Coronavirus : comment la France se prépare à une possible « épidémie » – Le Monde

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Des recommandations pour les personnes revenant de Lombardie et de Vénitie, en Italie, un bus contrôlé à Lyon, un commissariat parisien fermé quelques heures… Tandis que l’épidémie de nouveau coronavirus s’accélère à travers la planète – au total, quelque 78 000 personnes ont été contaminées dans une trentaine de pays et territoires –, la France n’échappe pas à l’inquiétude.

Le pays se prépare à une possible « épidémie », selon les mots du ministre de la santé, Olivier Véran, dans un entretien au quotidien Le Parisien, dimanche, qui a estimé « très probable » la possibilité de nouveaux cas en France. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a d’ailleurs appelé les gouvernements à se préparer à une « éventuelle pandémie » du nouveau coronavirus, en jugeant « très préoccupante (…) l’augmentation soudaine » de nouveaux cas en Italie, en Corée du Sud et en Iran.

  • La France prête à « augmenter les capacités de réponse si c’était nécessaire »

Olivier Véran a ainsi évoqué de nouvelles mesures montrant que, face à « une situation très évolutive », la France se préparait à une épidémie. « Pour accueillir les éventuels malades, nous disposions jusqu’à présent de 38 établissements de santé, essentiellement les CHU. J’ai décidé, en accord avec le premier ministre, que 70 établissements sièges d’un SAMU seront activés dès demain [lundi] pour augmenter nos capacités de réponse si c’était nécessaire », a déclaré le ministre, au sortir d’une réunion avec Edouard Philippe à Matignon.

Le ministre de la santé a fait part de son souhait d’accroître les capacités en matière de tests diagnostiques « pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d’analyses par jour et sur tout le territoire, contre quatre cents aujourd’hui », et en équipements de protection individuelle, notamment en commandant, « en quantité », des masques de protection.

« Nous prenons toutes les mesures qui sont nécessaires pour assurer la sécurité des Français », a affirmé le ministre. Il a précisé s’être entretenu avec ses homologues italien et allemand, et avoir convenu avec eux d’un entretien réunissant plusieurs ministres de la santé de l’Union européenne, probablement la semaine prochaine.

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  • Mesures de précaution pour les personnes revenant d’Italie

Une série de recommandations a été émise pour les personnes revenant des deux régions italiennes touchées, la Lombardie et la Vénétie, en leur demandant notamment d’éviter « toute sortie non indispensable ». En outre, les enfants de retour de ces régions « ne doivent pas être envoyés à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée », selon ces recommandations gouvernementales, qui portent sur les quatorze jours suivant le retour (durée jugée suffisante pour couvrir la période d’incubation du virus).

Avec onze villes en quarantaine depuis dimanche, soit plus de 50 000 habitants confinés, l’Italie est devenue le premier foyer de l’épidémie de Covid-19 en Europe. Une cinquième personne y est morte lundi.

Ces recommandations étaient déjà en vigueur pour la Chine (Chine continentale, Hongkong, Macao) et ont été élargies vendredi à Singapour puis dimanche aux deux provinces italiennes ainsi qu’à la Corée du Sud, a précisé le ministère de la santé.

Les travailleurs et les étudiants doivent, « dans la mesure du possible », privilégier « le télétravail » et éviter « les contacts proches (réunions, ascenseurs, cantine). Toutes les personnes de retour de ces endroits doivent prendre leur température deux fois par jour et surveiller » l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (toux, difficultés à respirer…). « Il leur est demandé de porter un masque chirurgical lorsqu’elles sont en face d’une autre personne et lorsqu’elles doivent sortir. »

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  • Un bus en provenance d’Italie bloqué à Lyon

JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Un bus en provenance de Milan a été bloqué lundi à Lyon en raison d’une suspicion de coronavirus à bord. Passé par Turin et Grenoble, le véhicule de la compagnie FlixBus a été mis à l’écart dans la gare routière de Perrache et ses passagers confinés à l’intérieur pendant plusieurs heures. Le bus a été entièrement évacué peu après 13 heures, par petits groupes de passagers, tous porteurs d’un masque, encadrés par des secouristes.

Selon le site d’information LyonMag, l’un des chauffeurs de nationalité italienne, pris d’une forte toux, avait auparavant été évacué en ambulance pour subir des analyses. Version étayée par un couple de voyageurs de 24 ans, monté dans le bus à Lyon avant le confinement, et autorisé à repartir avant l’évacuation des autres passagers.

  • Le tourisme en Ile-de-France suspendu au coronavirus

L’incertitude liée à l’épidémie de coronavirus plane sur la destination favorite des Chinois en Europe, avec environ 1 million de visiteurs l’an dernier. « L’économie touristique francilienne est pour l’instant dans une grande incertitude » faute de pouvoir évaluer, à ce stade, la durée et l’impact de l’épidémie de coronavirus, a déclaré la présidente de la région, Valérie Pécresse.

« Pour l’instant, les prévisions aériennes nous indiquent une baisse de 60 % du marché chinois pour février, mars et avril 2020, par rapport à la même période de 2019 », a-t-elle ajouté, en présentant le bilan annuel du comité régional du tourisme (CRT). « Or, la clientèle asiatique est absolument majeure pour nous », a-t-elle souligné.

Cinquième clientèle internationale pour la région, les touristes chinois sont la deuxième en termes de dépenses, avec 1 milliard d’euros de recettes l’an dernier. Si l’épidémie « touche d’autres pays d’Asie » et « arrive en Europe, les prévisions deviennent beaucoup plus alarmistes », a-t-elle souligné. A titre de comparaison, l’épidémie de SRAS « avait eu un effet très fort sur les déplacements des touristes asiatiques, avec une baisse de 300 000 visiteurs en 2003 comparé à 2002 », a rappelé Mme Pécresse.

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