Coronavirus. Ce qu’il faut retenir de l’interview du Premier ministre ce jeudi soir sur TF1 – Ouest-France

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Tant le président de la République que le Premier ministre, ils ne quittent désormais plus les caméras et les plateaux de télévision depuis le début de la crise épidémique et le lancement du confinement.

Invité du journal de 20 h de TF1 il y a dix jours, Édouard Philippe a de nouveau été interrogé sur la première chaîne ce jeudi soir.

Cette fois, pendant une heure et demie et par plusieurs Français, notamment des professionnels de santé. Que faut-il retenir de cette émission dix-sept jours après le début du confinement ?

Le confinement est-il respecté ?

Oui, assure Édouard Philippe. La plupart des Français restent chez eux et aident ainsi les personnels soignants. Mais il ne doit pas y avoir de départ en vacances de Pâques, sinon le virus va se propager encore plus. Des mesures strictes seront prises dès ce week-end afin de limiter ces départs. Il va y avoir beaucoup de contrôles. Les sanctions existent et elles sont lourdes. Je fais appel à la responsabilité de nos concitoyens. Cette règle du confinement est là pour nous protéger ».

Plus de 5,8 millions de contrôles ont déjà été effectués à ce jour dans l’Hexagone. 359 000 infractions ont été constatées.

Quelle est la situation des hôpitaux ?

Le Premier ministre salue la mobilisation des soignants et l’organisation des hôpitaux.Nous sommes dans un combat long, dur. La digue tient. Je suis lucide sur la difficulté de la tâche, sur ce que vivent les soignants. Mais j’ai beaucoup d’espoir dans les hospitaliers. La France dispose de 5 000 lits de réanimation. Le plan blanc a permis d’en créer 5 000 de plus. L’objectif, à terme, est d’en avoir 14 000.

Manque-t-il toujours des masques ?

Édouard Philippe rappelle que la France a commencé très tôt à accroître sa production de masques. Il y a quatre producteurs dans l’Hexagone. C’est peu, mais c’est déjà ça. Dès que nous avons constaté que les besoins allaient être importants, en plus des stocks dont nous disposions (117 millions), nous avons accru la capacité de production française (de 8 à 10 millions de masques par semaine) et nous avons commandé d’autres masques en Chine. Le souci, maintenant, est de les acheminer. Voilà pourquoi nous avons mis en place un pont aérien ».

La France a, par ailleurs, lancé la création de masques en tissus, destinés à la population générale et non aux soignants. Ils sont en train d’être produits. Notre ambition est d’en avoir cinq millions par semaine ».

 Interrogé par un médecin généraliste s’inquiétant du souci d’approvisionnement en masques FFP2, le Premier ministre a affirmé que la France continuera, dans la durée, à accroître sa capacité nationale de production de masques. Le problème est d’avoir accès à la matière première ».

Y aura-t-il des pénuries de médicaments dans les hôpitaux ?

C’est une des questions délicates que nous devons affronter »,insiste le chef du gouvernement. Partout dans le monde, le nombre de malades augmente en soins intensifs et réanimation. La consommation de médicaments nécessaire à cette réanimation explose donc dans le même temps. 

Pour un certain nombre des molécules indispensables à la réanimation, les stocks sont suffisants en France. Nous allons pouvoir faire face. Pour d’autres molécules, les tensions sont plus fortes. Ma priorité numéro un est d’être capable de répondre à cette demande ».

Quelle est la situation dans les Ehpad ?

750 000 Français vivent dans ces établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, Ce sont les plus fragiles. Il nous faut donc les protéger, les préserver ». Ce jeudi soir, le directeur général de la santé a annoncé 884 décès dans ces maisons de retraite depuis le début de l’épidémie.

Quel déconfinement demain ?

Selon le Premier ministre, cette question est très difficile. Ce déconfinement n’est, cependant, pas pour demain matin. Le confinement va probablement durer au-delà du 15 avril.

La décision de déconfinement dépendra d’éléments dont nous ne disposons pas entièrement aujourd’hui, comme la découverte de traitements éprouvés, la mise au point de tests sérologiques fiables, le taux d’immunisation de la population… Il est probable que nous ne nous acheminions pas vers un déconfinement général et absolu en une seule fois, partout et pour tout le monde. Il sera progressif. Il pourrait être régionalisé, voire organisé par classes d’âges. Mais rien n’est arrêté pour le moment. C’est un exercice délicat. Il y a beaucoup d’inconnues ». D’autant plus que lors du déconfinement, le virus n’aura pas totalement disparu.

Quel avenir pour l’hôpital demain ?

Nous allons tirer les leçons de cette crise sanitaire, même si aucun système sanitaire n’a été conçu pour faire face à une telle pandémie, annonce Édouard Philippe. Nous donnerons les moyens à l’hôpital pour se reconstruire. Un plan massif d’investissements a été annoncé par le chef de l’État.

Comment va-t-on passer le bac cette année ?

Ce qui est acquis, c’est que l’examen ne se passera pas dans des conditions normales cette année, ni en juin, ni en juillet. Il va donc falloir organiser les épreuves d’une façon originale : soit par le contrôle continu complet, soit en conjuguant une épreuve écrite à ce contrôle continu. C’est, toutefois, sur la piste du contrôle continu le plus complet qu’il va falloir se reposer, indique le Premier ministre.

Nos impôts vont-ils augmenter ?

Face aux milliards dépensés pour soutenir l’économie française dans cette période tourmentée, les Français ne devront pas mettre davantage la main au portefeuille.

La pire des choses serait d’accroître les impôts pour redémarrer le pays. Cet argent, dont nous allons nous servir pour passer la crise, sera emprunté. L’urgence est de passer la crise sanitaire, puis de redémarrer le pays. En ce moment, nous nous battons pour conserver les entreprises en vie, pour que le démarrage soit possible. Nous aurons besoin de tous les talents du peuple français. La bonne santé de l’économie française fait que nous pouvons passer la crise », certifie Édouard Philippe.

La réforme des retraites est-elle reportée ou enterrée ?

Pour le Premier ministre,nous devons suspendre au maximum les désaccords. Le chef de l’État a demandé une union nationale. Il a annoncé la suspension d’un certain nombre de réformes qui n’ont plus lieu d’être dans la situation actuelle ».

Le Premier ministre est-il optimiste ou pessimiste ?

Édouard Philippe essaied’être lucide sur les difficultés auxquelles nous devons faire face. J’essaie d’être concentré et tout entier à ma tâche. Ce n’est pas fini, cela va continuer et c’est encore difficile ».

Partager cet article Le Premier ministre Édouard Philippe était, ce jeudi 2 avril, l’invité de TF1.

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