Coronavirus : ce qu’il faut savoir ce mardi 30 juin – Le Figaro

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Bonsoir,

L’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn a livré ses explications à la commission d’enquête parlementaire. La France a enregistré 30 nouveaux décès liés au Covid-19 ces dernières 24 heures. La Cour des comptes a rendu un rapport alarmant sur l’état des finances publiques, plombées par la crise. Enfin, les professionnels anticipent une stagnation voire une baisse des prix de l’immobilier dans les six prochains mois, selon notre baromètre réalisé en partenariat avec la FNAIM.

Bonne lecture,

Roland Gauron, journaliste au Figaro

1. Ce qu’il s’est passé aujourd’hui

L’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn était auditionnée mardi par les députés désireux de «tirer les leçons» de la crise du coronavirus. Jean-Christophe Marmara / Le Figaro

Agnès Buzyn sur le gril. L’ancienne ministre de la Santé était auditionnée ce soir devant la commission d’enquête parlementaire. Maladroite et confuse , Agnès Buzyn a peiné à convaincre malgré ses justifications. «Vous ne pouvez pas dire que je n’ai pas anticipé ! Je n’ai à aucun moment sous-estimé le risque. Il n’y a pas une journée où n’avons pas anticipé par rapport à l’OMS, et aux décisions internationales», s’est-elle défendue, visiblement très émue. Agnès Buzyn assure avoir eu «l’intuition» dès le 22 janvier de la potentielle gravité de l’épidémie, lorsque l’information selon laquelle le virus pouvait se transmettre d’un être humain à un autre a été connue. Elle assure alors avoir immédiatement demandé un état de lieux de tous les stocks d’équipements de protection, et notamment de masques, ainsi que du nombre de lits de réanimation et de respirateurs, et avoir lancé une première commande d’un million de masques FFP2. Alors que la «gestion des stocks» de masques, souligne-t-elle, «ne revient pas au ministre».

Où en est l’épidémie ? La France a enregistré 30 nouveaux décès liés au Covid-19 au cours des dernières 24 heures, ce qui porte à 29.843 le nombre de morts depuis le début de l’épidémie. Au total, 8536 personnes sont toujours hospitalisées, dont 602 patients en service de réanimation. Le virus continue à circuler sur le territoire, a mis en garde la direction générale de la Santé, notant que 301 «clusters» ont été enregistrés depuis le 9 mai, dont 8 nouveaux. Aux États-Unis, où 40.000 nouveaux cas sont actuellement détectés par jour, le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut américain des maladies infectieuses, a averti : «Je ne serais pas surpris si nous atteignions 100.000 par jour si on ne renverse pas la tendance.» Il a refusé de prédire le nombre de décès que la vague actuelle pourrait provoquer, mais selon une estimation publiée la semaine dernière par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies, le pays pourrait atteindre entre 130.000 et 150.000 morts d’ici le 18 juillet.

La soutenabilité de la dette constitue plus que jamais un enjeu, sinon l’enjeu essentiel pour les finances publiques.

Pierre Moscovici, nouveau premier président de la Cour de comptes

Alerte sur les finances publiques. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes dresse un tableau apocalyptique de l’état des finances publiques alors que la crise du coronavirus touche de plein fouet l’économie du pays. «La France n’a pas abordé cette crise avec des finances publiques restaurées», s’inquiètent les magistrats de la rue Cambon. L’Hexagone paie le prix fort de sa très faible capacité à assainir ses comptes, avec un déficit et une dette qui explosent bien plus que dans certains autres pays de la zone euro. La dette pourrait s’envoler dans la décennie à venir, jusqu’à 140% du PIB en cas de «faiblesse persistante» de l’économie. «La soutenabilité de la dette constitue plus que jamais un enjeu, sinon l’enjeu essentiel pour les finances publiques», affirme Pierre Moscovici, nouveau premier président de la Cour des comptes. L’institution appelle ainsi le gouvernement à un effort «dans la durée» afin de rééquilibrer les comptes publics.

Le marché immobilier s’enraye. La perception du marché par les agents immobiliers marque de très nets changements avec la pandémie de Covid-19, d’après notre baromètre réalisé en partenariat avec la FNAIM. Aux yeux des adhérents de la Fédération nationale de l’immobilier, l’envolée des prix est bel et bien finie. Ils sont 53% à voir les prix des logements anciens se stabiliser dans les six prochains mois et 31% à penser qu’ils vont baisser. «Nous sommes dans un marché en train de se corriger par rapport aux tendances que nous enregistrions avant le confinement», analyse Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM. En cause: le resserrement de l’accès au crédit. Afin d’éviter de gripper la machine, les professionnels estiment qu’il est vital de revenir à des conditions un peu plus souples de crédit immobilier, notamment en se concentrant sur le reste-à-vivre des ménages plutôt que sur le sacro-saint taux d’endettement de 33 % au maximum.

2. Voir, voyager, collectionner…

La découverte des hortillonnages d’Amiens, à deux pas du centre-ville, se fait à pied et surtout en bateau. ADRT80-AB

Voyager. Valérie Sasportas nous emmène découvrir les hortillonnages d’Amiens, la «petite Venise du Nord». Le Festival international de jardins y débutera le 14 juillet. Son organisateur Gilbert Fillinger, directeur de l’association Art & Jardins, l’a reçue sur place pour une promenade en bateau au milieu de ses potagers flottants enserrés dans les bras de la Somme. «Il faut se plonger dans la quiétude d’une promenade silencieuse en bateau pour apprécier combien l’endroit est unique et merveilleux», souffle-t-il. Grâce à lui, les artistes sèment depuis 11 ans leurs œuvres entre eau et terre. L’édition 2020 sera placée «sous le signe du changement climatique et du manger sain» en 29 jardins, 23 installations et une architecture flottante. Notre journaliste propose un détour par la cathédrale dont la splendide façade s’illuminera tous les soirs du 10 juillet au 30 septembre.

Voir. Arte diffuse ce soir le documentaire Chine-USA, la bataille de l’OMS , de Pierre Haski. Ce dernier pose un cruel diagnostic pour l’organisation pourtant chargée depuis 1948 d’alerter et de protéger le monde des fléaux. Il montre comment son directeur, proche de Pékin, a fermé les yeux sur les responsabilités du régime, entraînant une perte de temps qui a coûté de nombreuses vies. «Le passage sur Taïwan avec qui la direction de l’OMS a refusé de communiquer sur l’épidémie pour ne pas froisser Pékin est édifiant. Paradoxalement, ce pays exclu par l’OMS, a dû se débrouiller seul et affiche le bilan incroyable de moins de dix morts», souligne notre collègue Léa Lutaud. Pierre Haski revient aussi sur l’histoire de l’organisation – ses victoires comme l’éradication de la variole, ses échecs contre Ebola – et explique avec pédagogie les luttes politiques en coulisses. Disponible en VOD jusqu’au 28 août sur le site arte.tv.

C’est un marathon à travers la capitale et hors les murs, ouvert à tous et gratuit, à planifier comme on le souhaite grâce à un site très vivant.

Valérie Duponchelle et Béatrice de Rochebouët, du service Culture du «Figaro»

Collectionner. Premier événement test pour le marché de l’art, le Paris Gallery Week-end débute jeudi 2 juillet. L’événement mise sur le retour des collectionneurs. Faute de foires internationales et d’acheteurs étrangers, l’heure est aux initiatives et à la curiosité du public. Valérie Duponchelle et Béatrice de Rochebouët nous détaillent le programme de cette 7e édition. La manifestation qui fédère 60 galeries propose 72 expositions à découvrir en sept parcours à travers la ville. Soit 47 solos, du graffeur JonOne chez Rabouan Moussion à «We Are The Painters» chez In Situ, de Per Kirkeby chez Catherine Putman à Mario Ceroli chez Tornabuoni. Et 25 expositions de groupe comme une forme de synthèse des talents et de l’esprit de chacune des galeries engagées. «C’est un marathon à travers la capitale et hors les murs, ouvert à tous et gratuit, à planifier comme on le souhaite grâce à un site très vivant», conseillent nos journalistes.

Cuisiner. Frédéric Doucet, du restaurant étoilé de la Maison Doucet, nous invite à passer à table chez lui, à Charolles, en Saône-et-Loire. Au menu: bœuf charolais. Il est l’un des chefs qui connaissent le mieux cette viande hors catégorie. «Le bœuf d’ici est exceptionnel. L’herbe qu’il broute est riche, cela donne une viande très rouge, magnifiquement persillée, d’une tendreté inégalable», vante-t-il. Pour achever de nous convaincre, le chef nous montre comment préparer le cœur d’entrecôte maturée de 40 jours qu’il sert habituellement à ses clients. «Elle est accompagnée d’un condiment herbacé, une sorte de pesto qui évolue au gré des saisons», précise-t-il. À déguster de préférence – et avec modération – accompagné d’un mercurey premier cru Champs Martin 2018 de l’épatant domaine Lorenzon.

3. Photo du jour

Le Centre Pompidou rouvre mercredi avec l’épopée de l’empaquetage du Pont Neuf par Christo, reportée par le confinement. La mort, le 31 mai à New York à 84 ans, du grand plasticien médiatique, pourrait contribuer à booster la fréquentation. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

4. Déconfinement, phase 3

Le gouvernement a annoncé une nouvelle série d’assouplissements du déconfinement qui prennent effet à partir de ce lundi 22 juin. Voici ce qui est à nouveau permis :

  • Les Français peuvent retourner au cinéma, au casino, dans les salles de jeux et partir en centres de vacances.
  • Les sports collectifs sont à nouveau autorisés. Les sports de combat restent en revanche interdits, sauf à haut niveau.

Ce qui reste interdit et ce qui devra encore attendre :

  • Les stades et hippodromes rouvriront le 11 juillet, avec un nombre maximal de 5000 spectateurs.
  • Les croisières fluviales attendront la même date. Les croisières en mer pourraient aussi reprendre entre ports européens.
  • Les foires, expositions, salons, discothèques et croisières internationales resteront fermés jusqu’à septembre.
  • Les rassemblements de plus de 10 personnes dans l’espace public sont toujours interdits.
  • Les activités rassemblant plus de 1500 personnes doivent être déclarées en préfecture.
  • Les événements de plus de 5000 personnes sont prohibés au moins jusqu’au 31 août.

5. Les réflexes à adopter

Quelques gestes simples permettent de limiter la propagation du virus. Les voici :

  • Se laver les mains toutes les heures.
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude.
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique.
  • Éviter de se faire la bise ou de se serrer la main.
  • Porter un masque dans les espaces publics.
  • Limiter au maximum ses déplacements.

Le Covid-19 se transmet par la salive, par contact rapproché avec une personne infectée, notamment lorsque celle-ci tousse ou éternue. Le virus reste également viable quelques heures sur différentes surfaces.

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes. Dans 9 cas sur 10, cela se traduit par une fièvre inférieure à 39°C. D’après l’Organisation mondiale de la santé, cette fièvre est le plus souvent accompagnée d’un état de fatigue, de signes d‘essoufflement et d’une toux sèche.

6. Que faire en cas de symptômes ?

Le plus important est dorénavant de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et lister les personnes que vous auriez pu contaminer.

Si le test est positif, la Caisse primaire d’assurance maladie contactera les personnes susceptibles d’être contaminées. Vous devez alors rester isolé au minimum 8 jours en prenant soin de ne pas contaminer vos proches. Surveillez votre santé. En cas de fièvre, prenez du paracétamol. Prévoyez éventuellement une téléconsultation de suivi avec votre médecin.

Si vous sentez poindre une difficulté respiratoire, appelez le 15.

Si le test est négatif, contactez votre médecin et respectez ses consignes.

À demain.

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