Coronavirus : comment se déroulera le déconfinement en France ? – LaDepeche.fr

Spread the love

l’essentiel La France se dirigerait vers un déconfinement progressif, selon Edouard Philippe, interrogé mercredi soir par visioconférence par la toute nouvelle mission d’information de l’Assemblée nationale sur la gestion gouvernementale de la crise. 
 

Quand et comment se déroulera le déconfinement en France? Pour l’heure, le confinement général est ordonné jusqu’au 15 avril. Mais il devrait vraisemblablement être de nouveau prolongé. Le conseil scientifique de l’exécutif (dont l’avis est consultatif) sur le Covid-19 estimait, lui, que “le confinement durera vraisemblablement au moins six semaines à compter de sa mise en place”, le 17 mars. Soit jusqu’au 28 avril. Pourquoi? “Le confinement est actuellement la seule stratégie réellement opérationnelle, l’alternative d’une politique de dépistage à grande échelle et d’isolement des personnes détectées n’étant pas pour l’instant réalisable à l’échelle nationale”, écrivait le conseil le 23 mars.

A lire aussi : Direct. Coronavirus : l’OMS renouvelle sa mise en garde aux jeunes face au Covid-19, suivez notre live

Le gouvernement est dans l’attente de l’arrivée de tests sérologiques, c’est-à-dire par prélèvement sanguin. Ces derniers tests, pratiqués massivement, devraient notamment permettre de mesurer “la proportion de nos concitoyens ayant été au contact avec le virus” et donc le degré d'”immunisation” de la population, a expliqué le Premier ministre ce mercredi 1er avril. “Nous nous préparons à tester très largement la population”, avait déjà confirmé le ministre de la Santé Olivier Véran samedi 28 mars, sans préciser quand ces tests seront pratiqués.

“Le prélèvement sanguin est bien plus généralisable que le passage de l’écouvillon nasal” commente Éric Vivier, professeur d’immunologie à l’université d’Aix-Marseille et membre de l’Académie nationale de médecine, auprès de nos confrères de “Sciences et Avenir“. Ça va enfin nous donner une cartographie précise de cette épidémie pour laquelle on sait que la majorité des cas sont probablement passés sous les radars des tests diagnostiques.” 

Vers un déconfinement progressif 

Dès lors, est-il possible d’envisager un déconfinement dans un futur proche, et comment se déroulera-t-il? Edouard Philippe a jugé “probable” mercredi que le déconfinement en France ne se fasse pas “en une fois, partout et pour tout le monde”, en espérant pouvoir présenter une ébauche de stratégie “dans les jours, la semaine qui viennent”. En d’autres termes, la France se dirigerait vers un déconfinement progressif.

Pour le Conseil scientifique, la “politique de dépistage à grande échelle” devra être accompagnée d’une “politique d’isolement des personnes détectées”. Les personnes saines seront-elles autorisées à reprendre une vie normale? Les régions les moins touchées rouvriront-elles restaurants, entreprises, bars, écoles, cinémas avant les autres?

Nous avons demandé à plusieurs équipes de travailler sur cette question en étudiant l’opportunité, la faisabilité d’un déconfinement qui serait régionalisé, qui serait sujet à une politique de tests, en fonction, qui sait, de classes d’âge”, a poursuivi le Premier ministre. Plusieurs hypothèses seraient donc envisagées : un déconfinement selon les régions, selon les classes d’âge, ou en fonction de la capacité à tester la population. 

Les personnes âgées pourraient donc rester confinées “plus longtemps”, selon le Professeur Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, et membre du Conseil Scientifique COVID-19​. “À partir de 60 ans, le risque de développer une forme grave et de mourir de la maladie est plus important. Le seuil peut-être placé à 65, 70 ans, qui détermine les gens pour qui il faudra rester extrêmement prudent car s’ils étaient à nouveau exposés au virus ils seraient plus à même de faire des formes graves”, explique-t-il au micro d’Europe 1.

Une question “redoutablement complexe”

Une chose est sûre : “Nous aurons encore à appliquer les mesures barrières, à être attentifs au lavage des mains, aux distances” au moins pendant “quelques mois”, après la réouverture des écoles ou des entreprises, a de son côté assuré le directeur général de la santé Jérôme Salomon sur France Info.

Le Premier ministre a également apporté des précisions sur l’hypothèse de “traquer” les “cas contacts” par le biais d’informations numériques : “On pourrait peut-être, sur le fondement d’un engagement volontaire, utiliser ces méthodes pour mieux tracer la circulation du virus et les contacts (…) mais nous n’avons pas aujourd’hui d’instrument légal et nous ne travaillons pas aujourd’hui sur des instruments qui rendraient obligatoire ce tracking.” En Chine, ou le déconfinement a commencé, la température des passants est contrôlée “partout”. “Quand je sors de ma résidence, quand je vais faire mes courses, en bas de mon bureau, quand je rentre dans un restaurant, quand je prends le métro…”, nous confie Louis, ingénieur à Shenzhen. Un scénario qui n’a jamais été évoqué par le gouvernement français. 

Interrogé par le président de l’Assemblée Richard Ferrand sur les critères qui conduiront au choix du déconfinement, Edouard Philippe a qualifié la question de “redoutablement complexe”, rappelant qu’il n’y avait “pas de précédent” ni de “méthode éprouvée”. “L’indicateur décisif” restera cependant “le nombre de cas sévères”, l’exécutif tentant de faire en sorte que ce volume “ne dépasse pas le nombre de places d’accueil en service de réanimation”. “Si le taux de Français immunisés est trop faible, le virus pourrait repartir”, a cependant mis en garde Olivier Véran. Pour l’heure, aucun pays européen n’a entamé le stade du déconfinement. 

Leave a Reply