’un vote.

● Un vote unique, cible des critiques

En début de soirée, mardi, les députés finiront par voter le plan de déconfinement. Les 75 élus présents – au maximum – dans l’hémicycle ne seront pas les seuls à se prononcer : ils porteront chacun les voix des membres de leur groupe. Les députés à la position différente pourront toutefois se manifester auprès des services de l’Assemblée, jusqu’à 18 heures. Résultat, le vote de chacun sera connu à l’issue du scrutin.

Alors que deux votes étaient prévus – ce mardi sur le traçage numérique des malades du Covid-19, le suivant sur le déconfinement -, le scrutin sera finalement unique. Ce changement de programme, annoncé samedi par le premier ministre, est pointé du doigt par des députés «Marcheurs» et des élus d’opposition, de La France Insoumise (LFI) aux Républicains (LR) : ils auraient voulu disposer d’un temps de réflexion plus long. Mais l’exécutif a écarté, lundi, tout report du scrutin.

● Un vote non contraignant, mais révélateur de la stratégie des partis

Le gouvernement devrait être soutenu par l’Assemblée nationale mardi, grâce à sa majorité absolue de députés. Mais même en cas de désaveu surprise, il ne serait pas obligé de renoncer à sa stratégie : le scrutin prévu par l’article 50-1 de la Constitution n’est que consultatif. Contrairement au vote contraignant, prévu en mai, sur le projet de loi qui découlera du plan de déconfinement.

Sans attendre ce texte, le positionnement des députés, mardi, révélera la stratégie des partis. Les Républicains voteront-ils pour le plan, après avoir avalisé les textes d’urgence présentés depuis le début de la crise ? Les Insoumis s’y opposeront-ils tous d’une seule voix, comme l’a indiqué Jean-Luc Mélenchon, remonté contre la «méthode insupportable» du gouvernement ? Des «frondeurs» macronistes se manifesteront-ils ?

En soumettant sa stratégie à l’Assemblée nationale, l’exécutif prend un risque : mettre au jour les brèches à l’«union nationale» face au virus, pourtant appelée de ses vœux par Emmanuel Macron.

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