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Coronavirus: comment la controversée chloroquine est revenue dans la course au traitement – LaDepeche.fr

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l’essentiel Remède miracle pour les uns, médicament aux effets secondaires trop dangereux pour les autres… Les traitements contre le Covid-19 à base de chloroquine, un antipaludique, avaient été écartés mi-février, après une étude chinoise trop peu détaillée. Convaincu de son efficacité, le professeur marseillais Didier Raoult a pourtant lancé son propre essai clinique il y a quelques jours. Et les résultats semblent “prometteurs”.

La chloroquine, ce traitement contre le paludisme utilisé depuis la fin des années 40, serait-il finalement le remède au Covid-19 ? C’est en tout cas ce que soutient Didier Raoult, infectiologue et membre du conseil scientifique mis en place par le gouvernement.

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Ce médecin de l’IHU – Méditerranée Infection à Marseille a ainsi mené des tests ces derniers jours sur 24 patients atteints par le coronavirus. Ces derniers ont reçu un traitement à base de chloroquine. Pour Didier Raoult, les essais se sont révélés “prometteurs” : en six jours, 75 % malades ne sont plus porteurs du virus (contre seulement 10 % de ceux qui n’ont pas reçu le traitement).

Des essais cliniques étendus

Une avancée encourageante, qui a poussé le laboratoire français Sanofi à offrir aux autorités françaises quelque 300 000 doses de l’antipaludique Plaquenil (un des noms commerciaux de la chloroquine).

De son côté, le ministère de la Santé souhaite “étendre ces essais cliniques, qui seront dupliqués sur un plus grand nombre de patients”, a annoncé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Cette dernière a par ailleurs précisé que ces nouveaux essais seront réalisés avec une équipe indépendante du professeur Raoult.

Didier Raoult, infectiologue au CHU de la Timone, à Marseille.
Didier Raoult, infectiologue au CHU de la Timone, à Marseille. – AFP

Si le gouvernement surveille de près ces avancées, il n’en demeure pas moins prudent, soulignant qu’à ce stade, “nous n’avons pas de preuve scientifique” que ce traitement fonctionne. Plusieurs experts se montrent eux aussi réservés.

L’étude chinoise controversée de février

Déjà en février, une étude chinoise menée sur une centaine de patients avait mis en avant l’efficacité de la chloroquine : “Les capacités antivirales et anti-inflammatoires de la chloroquine pourraient jouer dans son efficacité potentielle à traiter des patients atteints de pneumonies provoquées par le Covid-19”, présentaient alors les médecins chinois.

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Mais l’espoir suscité avait rapidement été douché, en raison de la grande toxicité du médicament et des effets indésirables possiblement graves, notamment en cas de surdosage. Plusieurs experts avaient alors appelé à la prudence, pointant les limites de l’étude chinoise. “Il faut être extrêmement circonspect et prudent, notait François Maignen, docteur en pharmacie et spécialiste de santé publique. En l’absence de données cliniques solides et publiques, on ne peut pas en déduire une preuve d’efficacité ni des recommandations ».

Le professeur Jean-Paul Giroud, spécialiste en pharmacologie et membre de l’Académie nationale de Médecine, alertait pour sa part sur les effets indésirables du traitement: “affections du système immunitaire, affections gastro-intestinales, nausées, vomissements, troubles au niveau hépatique voire hématologique”.

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Les limites de l’essai clinique français

À l’inverse de ses confrères, le professeur Didier Raoult avait relayé l’étude en parlant d’une “excellente nouvelle”. Interrogé à ce sujet mi-février, l’infectiologue se montrait confiant dans l’efficacité du traitement, soulignant les “ajustements sur la dose qu’il faut donner et le temps pendant lequel il faut administrer le médicament”. Et de lancer, quelques semaines plus tard, son propre essai clinique sur 24 personnes volontaires, avec l’accord des autorités de santé.

Plusieurs scientifiques pointent cependant le faible niveau de preuve apporté par l’étude, compte tenu du peu de patients impliqués dans l’essai clinique. Ils remarquent également que seul un critère est pris en compte: la baisse de la charge virale.

Les prochains essais cliniques devront donc faire la preuve de l’efficacité ou non de la chloroquine.

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